Un fonds belge encaisse un quart de milliard de dollars dans un deal tech turc

Toy Blast est gratuit, mais a généré plus d'un milliard de dollars de revenus grâce aux joueurs qui dépensent de l'argent pour progresser plus rapidement.

Le géant américain du jeu en ligne Zynga met 1,8 milliard de dollars sur la table pour s'offrir le turc Peak. Résultat, la caisse enregistreuse sonne également en Belgique, Hummingbird Ventures étant un actionnaire majeur de Peak.

En octobre dernier, le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) était vivement critiqué parce qu'il pianotait sur son smartphone lors d'un débat autour de sa déclaration de gouvernement. "Angry Birds" est alors pointé du doigt.

Mais pas du tout. Le nationaliste flamand était en réalité plongé dans "Toy Blast", ce jeu de réflexion très addictif où vous devez collecter des ensembles de blocs de couleurs sur une grille. Il n'est pas le seul d'ailleurs puisque le nombre de téléchargements avoisine les 200 millions de par le monde. Pour progresser, certains paient. De quoi transformer cette réussite vidéoludique en réussite lucrative pour son développeur: l'an dernier, le seuil du milliard de dollars de chiffre d'affaires était dépassé.

Alors, du côté de l'équipe du turc Peak Games, fort d'une centaine d'employés, on se frotte les mains. Mais le succès a vite fait parlé de lui. Et les curieux ont rapidement pointé le bout de leur nez. Jusqu'à un cap: le géant américain du jeu en ligne Zynga – connu pour son jeu Farmville notamment – a fait offre pour 1,8 milliard de dollars en vue du rachat de cet acteur fondé en 2010. Moitié en cash, moitié en actions.

237 millions de retombées

Avec des conséquences... jusqu'en Belgique. Puisque le fonds de capital-risque Hummingbird Ventures, en est l'actionnaire majeur avec ses deux fonds. Pour plus de 15%. Il tirera d'ailleurs environ 237 millions de dollars de l'opération – qui profitera au passage à de nombreuses familles d'entrepreneurs flamands et néerlandais ayant investi dans ses fonds –, lui qui avait misé quelque 4,6 millions au départ. Barend Van den Brande, fondateur et fils de l'ancien Premier ministre flamand Luc Van den Brande, profite ici de la stratégie décidée de déployer ses ailes hors de Belgique. Et même d'Europe occidentale d'ailleurs.

Désormais, sa société investit dans des boîtes tech en Turquie, au Moyen-Orient et même en Afrique du Nord depuis de nombreuses années – et conserve, par ailleurs, des participations dans Deliveroo et Showpad. L'entrée dans Peak Games remonte à plus de dix ans maintenant.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés