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Odoo, la première licorne wallonne

Le développeur informatique wallon affiche une valorisation de plus de 2 milliards d'euros à la faveur de la montée de Summit Partners dans son capital.

Fabien Pinckaers, le CEO de Odoo n'en revient quasiment pas lui-même, même s'il se refuse à donner un chiffre de valorisation précis. La société de développement informatique qu'il a fondée au début des années 2000 atteint aujourd'hui le statut de "licorne", avec une valorisation qui dépasse les 2 milliards d'euros, dans la foulée d'une montée en puissance du fonds d'investissement américain Summit Partners.

25
millions d'euros
La SRIW et Noshaq engrangent une plus value de 25 millions d'euros en cèdant moins de 1% de leur participation dans Odoo.

Entré au capital d'Odoo il y a un peu plus de 18 mois à hauteur de 90 millions d'euros, Summit accroît aujourd'hui son poids dans l'entreprise brabançonne à la faveur de la sortie de XAnge et de la réduction de la participation de Sofinnova, deux actionnaires historiques du groupe. Montant de l'opération: 180 millions d'euros.

Dans la foulée, le pôle public wallon constitué par la SRIW et Noshaq a cédé une fraction de sa participation pour un montant de 25 millions d'euros. Ensemble, les deux invests wallonnes détiennent encore 10% d'Odoo. Nous avons fait le compte: la valorisation dépasse les 2 milliards d'euros. Une valorisation qui a plus que quintuplé en un an et demi. En décembre 2019, lors de l'entrée de Summit, elle était de 400 millions d'euros.

160
Licornes
Odoo devient la première "licorne" wallonne: ces start-ups technologiques non cotées qui dépassent le milliard de dollars de valorisation. On en recense environ 160 dans le monde.

Licorne wallonne

Odoo devient donc la première "licorne" wallonne. Elle explose même le concept qui qualifie les start-ups technologiques non cotées qui dépassent le milliard de dollars de valorisation. Ce montant astronomique fait entrer Odoo dans la même cour que Collibra et Combell, jusqu'ici les seules deux start-ups belges ayant dépassé le milliard de dollars de valorisation. Et cela place Odoo dans le milieu du classement officieux des quelque 160 licornes recensées dans le monde.

Ni augmentation de capital, ni perspective d'IPO pour l'instant. Simplement parce que nous n'en avons pas besoin.
Fabien Pinckaers
CEO de Odoo

Au terme de l'opération du jour, le management et Fabien Pinckaers gardent une majorité confortable, Summit Partners atteint près de 25% des parts, SRIW (qui avait investi 2 millions d'euros dans Odoo en 2014) et Noshaq détiennent conjointement une dizaine de pour cent. Le solde se répartit entre des actionnaires historiques très minoritaires.

"Pas besoin de cash"

"C'est évidemment un signal très positif envoyé au marché. Et le cas échéant, cela offre une belle porte de sortie aux minoritaires. Mais dans l'absolu, cela ne change pas grand-chose en interne", tempère Fabien Pinckaers. En termes de notoriété, par contre, ce statut de "licorne" devrait avoir un certain impact. "La base de notre clientèle et de nos prospects était jusqu'ici dans le monde des PME, ce qui ne change pas beaucoup. Mais depuis plus d'un an, nous mettons davantage l'accent sur les grandes entreprises internationales. Et là, la taille et le soutien de Summit Partners peuvent avoir un effet positif, un gage de crédibilité pour l'entreprise."

"Notre seul investissement, ce sont les recrutements de talent pour suivre la demande et améliorer encore nos produits."
Fabien Pinckaers
CEO de Odoo

Au-delà de cette opération qui redistribue les cartes du capital, Fabien Pinckaers écarte l'idée de diluer le capital existant. "Ni augmentation de capital, ni perspective d'IPO pour l'instant. Simplement parce que nous n'en avons pas besoin. Nous sommes largement positif en cash flow et nous pouvons assurer notre développement uniquement sur fonds propres", assure-t-il.

L'entreprise n'est, en effet, pas à la recherche d'argent frais. Pinckaers se refuse toujours à procéder à des acquisitions, "qui ne feraient que diluer l'esprit d'entreprise." "Notre seul investissement, ce sont les recrutements de talent pour suivre la demande et améliorer encore nos produits."

Ressources

Odoo poursuit, en effet, une politique d'engagement à marche forcée. "Les salaires sont notre seul investissement. Ils représentent plus de 80% de nos dépenses." Plus de 1.000 personnes ont été engagées en 2020, au rythme de 125 contrats par mois. Mais cela ne suffit pas encore. L'objectif affiché est toujours d'atteindre 10.000 personnes dans le monde dans les 5 ans à venir, pour près de 2.000 actuellement, dont une moitié en Belgique. "L'an prochain, il faudra passer à 190 engagements par mois", constate Pinckaers. Essentiellement des développeurs qui commencent au bas de l'échelle, l'encadrement n'étant recruté qu'en interne.

Reste effectivement à gérer efficacement cet apport constant de sang neuf dans l'entreprise. "Cela signifie que près de la moitié du personnel a moins d'un an d'ancienneté. C'est effectivement complexe à maîtriser. Cela nous oblige à mettre au point des procédures assez précises pour garantir la qualité de nos produits. Mais jusqu'ici, notre croissance très rapide en termes d'emplois n'a jamais eu d'impact négatif sur celle de nos activités et de notre chiffre d'affaires", assure Pinckaers. En 2021, Odoo devrait atteindre un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros pour 100 millions en 2020, impactée par la crise sanitaire évidemment.

Le résumé

  • Summit Partners renforce sa participation dans Odoo en rachetant des minoritaires à hauteur de 180 millions d'euros.
  • L'opération valorise l'entreprise à plus de 2 milliards d'euros.
  • Odoo devient la première "licorne" wallonne et entre dans le club très fermé des trois licornes belges.

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