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TomTom bondit après avoir évoqué la vente de sa division télématique

©REUTERS

Le spécialiste néerlandais de la cartographie étudie la possibilité de revendre sa division télématique. L'annonce a fait bondir le titre de TomTom en Bourse deux semaines après avoir essuyé un cinglant revers sur les marchés à la suite de l'arrivée de Google dans les systèmes de navigation GPS de Renault, Nissan et Mitsubishi.

A la mi-septembre, le consortium Renault-Nissan-Mitsubishi a choisi Google et son service de cartographie pour équiper leurs véhicules. Une tuile pour TomTom, société néerlandaise pionnière dans les systèmes de navigation GPS. L'arrivée du géant technologique américain sur ses plates-bandes avait alors fait perdre plus de 26% en une séance à l'action TomTom . Une réplique de la chute a encore eu lieu il y a 3 jours quand Toyota, à son tour, a opté pour Android.

Il faut dire que TomTom reste très dépendant du secteur auto: les commandes entrantes pour le seul secteur de l'automobile s'élevaient à environ 400 millions d'euros l'an dernier, soit un peu moins que la moitié du chiffre d'affaires de la société cotée à Amsterdam.

Ce n'est pas le seul souci du spécialiste néerlandais de la cartographie. TomTom souffre aussi depuis plusieurs trimestres de la désaffection pour les appareils personnels de navigation, désormais intégrés dans les smartphones ou les tableaux de bord des voitures.

Mais, le groupe valorisé à environ 1,7 milliard d'euros veut aller de l'avant. Ce jeudi, TomTom a donné un signal fort en indiquant qu'il voulait se défaire de sa division télématique, segment dédié aux entreprises, notamment pour la gestion des flottes à distance et plus largement pour le développement d'applications en direction des voitures connectées. L'annonce a donné un coup de fouet au cours de Bourse de la société. L'action TomTom a grimpé de plus de 20% dans les premiers échanges, avant de clôturer sur un gain de 18,74% à 7,34 euros . C'est la plus forte progression sur un jour pour le titre depuis avril 2012.

Un pari risqué

La division télématique représente à peu près 18% des 903 millions d'euros de ventes réalisées par TomTom et 42% de l'Ebitda du groupe. Preuve encore de la rentabilité de cette activité jugée secondaire par TomTom, au 2e trimestre 2018, elle a généré 43,9 millions d'euros de chiffre d'affaires.

©ANP

Le patron de TomTom, Harold Goddijn refuse de voir un quelconque lien entre l'arrivée de Google sur les tableaux de bord des voitures et la décision de se séparer de sa branche télématique.

Une décote pour TomTom

Chez ING, on insiste sur le fait que la mise en vente des activités télématiques était attendue depuis longtemps par le marché. La cession pourrait alors être l'élément déclencheur du recentrage stratégique de la marque.

Les analystes de la banque néerlandaise précisent aussi que le prix de vente "pourrait être intéressant" pour les finances de TomTom alors que les premières estimations sur la valeur de la division tournent autour des 700 millions d'euros, soit une décote de 40% par rapport au prix payé par Verizon pour le rachat de Fleematics, une société soeur à la division de TomTom.

Le fabricant de système de navigation GPS a indiqué vouloir continuer à se focaliser sur son activité de cartographie. Marc Zwartsenburg estime que le processus de vente de la division télématique pourrait prendre 6 mois. L’analyste a maintenu sa recommandation à "acheter" sur le titre, avec un objectif de cours de 14,50 euros à douze mois, soit une progression potentielle de 98%.

Une fois délestée de sa division télématique, la société TomTom sera plus agile pour mener le combat contre Google et pourquoi pas nouer des liens solides avec l'un ou l'autre constructeur auto. Mais elle sera aussi plus vulnérable si les Américains parviennent à avaler encore plus de parts dans le marché de l'automobile. Le pari est risqué.

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