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Sortlist s'offre son concurrent allemand et le leadership européen

Les quatre fondateurs de Sortlist (de gauche à droite): Thibaut Vanderhofstadt, Michael Valette, Nicolas Finet et Charles De Groote.

Sortlist, la plateforme belge de mise en relation entre les entreprises et les agences de communication vient d’acquérir son concurrent allemand Agenturmatching. La scale-up wallonne devient le leader européen de son secteur.

"On a encore très faim", nous confiaient sourire en coin à la fin de l'année dernière les quatre fondateurs de Sortlist, le "Tinder du marketing", après une année 2019 record. Quelques mois plus tard, nous les retrouvons avec sous le bras la plus grosse acquisition de leur histoire et un leadership européen.

Après avoir investi très tôt le marché français assez naturellement, plus agressivement le marché espagnol en rachetant une structure locale en 2017, Sortlist avait depuis longtemps dans le viseur l’Allemagne et son titre de premier marché européen. Après avoir tenté l’aventure avec sa propre équipe depuis janvier, l’entreprise technologique basée à Wavre a décidé de marquer un gros coup dans son expansion européenne avec le rachat de son plus gros concurrent local: Agenturmatching.

2 rachats en 3 ans

C’est donc la deuxième acquisition de la jeune histoire de Sortlist et de ses 4 dirigeants. Agenturmatching est un nom qui ne dit pas grand-chose de ce côté-ci de la frontière, mais en Allemagne ce sont les champions de la mise en relation entre les entreprises et les agences de communication. L’entreprise munichoise, qui a vu le jour en 2015, est déjà rentable et apporte plus de 300 clients – dans ce qu’on pourra bientôt appeler le 'Groupe Sortlist' – dont des poids lourds de la pub comme Serviceplan Group, FischerAppelt AG ou encore Think AG.

"C’est une grosse étape pour nous, car nous aurions mis deux ans à atteindre leur niveau sur le marché allemand."
Nicolas Finet
Cofondateur de Sortlist

La base de données commune des deux entités compte désormais plus de 1.000 agences membres au total, et plus de 80.000 prestataires référencés à travers le monde. On estime le chiffre d’affaires de la société allemande à 500.000 euros par an avec une équipe de 8 personnes. De son côté, Sortlist affiche une marge brute d'exploitation de 1,3 million d'euros par an et 72 employés avant le rachat. Le montant total de la transaction n’a, lui, pas été divulgué.

Une étape avant l'international

"C’est une grosse étape pour nous, car nous aurions mis deux ans à atteindre leur niveau sur le marché allemand", explique Nicolas Finet, cofondateur de Sortlist. Les Wavriens se sont donc acheté du temps pour grandir le plus vite possible et verrouiller leur leadership européen. 

Le modèle économique des deux plateformes, en grande partie similaire, est basé sur un algorithme de "matching" qui présente gratuitement différentes agences aux entreprises demandeuses et leur offre la possibilité de se contacter immédiatement. De grands noms ont fait appel à ces services comme H&M, Unilever, BBC et Walt Disney. Les équipes combinées compteront près de 80 collaborateurs à travers l’Europe.

Les dirigeants de Sortlist et d'Agenturmatching réunis à distance pour finaliser l'opération de rachat.

Du côté des dirigeants de Sortlist, on pense déjà à la suite. "Après l’Allemagne, il ne reste plus grand-chose en Europe", nous confie Nicolas Finet. "Le fait d’avoir uni nos forces est une étape importante pour nous vers une internationalisation et une intensification de nos services. Nous gardons les yeux grand ouverts vers différents nouveaux pays. En plus de notre ambition pour l’Allemagne de devenir notre plus grand marché et y quintupler notre revenu au cours des 18 mois à venir, nous cherchons à devenir numéro 1 absolu en Europe."

"Malgré la crise que nous traversons actuellement, il s’agissait du bon moment pour nous."
Axel Roitzsch
CEO d'Agenturmatching

La prochaine étape se fera en fonction des opportunités et de la demande. La scale-up wallonne a par exemple un nombre croissant de demandes provenant de Dubai et du Vietnam.

Acheter une entreprise en pleine pandémie

Réaliser un rachat de cette ampleur en pleine crise du coronavirus, ce n’est pas banal. "On a hésité au début de la crise, car nous avons eu un gros coup d’arrêt dans les premiers jours. Ensuite, ça c’est envolé, on est à +25% de demandes sur les trois dernières semaines", confirme Nicolas Finet. Idem du côté germanique: "Malgré la crise que nous traversons actuellement, il s’agissait du bon moment pour nous", affirme Axel Roitzsch, qui, avec Sophie Schade, a fondé l’entreprise et continuera à la diriger. "Pour nos agences, il n’y a que des avantages: elles seront dorénavant présentes sur les deux plateformes, auront immédiatement accès à des clients situés partout en Europe et verront leur visibilité doublée."

Rien ne pouvait donc arrêter l’opération en cours qui aura pris une année pour être finalisée. Ce deal fait aujourd’hui de Sortlist, lancée à l’époque via le premier programme d’accompagnement pour start-ups en Belgique (Nest Up), le leader européen de son marché.

 

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