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"Varian ne va pas avoir un meilleur produit qu'IBA" (Olivier Legrain)

©Photo News

IBA confirme son retour à la profitabilité pour 2018. Pour le CEO, Olivier Legrain, le concurrent américain Varian ne menace pas la position de leader de la société néolouvaniste.

Bien que le marché global ait été plus lent que les années précédentes, IBA a bien progressé au cours des neuf premiers mois de l’année en renforçant son statut de leader mondial du marché de la protonthérapie, a indiqué ce matin la société de Louvain-La-Neuve dans sa déclaration intermédiaire du troisième trimestre 2018.

IBA est actuellement impliqué dans 21 projets, ce qui est considérablement plus que toute autre entreprise du secteur. L'entreprise wallonne réitère ses perspectives pour l'exercice 2018 de générer un REBIT et un résultat net après impôt positifs.

"Cela confirme ce qu’on a dit jusqu'a maintenant: à savoir que l’on est bien sur la trajectoire de notre guidance, qui est un retour à la profitabilité sur l’ensemble de l’année 2018" a indiqué à L'Echo le CEO de l'entreprise, Oliviver Legrain. "Nous avons un plan de réalisation du carnet de commandes qui est en ligne avec nos attentes. Nous avons eu une première moitié de l’année qui a été un peu plus lente, mais c’était prévu car nous devions commencer une série d’installations au deuxième semestre, qui se déroulent en gros comme attendu. On confirme donc une amélioration des réalisations des commandes au deuxième semestre comme nous l’avions annoncé.

Olivier Legrain confirme que l'effort de réductions de coûts entrepris se poursuit pour le second semestre, avec des résultats meilleurs que prévu.  L’entreprise a dû s’ajuster en ayant recours à du chômage économique pour une partie du personnel, notamment pour la production, mesure qui doit s’achever fin 2018.

"Nous avons pu vérifier par ailleurs notre positionnement de produit se renforce. On a fait les bons choix - le compact -, à la fois dans les aspects technologiques que nous avons pu choisir il y a quelques années, mais aussi dans notre capacité de réalisation, où on a plutôt creusé l’écart avec nos compétiteurs, notamment Varian" a poursuivi le CEO.

"Cela prouve que le produit de Varian disponible actuellement est inférieur à celui d’IBA"
Olivier Legrain
CEO d'IBA

A propos du concurrent américain, Olivier Legrain a tenu a souligner qu'il y avait "eu beaucoup d’émotion, suite à une annonce qui à mon avis, a été mal interprétée par un analyste. Ceux qui ont assisté à notre capital market day savent qu’il s’agit d‘une simple annonce d’un nouveau produit par Varian. Cela ne veut pas dire que Varian a un nouveau produit ou qu’ils sont en passe d’avoir un meilleur produit qu’IBA. Que du contraire. Cela prouve que leur produit disponible actuellement est inférieur à celui d’IBA et qu’ils doivent donc rentrer dans une logique de développement de produit qui, on le sait en protonthéraphie, a des cycles de développement très longs. Nous n’avons rien vu dans le concept annoncé par Varian qui puisse mettre à mal notre position de valeur puisque nous resterons de loin les plus compacts. Nous avons aujourd’hui un track record en termes d’exécution qui est largement supérieur à ce qu’ils sont capables de faire aujourd’hui avec leur produit existant. Alors, ne parlons pas d’un produit qui existera demain".

Pas d'inquiétude non plus à propos des modalités de traitements qui sont investiguées par Varian: "ils ont beaucoup parlé de ce qu’on appelle la " flash irradiation ". C’est une chose sur laquelle nous travaillons également. D’ailleurs, les seuls tests d’irradiation au flash qui ont été faits en recherche clinique ont été réalisés avec des appareils IBA. IBA a eu en plus la possibilité de lancer un consortium avec une série d’hôpitaux universitaires dans le monde pour investiguer une autre façon de délivrer les traitements, qui s’appelle la "arch therapy", qui permet là aussi d’optimiser et de maximaliser l’usage de la qualité du faisceau de protons pour améliorer les traitements et réduire d’autant la toxicité" a encore tenu à préciser Olivier Legrain.

Signaux positifs aux USA

Selon lui, le troisième trimestre a aussi été excellent. "Côté marchés, on continue à faire face à un marché qui est très lent à se réaliser, quoique très actif. Mais on commence à voir des signaux positifs, notamment aux États-Unis. Ce qui est dû au fait que l’économie des USA se porte bien. Il y a aussi une série d’actions de certains patients vis-à-vis de leurs compagnies d’assurance qui vont dans le bon sens. Un patient s’est vu récemment refuser un traitement en protonthérapie et est malheureusement décédé. On a vu sa famille attaquer la compagnie d’assurance et avoir gain de cause devant la justice. C’est un cas dramatique, mais qui permet de mettre en lumière des anomalies dans le système de remboursement de la protonthérapie aux USA. Ce qui pourrait améliorer l’environnement de remboursement de cette technologie aux USA. On voit aussi une série de projets se réactiver vu la bonne santé de l’économie US, après un ralentissement en 2017. On n'a encore rien concrétisé cette année, mais c’est certainement de bon augure".

Olivier Legrain se réjouit par ailleurs de la clarification des demandes de permis en Chine. Le gouvernement chinois va autoriser dans les trois ans à venir dix demandes de licences supplémentaires de protonthérapie, qui seront sans doute des multisalles. "Le brouillard se dissipe donc en Chine et c’est une excellente nouvelle. Enfin la situation s’améliore également en Europe, qui reste le premier marché. On a eu une activité très importante en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Hollande. La Norvège veut aussi s’équiper. On est optimistes aussi pour le centre en Wallonie".

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