Un activiste devient le premier actionnaire d'Agfa-Gevaert

©BELGA

Avec une participation de 10,3%, Active Ownership Capital est désormais l'actionnaire de référence d'Agfa. Il s'est fait connaître en Allemagne en s'attaquant au groupe Stada dont le cours s'est envolé.

Les prochains mois promettent d’être agités chez Agfa-Gevaert . Le groupe spécialisé dans les technologies d’imagerie a assuré la semaine dernière à l’occasion de la publication de résultats trimestriels inférieurs aux attentes que son projet majeur visant à transformer la division HealthCare IT en une entité légale indépendante serait bouclé d’ici la fin de l’année.

Mais voilà que, dans le même temps, un actionnaire activiste s’est invité dans le tour de table du groupe. Fin juin, Active Ownership Capital (AOC) a déclaré détenir une participation de 5,17% du capital. Elle est passée à 7,53% quelques jours plus tard pour dépasser les 10% à 10,32%, le 22 août dernier.

Aujourd’hui, cette société d’investissement basée au Luxembourg n’est ni plus ni moins que le premier actionnaire du groupe derrière d’autres fonds dont celui de la Norges Bank (voir tableau).

Activistes

Florian Schuhbauer et Klaus Röhrig, les investisseurs derrière AOC sont inconnus au bataillon dans nos contrées. Mais leur ambition est claire. Ils prennent des participations minoritaires significatives dans des sociétés cotées petites ou moyennes qu’ils estiment sous-évaluées et cela plutôt dans des pays germanophones ou nordiques. Et mettent ensuite en place avec la direction des stratégies pour accroître la valeur en siégeant au conseil d’administration si nécessaire, expliquent-ils sur le site d'AOC.

On peut donc imaginer que le tandem à la barre d’AOC a déjà pris contact, ou va le faire prochainement, avec la direction d’Agfa. Avec quel plan stratégique? Mystère! Avec la volonté de décrocher des strapontins d’administrateurs? A voir.

L'exemple Stada

AOC a décroché ses lettres de noblesse au sein de la caste des actionnaires activistes en s’attaquant à Stada, un producteur allemand de médicaments génériques dont il critiquait les faibles performances et les salaires excessifs de ses directeurs.

Avec une participation limitée à 7% AOC a réussi, il y a deux ans, au terme d’une assemblée marathon à évincer le président du conseil de surveillance. Mais il n’est pas parvenu à faire le ménage au sein de celui-ci comme il l’entendait. Un an plus tard Stada tombait dans l'escarcelle de Bain Capital et de Cinven au terme d’une OPA. Les actionnaires ont pu se frotter les mains. Entre début 2016 et août 2017, l’action a presque triplé en Bourse.

Rien ne dit que l’on doit s’attendre à un scénario similaire avec Agfa-Gevaert. Une tentative de rachat en décembre 2016 par l’Allemand CompuGroup qui visait surtout la division médicale –celle dont la filialisation est aujourd’hui en route- s’est soldée par un échec. En cause: des charges de pension en Grande-Bretagne, aux USA et en Allemagne qui figuraient à hauteur de 1,1 milliard d’euros dans les comptes du groupe.

Que vaut Agfa-Gevaert?

Selon Guy Sips, analyste chez KBC Securities, la constitution de la division HealthCare IT en une entité juridique indépendante pourrait rapporter 800 millions d’euros. Il estime le reste des activités du groupe à un milliard. Après soustraction des charges de pension de 1,1 milliard d’euros, il arrive à une valorisation selon la méthode somme des parties de 783 millions d’euros, soit 4,7 euros par action.

En fin de matinée, l’action grimpait de 5,3% à 3,85 euros.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content