"Non, Coronalert n'est pas un danger pour la vie privée"

©BELGA

L’application Coronalert a été lancée ce mercredi. Derrière l'application, il y a la société Devside, mais aussi Axel Legay qui supervise le tout. Il répond aux critiques dont l'application fait l'objet.

Professeur à UCLouvain, Axel Legay est l'une des chevilles ouvrières du projet Coronalert. Avec son homologue de la KUL Bart Preneel, il a supervisé le dossier jusqu'à la mise en ligne de l'application ce mercredi.

Quelque peu agacé des attaques dont l’application et ses concepteurs font l’objet, selon lui, de façon injustifiée, il tient à mettre les points sur les i. Les critiques, notamment émises par l’Autorité de protection des données et la Ligue des droits humains ne ciblent pas le bon problème d’après lui. "Non, Coronalert n'est pas un danger pour la vie privée, c'est une aide à la santé publique. Il y a une grande confusion qui est faite entre l’application elle-même et la fameuse base de données de Sciensano. L’APD et la LDH posent des questions légitimes, mais qui sont liées à la base de données de Sciensano. L’app ne communique pas avec cette base de données." Dans ses avis et récentes interventions, l’APD a régulièrement demandé que le code de l’application soit rendu public pour permettre une analyse de celui-ci. "Le protocole qui régit la façon dont est utilisée l’application est en accès libre depuis des mois et le code source a été publié une semaine avant la sortie de l’app comme demandé."

650.000
euros
Le développement de l'application Coronalert a coûté 650.000 euros.

"Il faut maintenant espérer que le public utilise l’application pour que tout ce travail compte. C’est la seule chose qui importe, pas les querelles de clocher."
Axel Legay
Professeur à l'UCLouvain

Pour garantir une utilisation proportionnée de l’application, un comité a été mis sur pied pour évaluer régulièrement la pertinence de sa mise en service. "Chaque nouvelle fonctionnalité sera évaluée pour être certain qu’elle cadre avec la loi", nous assure Axel Legay. Concernant le rôle de Google et Apple, il est très surpris des critiques. "Pour tout vous dire, Apple a même bloqué la publication de Coronalert pendant 2 jours, car ils estimaient que nous n’avions pas besoin d’accéder à l’appareil photo des utilisateurs, ils avaient raison et nous l’avons supprimé."  L’application belge étant une copie de la version allemande où l’utilisateur a besoin de scanner un QR code, cette fonctionnalité était restée présente dans les premières versions de l’app.

Wallons et Flamands main dans la main?

On a souvent parlé de querelles linguistiques dans le dossier de l’application Coronalert. Régulièrement accusé d’être piloté par la KUL, le dossier a été réparti équitablement entre les communautés selon Axel Legay. "Avec Bart Preneels de la KUL, nous avons été les pilotes de ce projet. Un flamand et un wallon. La société choisie pour développer l’app est bruxelloise avec un wallon à sa tête. La Wallonie numérique, Christie Morreale en tête, a tenu son rang. Que voulez-vous de plus?"

"Je n’ai pas fait une application parce que je voulais me rapprocher d’un ministre ou l’autre. Ça ne m’apporte rien, juste des difficultés."
Axel Legay
Professeur à l'UCLouvain

On sent l’homme agacé. Il a le sentiment qu’on lui a prêté des intentions qui n’étaient pas les siennes et qu’il le paie aujourd’hui dans son quotidien. "Je n’ai pas fait une application parce que je voulais me rapprocher d’un ministre ou l’autre. Ça ne m’apporte rien, juste des difficultés. Je travaille pour protéger les gens, pas dans le but d’une reconnaissance, mais on est parfois étonné de ce que certains s’imaginent." Axel Legay a le cœur gros, mais se refuse à polémiquer davantage pour le moment. Dernier point sensible: le prix de cette application. Le professeur de l’UCLouvain nous révèle que son développement a coûté 650.000 euros et que 400.000 euros sont prévus pour la campagne de communication qui sera lancée ce 1er octobre. "Il faut maintenant espérer que le public utilise l’application pour que tout ce travail compte. C’est la seule chose qui importe, pas les querelles de clocher", conclut notre interlocuteur qui retourne vérifier que tout fonctionne correctement en ce premier jour du lancement de Coronalert.

Comment fonctionne Coronalert, l'app de contact tracing belge?

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