Un partenariat avec Huawei sème le trouble à Downing Street

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Le gouvernement britannique est ébranlé ce vendredi par un scandale lié à des fuites dans la presse concernant la décision d'autoriser une participation de l'équipementier chinois Huawei au réseau 5G, avec un ultimatum posé aux ministres pour en retrouver l'auteur.

Plusieurs ministres du gouvernement de Theresa May pourraient voir leurs courriels et leurs téléphones portables examinés par les services de renseignement afin de déterminer l’origine de fuites sur les discussions portant sur un partenariat avec Huawei. Une partie des échanges d’une réunion cruciale du National Security Council (NSC) a été divulguée, dans laquelle la Première ministre a donné son feu vert à un partenariat avec le groupe de télécommunications chinois pour construire un réseau 5G au Royaume-Uni.

May a estimé que ce partenariat ne représentait pas un danger pour la sécurité britannique.

Une quinzaine de personnes ont assisté à cette réunion, dont les principaux ministres, les trois responsables du NSC, ainsi que les directeurs des services de sécurité et de renseignement MI5, MI6 et GCHQ. La décision prise par Theresa May est très sensible car elle rompt de fait l’union des "Five Eyes" – Etats-Unis, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande – qui ont interdit entièrement ou partiellement la signature de contrats avec le groupe chinois, soupçonné de transmettre les données sensibles au gouvernement à des fins d’espionnage.

May a estimé que ce partenariat ne représentait pas un danger pour la sécurité britannique, en raison notamment du fait qu’il porte sur des éléments "secondaires" du futur réseau. Mais cette fuite n’intervient pas au meilleur moment, en plein blocage du processus du Brexit. Elle confirme que la confiance entre May et son cabinet est en grande partie rompue.

Cette fuite ridiculise les légendaires services secrets britanniques.

Par ailleurs, elle ridiculise les légendaires services secrets britanniques, qui laissent ici fuiter des éléments d’une réunion top secrète portant justement sur le risque espionnage par un autre pays. Et ce au moment où le National Cyber Security Centre britannique organisait sa conférence annuelle, Cyber UK, à Glasgow.

Le signal envoyé par Theresa May ne sera pas reçu cinq sur cinq par les électeurs, qu’ils soient pro-européens ou eurosceptiques. Ce vendredi, l’opérateur de télécommunications néerlandais KPN a en effet décidé de confier son futur réseau 5G à une entreprise occidentale, contestant ainsi de façon indirecte l’analyse commerciale et sécuritaire faite par May.

KPN a même indiqué avoir pris sa décision en tenant compte de "connaissances en évolution en matière de sécurité" d'infrastructures vitales. Même si les preuves sur d’éventuelles intentions malveillantes de Huawei restent rares à ce jour, de nombreux pays occidentaux ont manifesté leurs inquiétudes. Le mois dernier, le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a affirmé qu’il en tiendrait "très sérieusement" compte.

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