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Pour Garmin, l'arrivée de Samsung sur le marché des montres connectées est un atout

Avec sa nouvelle Smartwatch Active, Samsung lorgne le marché des montres connectées pour sportifs. Véritable référence pour ces derniers, Garmin, le spécialiste américain de navigation par GPS, ne craint pas vraiment le géant coréen. Si les montres sont désormais la priorité, le GPS auto n’est pas encore mort pour Garmin.

Depuis un mois, Samsung propose sa Smartwatch Active, une nouvelle montre connectée destinée aux sportifs branchés. Une nouveauté pour le géant coréen qui lui permet de s’attaquer à un marché en expansion. Actuellement, ce dernier est dominé en bonne partie par Garmin. Lancé il y a tout juste 30 ans, l’entreprise américaine plutôt discrète a construit toute son activité autour de la technologie GPS, devenue indispensable pour ses montres 2.0. "On a été actif dès le tout début, à l’époque où la technologie avait une précision d’une centaine de mètres", sourit Nicolas Coppens, le country manager belge de Garmin.

Avec aujourd’hui une précision se mesurant plutôt en centimètre, Garmin a revu ses priorités. Plutôt que le GPS automobile classique à l’avenir peu encourageant, l’entreprise se focalise désormais sur l’utilisation de la navigation dans le monde sportif, permettant de traquer l’activité physique mais aussi servir de guide pour la randonnée ou le vélo, par exemple.

Si ce marché des sportifs connectés semble désormais intéresser Samsung, chez Garmin, on n’est visiblement pas très inquiet pas l’arrivée de ce nouveau concurrent. "Au contraire, avec notre force de communication bien moins importante, leur visibilité peut être un atout", va jusqu’à expliquer Nicolas Coppens.

Le salon du Triathlon comme vitrine

S’il n’a pas peur de se faire manger par le géant, c’est aussi car il estime que son produit est largement différent. "Les montres connectées, c’est vraiment notre focus. Quand Samsung en sort une, on en a déjà cinquante différentes. Ils mettent également en avant le Slimtrack et la gestion de la respiration. Ce sont des ‘innovations’ que nous avons déjà sorties sur nos montres en septembre 2016", sourit le responsable. Point de vue technologie, l’entreprise est donc visiblement au point, quitte à moins miser sur le commercial. "Plutôt que marketing, notre focus est avant tout technique. Nous sommes une entreprise d’ingénieurs avant tout. Effectivement, notre design n’est pas aussi fini que celui d’une Apple Watch ou d’une Samsung. Mais lorsqu’on entend que l’Apple Watch a 18 heures d’autonomie, ça nous fait sourire. Nous ne sortons pas une montre si elle n’a pas au moins cinq jours de batteries. Certains de nos modèles les plus perfectionnés vont jusque 15 jours d’autonomie." Avec de telles caractéristiques, les montres de Garmin visent surtout un public de spécialistes et de sportifs très réguliers. "Ce qui explique aussi pourquoi nous sommes moins visibles. Lorsque l’on va présenter une nouvelle montre, on va plutôt favoriser le salon du triathlon que le CES de Las Vegas où on sera de toute façon noyé dans la masse", explique le responsable belge.

Une préférence pour la technique plutôt que l’esthétique qui a un coût important. Garmin annonce investir 17% de ses revenus dans la recherche. La R&D ne se limite toutefois pas qu’à l’aspect sportif. L’entreprise développe également de nouvelles fonctionnalités comme son Garmin Pay mis en place il y a deux ans et récemment adopté par KBC en Belgique. Depuis quelques mois, l’Américain a également développé une collaboration avec Spotify, comme l’avait déjà fait pour ses autres montres un certain Samsung.

En quelques années, l’entreprise est devenue une référence pour les sportifs. "À l’un des triathlons les plus célèbres du monde, où une autre marque de montre est sponsor, plus de 90% des athlètes utilisent une Garmin", lance fièrement le country manager.

Le GPS auto n’est plus la priorité

Le virage vers les montres connectées est toutefois forcément plutôt récent. Il était indispensable, vu le déclin du GPS voiture. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette activité n’est pas encore tout à fait morte. Aujourd’hui, elle constitue même encore un cinquième du chiffre de l’entreprise. "Mais ce n’est évidemment plus la priorité. Le sommet de la technologie était en 2008. Depuis quelques années, cela diminue de 25% chaque année. En Belgique, la chute s’est encore plus marquée avec la fin du roaming. On a cependant su rapidement l’anticiper, ce n’est donc pas vraiment un problème. En parallèle, nos autres activités sont en hausse, ce qui fait plus que compenser les pertes du GPS de navigation", assure le responsable.

L’entreprise se porte d’ailleurs plutôt bien. En 2018, elle a connu une hausse de ses ventes de 7% pour les porter à 3,347 milliards de dollars. Le tout pour une capitalisation boursière de 16 milliards de dollars.

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