NOIA Capital mise tout sur la blockchain

Nicolas Vassaux (à gauche) et Jérôme Lhoist (à droite), les deux fondateurs de Noia Capital. ©Antonin Weber / Hans Lucas

Lancé par Jérôme Lhoist et Nicolas Vassaux, NOIA Capital investit massivement dans les cryptomonnaies. En un an, ils ont déjà plus de 70 millions en gestion.

La blockchain est une technologie au potentiel infini, mais généralement incomprise. On peut la résumer à une technologie de stockage et de transmission d’informations avec un niveau de sécurité et de transparence très élevé. L’exemple le plus connu découlant de la blockchain est le bitcoin, mais les champs d’application sont quasi infinis.

Pour mieux appréhender et tenter d’investir judicieusement dans la technologie et les cryptomonnaies qui vont avec, deux entrepreneurs belges, Nicolas Vassaux et Jérôme Lhoist, ont beaucoup voyagé. "On voulait mieux comprendre et rencontrer des entrepreneurs du secteur, des gestionnaires de fonds et nous forger une opinion sur la technologie blockchain et le marché des cryptomonnaies", raconte Jérôme Lhoist. Il faut dire que le marché n’a pas très bonne réputation. Spéculation intense, blanchiment et arnaques y sont légion.

70
millions d'euros
NOIA Capital gère pour le compte de ses investisseurs plus de 70 millions d'euros.

20 millions levés en moins d'un an

Une fois armés et bien renseignés, les deux compères décident de créer un fonds d’investissement avec deux activités bien distinctes, la première dédiée aux investissements de type "Venture Capital" dans des entreprises utilisant la technologie blockchain et la deuxième à des investissements dans les actifs blockchain cotés que sont les cryptomonnaies. Associés à Geoffroy De Chabannes, un trader français basé à Dubaï, ils ont déployé leurs stratégies d’investissement et de trading depuis Luxembourg, où est hébergé le fonds, qui compte aussi une équipe à Bruxelles et à Dubaï.

"En temps de crise les investisseurs veulent se protéger contre le système monétaire traditionnel et l'inflation via des valeurs refuges. Avant ils le faisaient dans l’or, maintenant c'est dans le bitcoin."
Jérôme Lhoist
Cofondateur de NOIA Capital

Restés assez discrets, les deux fondateurs ont pourtant déjà enregistré une belle croissance et ont réussi à convaincre plusieurs investisseurs pour des montants importants. "Depuis un peu moins d’un an, nous avons levé dans un cercle restreint autour de 20 millions d’euros et aujourd’hui nous gérons pour le compte de nos investisseurs environ 70 millions", détaille Nicolas Vassaux. "À l’échelle des fonds dédiés aux cryptomonnaies, on peut dire que nous sommes déjà gros joueurs sur la scène européenne."

Uniquement pour les investisseurs professionnels

C'est une belle performance pour une catégorie d’investissement qui a encore du mal à séduire les investisseurs traditionnels. "Pour pouvoir faire des investissements dans les cryptomonnaies, il faut les comprendre. Or, l’investisseur traditionnel n’aime pas investir dans ce qu’il ne connaît pas", explique Jérôme Lhoist, qui est le troisième fils du baron Léon-Albert Lhoist. Le fonds s’adresse donc seulement à des "family offices" ou des "gros" investisseurs car "au vu des risques et de la volatilité, nous sommes dédiés uniquement à des investisseurs professionnels".

"On pense être bien positionnés pour devenir l’un des acteurs européens influents dans la blockchain."
Nicolas Vassaux
Cofondateur de NOIA Capital

NOIA capital est donc divisé en deux activités complémentaires, mais distinctes. Le cœur de métier est clairement "de déployer des stratégies de trading actif sur les cryptomonnaies cotées". Avec en fonction de leur taille et des liquidités, des niveaux de risques différents. "Nous n’avons pas vocation à être un fonds spéculatif qui va miser sur des petits actifs et spéculer dessus. On va sélectionner les actifs digitaux, on va investir dans les grosses marketcaps qui représentent la majorité du portefeuille et quelques petites marketcaps", expliquent les deux fondateurs sans en dévoiler plus sur leur stratégie.

Le marché des cryptomonnaies est en pleine expansion depuis plusieurs années et encore plus ces derniers mois avec en tête de gondole le bitcoin. "En temps de crise les investisseurs veulent se protéger contre le système monétaire traditionnel et l'inflation via des valeurs refuges. Avant ils le faisaient dans l’or, maintenant, c'est dans le bitcoin", explique Jérôme Lhoist.

Dénicher les pépites blockchain

Le deuxième pilier de NOIA Capital, c’est l’investissement dans des jeunes pousses prometteuses. "On prend des participations au capital de sociétés qui déploient des solutions blockchain pertinentes. Partout dans le monde et de façon opportuniste", détaille Nicolas Vassaux. Noia Capital a déjà réalisé ses trois premiers investissements avec des prises de participations dans les start-ups Ownest, Komainu et Arianee.

Nicolas Vassaux et Jérôme Lhoist sont sûrs de leur coup et voient déjà grand : "On pense être bien positionnés pour devenir l’un des acteurs européens influents dans la blockchain. On a clairement vocation à grandir et on espère assez rapidement avoir sous gestion plusieurs centaines de millions d’euros." Ils sont en tout cas dans le bon timing car il y a encore peu de fonds actifs dans le domaine en Europe. Une opportunité que comptent bien saisir les deux associés qui ont eux-mêmes investi dans le fonds pour rassurer leurs futurs clients.

Le résumé

  • Jérôme Lhoist et Nicolas Vassaux ont fondé NOIA Capital.
  • En moins d'un an, ils ont levé 20 millions d'euros et gèrent pour le compte de leurs investisseurs plus de 70 millions d'euros.
  • NOIA Capital investit dans les cryptomonnaies et les entreprises utilisant la blockchain.
  • Le fonds opère depuis Luxembourg avec une équipe à Bruxelles et Dubaï.

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