Treedy's, la start-up belge qui veut mettre fin aux retours chez Zalando et Amazon

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La start-up bruxelloise Treedy’s développe un scanner pour évaluer les mensurations en une seconde. La technologie a déjà convaincu Nike, Zalando et Amazon. L’entreprise termine une levée de fonds de 1,5 million d’euros.

"Livraison et retour gratuits." Ce genre de service est presque devenu une règle de base chez les magasins de vêtements en ligne. Si l’opération convainc sûrement les hésitants, elle coûte également très cher. "Dans certains cas, on parle de 50% de retours, ce qui peut parfois mettre en péril la santé économique d’un acteur", explique David Francotte, qui n’est pas un accro de l’achat en ligne mais le fondateur de Treedy’s.

Lancée en 2015, cette start-up bruxelloise cherche le meilleur moyen pour diminuer les fameux retours. Comment? En s’assurant que le vêtement acheté soit parfaitement à la taille. Un aspect à l’importance capitale et très souvent la cause de retour et de frustration des acheteurs en ligne. "Des études montrent qu’un vêtement mieux adapté à la morphologie est porté plus souvent, ce qui renforce aussi l’engagement du client. Et en évitant les retours, les avantages sont évidemment économiques mais aussi écologiques pour le vendeur", explique David Francotte.

Et en évitant les retours, les avantages sont évidemment économiques mais aussi écologiques pour le vendeur.
David Francotte
fondateur de Treedy’s

Afin d’éviter les erreurs, le jeune patron a développé une cabine d’essayage révolutionnaire. Munie de senseurs, elle évalue en une seconde les mensurations exactes de n’importe qui. Plutôt que des caméras, le système utilise des techniques de lumière structurée et de photogrammétrie. "Aujourd’hui, le taux d’erreur de notre système est de 1 mm. Ça ne sert à rien d’être aussi précis. Pour la fast fashion, on estime que la limite est d’environ 1 cm. Pour le sur-mesure, c’est de l’ordre de 5mm. Mais il vaut mieux être trop précis que pas assez", sourit le fondateur.

La technologie n’a pas tardé à convaincre. Les premiers clients de la marque se nomment Zalando, Amazon et Nike. "Nous leur avons déjà vendu une douzaine de cabines. Nike les utilise pour réaliser les équipements de sportifs évoluant en division 1 dans plusieurs sports aux Etats-Unis", explique fièrement le responsable.

Aujourd’hui, le taux d’erreur de notre système est de 1 mm.
David francotte
fondateur de Treedy’s

Version habillée

La technologie séduit donc mais il est visiblement possible de faire encore mieux. Car la fameuse cabine a un inconvénient de taille. L’utilisateur est dans l’obligation de se dénuder pour permettre au système de prendre les mesures. "Pour les magasins qui proposent du sur-mesure, ce n’est pas un souci. Mais nous avons compris que cela pourrait être un problème pour l’adoption des magasins de fast fashion", explique le responsable.

Avec son équipe, il développe donc actuellement une nouvelle version, permettant cette fois de garder ses habits. "Il suffit de passer au travers de quatre capteurs. Là aussi, cela prend moins d’une seconde. La précision est un peu moindre mais reste très importante. Nous sommes aujourd’hui à des taux d’erreur d’environ 6 mm. Évidemment, cela varie si la personne est en t-shirt ou porte une grosse veste. Mais la technologie évolue assez rapidement, ce qui devrait encore améliorer le degré de précision", explique le responsable.

Pour développer ce nouveau produit, Treedy’s peut compter sur un sérieux coup de pouce de la Région bruxelloise et du fonds Innoviris. "Nous avons reçu un subside de 1,1 million d’euros en 2018, ce qui nous a permis de financier de la recherche en collaboration avec le VUB. Quatre chercheurs travaillent à temps plein pour nous durant trois ans", ajoute encore David Francotte.

Nike utilise les cabines pour réaliser les équipements de sportifs évoluant en division 1 dans plusieurs sports aux Etats-Unis.
David Francotte
fondateur de Treedy's

En parallèle de la technologie de mesure, Treedy’s développe également l’environnement autour de son système. "Nous allons mettre en place une app sur laquelle le profil de chacun pourra être enregistré. Il y aura ensuite des fonctions comme la possibilité de scanner l’étiquette d’un vêtement pour être dirigé vers la taille idéale", détaille encore le responsable. Le développement de cette plateforme est un investissement à long terme. "Nous nous attendons à ce que la technologie de mesure des mensurations soit un jour directement intégrée dans les capteurs des smartphones", annonce le fondateur de Treedy’s.

En attendant, le développement du scanner de l’entreprise continue. Treedy’s espère pouvoir en placer une vingtaine rapidement dans plusieurs magasins. "Nous sommes en discussion avec trois marques. Je ne peux pas dire lesquelles mais ce sont tous les trois des groupes mondiaux avec au moins 300 magasins", annonce le responsable.

La technologie doit toutefois encore être perfectionnée. Treedy’s compte donc encore peaufiner le développement durant une année. La start-up réalise d’ailleurs actuellement sa première levée de fonds pour financer la transition vers le commercial. "Nous souhaitons lever 1,5 million d’euros. Nous avons déjà 900.000 eurso de confirmés auprès de plusieurs investisseurs dont un américain." Le fondateur espère clôturer l’opération d’ici un mois.

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