Pourquoi Proximus, Mobistar et Telenet visent B-Télécom

L'activité de gestion des fibres optiques d'Infrabel occupe 40 personnes. ©Photo News

L’activité de gestion des fibres optiques de Syntigo, filiale d’Infrabel, est à vendre. Telenet, Mobistar et Proximus seraient candidats au rachat de B-Telecom.

Cinq candidats au total ont introduit une offre pour racheter l’activité de gestion des fibres optiques de Syntigo, filiale d’Infrabel. Parmi eux figurent Proximus, Telenet et Eurofiber. La short list sortira bientôt.

Les grandes manœuvres ont commencé autour de Syntigo, la filiale IT du gestionnaire d’infrastructure ferroviaire Infrabel. Selon nos informations, la société, qui est en procédure Renault depuis la mi-décembre, suscite l’intérêt des principaux opérateurs télécoms du pays. Au total, à la clôture des offres, cinq candidats ont manifesté leur intérêt pour racheter une partie des activités de Syntigo, à savoir B-Télécom, la branche qui commercialise les fibres optiques d’Infrabel.

C’est le black-out total autour de l’opération de rachat, mais selon des sources proches du dossier, Telenet et Mobistar ont fait part de leur souhait d’acquérir B-Télécom. Il nous est également revenu que Proximus (ex-Belgacom) s’est également mis sur la liste des candidats au rachat. Mais les offres les plus sérieuses émanent d’un fonds d’investissement belge (E-Capital), associé à l’ex-CEO de Syntigo, et d’une société hollandaise, Eurofiber (détenue notamment par un fonds anglais).

De la transparence

Une short-list est en cours d’élaboration et, selon des observateurs, les dirigeants de Syntigo n’envisagent de ne retenir que Telenet et Eurofiber. Exit donc les grands opérateurs (Proximus, Mobistar) et E-Capital. Sur base de quels critères? Difficile de le savoir vu la grande confidentialité qui entoure le dossier, faisant craindre à certains observateurs une absence de transparence.

• Pourquoi? On soupçonne Telenet, dont le principal actionnaire est l’Américain Liberty Global, de vouloir acheter B-Télécom pour ses fibres optiques à Anvers et Scarlet (propriété de Syntigo). Mobistar s’intéresse au dossier arguant du fait qu’il est le principal client de B-Télécom. La filiale d’Orange veut éviter qu’un de ses concurrents ne s’empare d’une infrastructure de qualité, ce qui pourrait lui conférer un avantage compétitif à ses dépens. Même analyse vis-à-vis de la démarche de Proximus.

Il reste donc les deux derniers candidats, Eurofiber et E-Capital. L’avantage de ce dernier est qu’il s’est associé à l’ancien dirigeant de Syntigo, qui a une meilleure connaissance de la société et devrait lui permettre de relancer rapidement ses activités. Par ailleurs, son arrivée devrait également rassurer les clients partenaires de B-Télécom. Le régulateur télécom (IBPT) pourrait intervenir dans le dossier si d’aventure le choix se porte sur Mobistar, Telenet ou Proximus, pour des questions de limitation de la concurrence. Un autre élément devant également être pris en compte par les dirigeants de Syntigo/Infrabel est le partenariat signé avec le groupe chinois Datang.

Reprendre tout à zéro

Datang a acheté une licence 4G auprès du Fédéral (pour environ 23 millions d’euros) via sa filiale BUCD basée à Mons. L’objectif des Chinois est de s’associer à un partenaire belge pour réaliser des investissements importants pour déployer le réseau 4G dans notre pays (on parle d’une enveloppe totale de 500 millions). La lettre d’intention entre Datang et Infrabel a été signée début avril 2014 lors de la visite du président chinois Xi Jinping en Belgique. Il est question d’examiner l’éventualité de lancer un réseau 4G professionnel sous la norme TD-LTE. Selon nos informations, depuis la signature du partenariat, rien n’a bougé, ce qui aurait refroidi les ambitions de Datang. Les engagements de la lettre d’intention arrivent à échéance fin mars. "Les ponts ne sont pas coupés, mais il faudra tout reprendre à zéro", nous a confié un observateur wallon.

S’il rachète B-Télécom, le candidat retenu devrait poursuivre la collaboration avec Datang. Elle serait difficile si c’est Mobistar, Proximus ou Telenet. Les dirigeants de Syntigo sont donc devant un choix difficile, d’autant plus qu’il y a des emplois en jeu. B-Télécom occupe environ 40 travailleurs et réalise un chiffre d’affaires de 26 millions. L’autre activité de Syntigo est la consultance (B-Excellence, 200 collaborateurs, 49 millions de chiffre d’affaires).

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