Siemens se prépare à vivre sans son département énergie

Nicolas Petrovic, le CEO de Siemens Belgique est à la tête de la division belge depuis une année.

La semaine prochaine, la scission de l’activité sera actée avec le lancement de la spin-off Siemens Energy. L’évolution permet au groupe allemand de se focaliser sur son offre digitale.

Lundi prochain sera une date importante dans l’histoire de Siemens. L’entreprise fondée en 1847 poursuit sa reconversion stratégique. Dès le 28 septembre, ses activités liées à l’énergie sortiront du groupe. Spécialisée notamment dans la production et la transmission d’énergie, l’entreprise a décidé d'externaliser ce segment. La séparation se fera toutefois en douceur. Siemens Energy (le nom de la nouvelle entité) sera désormais une spin-off de la société allemande. La maison-mère restera toutefois l’actionnaire majoritaire avant de se dégager petit à petit. Cela débutera dès lundi prochain avec une entrée à la bourse de Francfort.

"Il ne s’agit pas de délaisser un département moins intéressant. Mais la direction du groupe a constaté que nos différentes activités ne vivaient plus sur le même cycle."
Nicolas Petrovic
CEO de Siemens Belgique

C'est donc la fin d’une ère importante, l’énergie étant rapidement devenue l’une des spécialités de l’entreprise.  La décision n’a toutefois rien de négatif, rassure-t-on en interne. "Dans l’organisation, cela ne change pas grand-chose", explique Nicolas Petrovic, le CEO de la division belge de Siemens. "En Belgique, les équipes resteront au sein de nos bureaux". Sur le millier de travailleurs belges que compte Siemens, une centaine est active dans ce département. "L’activité dans ce secteur est de plus en plus porteuse. Il ne s’agit donc pas de délaisser un département moins intéressant. Mais la direction du groupe a constaté que nos différentes activités ne vivaient plus sur le même cycle", détaille le patron.

À la pointe avec la pharma belge

La société allemande va donc désormais se focaliser sur la digitalisation et l’automatisation au sein de ses entreprises clientes. Active notamment auprès de nombreuses PME, industries et hôpitaux, Siemens se déploie notamment dans la gestion et le suivi des systèmes. "Nous sommes les travailleurs de l’ombre du bâtiment", explique le responsable. L’année dernière, la division belge du groupe enregistrait un chiffre d’affaires de presque 525 millions d’euros. "Le marché belge est important pour le groupe", assure le patron. "Nous avons plusieurs centres de compétences installés ici, dont un spécialisé dans le pharma. Nous travaillons pour le moment sur la mise en place d’un "jumeau numérique" avec GSK et avons déjà accompli plusieurs premières mondiales", assure le patron.

Le télétravail devient la norme

Comme l’ensemble du monde du travail, le groupe a été largement touché dans son fonctionnement par la pandémie. "Nous nous sommes parfaitement adaptés. Notre réseau digital était déjà bien installé et le basculement vers le télétravail n’a pas posé trop de problèmes", assure Nicolas Petrovic. "À long terme, je considère même que le coronavirus nous fera gagner du temps. Il a montré l’importance de la digitalisation à nos clients. Ceux qui investiront le plus dedans seront les mieux armés pour le retour de la croissance". L’adaptation fut tellement réussie que l’entreprise s’apprête à installer durablement le télétravail. "La direction mondiale a décidé d’acter le télétravail à long terme pour tout le monde. En moyenne, tous les travailleurs travailleront à domicile deux à trois jours par semaine".

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