Trois pistes pour sauver Sharp

Kozo Takahashi, le CEO, a présenté les pistes de solutions pour Sharp. ©REUTERS

Sharp a conclu avec ses banques un plan de sauvetage de 200 milliards de yens (1,5 milliard d'euros), le deuxième en trois ans, après la dégradation marquée de sa situation financière, liée aux difficultés de son activité d'écrans pour smartphones. En échange des sommes perçues, Sharp va poursuivre la restructuration de ses activités, ce qui passera notamment par la suppression de 10% de ses effectifs mondiaux, dont 3.500 postes au Japon, et la vente de certains actifs, comme l'immeuble du siège social.

Le géant de l'électronique japonais Sharp, en grande difficulté financière, a annoncé la suppression de milliers d'emplois, dont 3.500 au Japon, ainsi qu'un vaste plan de restructuration pour faire face à des pertes massives.

"Nous visons une réduction de 10% de notre main-d'oeuvre dans le monde", a déclaré Kozo Takahashi, le patron du groupe qui compte près de 50.000 salariés dans le monde.

Sharp a également décidé d'émettre de nouvelles actions préférentielles à l'attention de ses deux principales banques afin de rembourser ses dettes. Mizuho Bank et Bank of Tokyo-Mitsubishi UFJ fourniront ces capitaux frais dans le cadre d'une opération de conversion de dette en actions. Japan Industrial Solutions, un fonds spécialisé dans le redressement des entreprises, apportera 25 milliards de yens.

Le pionnier japonais des écrans à cristaux liquides a aussi décidé d'apurer sa situation financière par une réduction drastique de capital à 500 millions de yens (4 millions d'euros) contre 120 milliards de yens actuellement.

Résultats dans le rouge. Il a rapporté une perte nette de 222 milliards de yens (1,7 milliard d'euros) pour l'année comptable 2014/15 qui s'est achevée le 31 mars mais se refuse à donner une estimation pour l'exercice en cours.

Les problèmes sont nombreux. Sharp a récemment été fragilisée par ses concurrents sur les panneaux solaires et les écrans de smartphones et tablettes, ainsi que par les mouvements défavorables des monnaies sur la production délocalisée d'appareils électroménagers destinés au marché japonais.

L'action du géant de l'électronique japonais Sharp s'était effondrée à un niveau record lundi à la Bourse de Tokyo.

De bonnes pistes? L'injection de liquidités permet au groupe de gagner de temps mais ne résoud pas ses problèmes de fond et ne répond pas aux interrogations sur la viabilité à long terme de l'activité d'écrans, qui pâtit d'une guerre des prix déclenchée par les concurrents asiatiques du groupe.

Sharp, qui réalise l'essentiel de son chiffre d'affaires dans les écrans LCD et les téléviseurs, a misé sur le haut de gamme pour préserver ses marges et éviter de se trouver en concurrence frontale avec des rivaux asiatiques de plus petite taille. Mais il peine à justifier des prix élevés faute d'innovations marquantes et souffre de la vigueur du yen.

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