Quand Zuckerberg se lance dans l'intelligence artificielle

©EPA

S’il est bien un sujet sur lequel toute icône de la Silicon Valley doit un jour se prononcer, c’est celui de l’intelligence artificielle.

Et là où Elon Musk, multi-entrepreneur notamment fondateur de Tesla et SpaceX, appelle à la prudence, Mark Zuckerberg, le CEO de Facebook , annonce qu’il a décidé de se lancer dans la construction d’un robot, véritable assistant/majordome virtuel pour gérer sa maison et l’aider dans son travail. À noter qu’il ne s’agit pas d’un projet industriel de grande ampleur, plutôt de l’équivalent "Zuckerbergien" des bonnes résolutions de début d’année. D’autant que le jeune patron décrit le concept de façon limpide (voire légère): il veut créer l’équivalent de Jarvis dans Iron Man. Soit l’assistant robotisé de Tony Stark, héros de comics.

1 milliard $
Plusieurs pontes de l’industrie et du monde scientifique ont créé un centre de recherche sur l’intelligence artificielle, doté d’un milliard de dollars.

Un projet loufoque, une guerre industrielle

Objectif pour le jeune CEO: apprendre à son intelligence artificielle à comprendre sa voix pour qu’elle puisse apprendre à tout contrôler dans la maison: musique, lumière, température, mais aussi reconnaître les visages des amis autorisés à entrer chez lui. Reste que si le projet semble presque loufoque, il est symptomatique d’un engouement général pour l’intelligence artificielle, et de la facilité relative avec laquelle il est désormais possible de développer des outils performants.

 

Le fondateur de Facebook entend créer son assistant virtuel en s’appuyant sur ce qui se fait déjà en matière d’intelligence artificielle.

L’intelligence artificielle est devenue un champ de recherche et d’investissement majeur pour les titans de la Silicon Valley.

Google, Facebook, Apple et Microsoft se focalisent sur les assistants virtuels pour le grand public, tandis qu’IBM mise sur les services aux entreprises.

Plusieurs pontes de l’industrie et du monde scientifique multiplient les appels à la vigilance face aux risques que présente la technologie.

Et le volet industriel des recherches sur l’intelligence artificielle existe bien chez Facebook, qui a développé trois importants centres de recherche sur le sujet et s’est notamment offert la start-up spécialisée en la matière Wit.ai. Des ambitions déjà traduites dans la création d’un assistant virtuel, M, lié au service de messagerie Facebook Messenger.

Concrètement, tous les géants de l’électronique grand public investissent lourdement en la matière et tentent progressivement de séduire leurs clients habituels avec différents systèmes d’assistant virtuels, humanisés comme Cortana chez Microsoft ou Siri chez Apple , ou centrés sur la délivrance d’informations avant toute requête comme M de Facebook et Now chez Google.

Dans d’autres secteurs économiques comme l’automobile ou la finance, les développements de l’intelligence artificielle sont également suivis de près et fournissent d’importants contrats à des entreprises comme IBM , qui commercialise la puissance de calcul de son super ordinateur Watson.

Eviter un scénario "à la Terminator"

Autre secteur particulièrement intéressé par ces compétences nouvelles des machines, la défense, notamment américaine, qui évalue l’intérêt d’armes autonomes. De quoi inquiéter plusieurs pontes de l’industrie, dont Elon Musk, et des scientifiques de renom comme Stephen Hawking, qui multiplient les appels à la vigilance face aux risques "pour le genre humain" d’une intelligence artificielle qui échapperait à tout contrôle. Des critiques que Zuckerberg balaye d’un revers de la main, le CEO de Facebook affirmant que la possibilité d’une telle dérive lui semblait "tirée par les cheveux". À la fin de l’année dernière, ils ont créé une organisation à but non lucratif, baptisée OpenAI dont l’objectif est "de faire avancer l’intelligence numérique de la manière dont elle est le plus susceptible de bénéficier à l’humanité dans son ensemble, sans être contraint par le besoin de générer des retours financiers" et qui sera dotée à hauteur d’un milliard de dollars. Outre Elon Musk, on retrouve parmi les fondateurs Reid Hoffman, cofondateur du réseau social LinkedIn, Peter Thiel, investisseur mythique de la Silicon Valley, plusieurs dirigeants d’Y Combinator, un accélérateur de start-ups, ou encore la filiale de services aux entreprises d’Amazon (AWS).

Problème majeur, nettement plus concret que le spectre de Terminator: l’essentiel du développement de l’intelligence artificielle est aujourd’hui le fait de ces géants américains, seuls à pouvoir accéder aux immenses bases de données nécessaires.

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