Pour WSL, l'important, c'est de vendre

Agnès Flémal, directrice générale de WSL, indique "l'une des caractéristiques qui font la réputation de WSL à l'international: ses chiffres se basent sur du chiffre d'affaires réel". ©Michel Houet

L'incubateur technologique wallon affiche une progression de 25% du chiffre d'affaires des sociétés suivies. Et veut 30% de croissance pour 2021.

Pour la fête légitime des 20 ans, il faudra attendre encore un peu, au moins jusqu'à la fin des mesures de confinement. Mais Agnès Flémal, la directrice générale, le promet, l'incubateur wallon WSL aura bien droit à son anniversaire en grande pompe. "20 ans, c'est un âge où l'on a plus de projets que de souvenirs", déclare Willy Borsus (MR), ministre wallon de l'Économie. Créé au tournant du siècle avec l'objectif de contribuer au développement d'un nouveau tissu industriel en Wallonie, l'incubateur établi sur le parc scientifique qui borde le campus de l'ULiège au Sart-Tilman a plutôt réussi sa mission. Ses résultats pour 2019 en témoignent. 

"Le medtech a pris une importance grandissante dans notre portefeuille. C'est un nouvel écosystème qui se forme."
Agnès Flémal
Directrice générale de WSL

Durant l'année écoulée ("c'était il y a un siècle", s'étonne Agnès Flémal), WSL comptait 82 partenariats à long terme et 39 accompagnements à court terme. Avec cinq pôles d'activités essentiellement technologiques, l'ADN que s'est choisi l'incubateur: les med- et biotechs, le greentech, l'intelligence artificielle et l'informatique, l'industrie 4.0, de même que l'électronique et la mécatronique. "Progressivement, le medtech a pris une importance grandissante", constate Agnès Flémal. Deux raisons à cela, la miniaturisation des technologies fait que la santé devient de plus en plus une affaire d'ingénieurs et par ailleurs, la Wallonie dispose de compétences historiquement fortes dans le secteur pharma. "C'est donc un nouvel écosystème qui se crée à la croisée des deux disciplines."

D'abord vendre

Sur le dernier exercice, WSL avance une progression de 25% du chiffre d'affaires cumulé des sociétés suivies, soit un montant global de 134 millions d'euros pour plus de 1.000 emplois (un chiffre en progression de 20%). "Et ce chiffre d'affaires correspond à des ventes réelles. Il ne s'agit pas de subsides ou d'avances", martèle Agnès Flémal. C'est d'ailleurs l'une des caractéristiques qui font la réputation de WSL à l'international: ses chiffres se basent sur du chiffre d'affaires réel. Depuis 2012, date du déploiement effectif de WSL sur l'ensemble de la Wallonie, le chiffre d'affaires cumulé a été multiplié par quatre et l'emploi par 3,75. Après un an, WSL annonce 90% de réussite parmi les sociétés accompagnées, et 85% après cinq ans. 

134
millions d'euros
Le chiffre d'affaires cumulé des sociétés hébergées par WSL atteint 134 millions d'euros en 2019. En progression de 25%.

 "L'important, c'est ce que l'on vend", affirme une nouvelle fois Agnès Flémal. Dans cette optique, WSL lancera d'ailleurs cette année un nouveau programme pour booster les ventes des start-ups accompagnées. "Notre objectif 2021 est d'atteindre une progression de 30% du chiffre d'affaires cumulé. Pour y arriver, il faut en donner les moyens à nos partenaires."

Pour le ministre wallon de l'Économie Willy Borsus, les résultats de WSL pour 2019 sont à l'image de ceux de la Wallonie sur le plan économique, émaillés de nombreux records en matière d'exportation notamment ou d'investissements étrangers sur le territoire de la Région. "Il faudra confirmer en 2020, malgré tout..."

Ce "malgré tout" vise évidemment la crise sanitaire dont on sort à peine et qui a obéré les performances des entreprises durant un trimestre. "Mais sur les 62 projets actuellement en cours dans le giron de WSL, aucun n'a fait la culbute", se réjouit Agnès Flémal. Seuls 10 projets ont été négativement impactés, dans des secteurs particulièrement touchés comme l'aéronautique, l'automobile ou l'horeca. Les autres n’ont pas souffert de ce ralentissement général. L'essentiel a pu passer à travers les gouttes, parce que toujours en phase de développement notamment. "Ces projets ont du coup gagné du temps durant ces trois mois", estime Agnès Flémal. Sept entreprises y ont même trouvé des opportunités, dans la gestion de données ou dans le télémonitoring. "Et ce sont des effets durables", ose Agnès Flémal. 

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