Une quarantaine de projets soutenus par le Digital Belgium Skills Fund

©Maison des Maths

Lancé en mai 2017, le fonds Digital Belgium Skills Fund, de 18 millions d'euros, a vocation a réduire la fracture numérique. Comment? En investissant dans des projets visant à l'acquisition et au développement de compétences numériques chez les enfants, les jeunes et les jeunes adultes. La première tranche de 6 millions d'euros a été allouée.

On le sait mais on va le répéter quand même: l’acquisition de compétences numériques - et on ne parle pas seulement d’apprendre à coder - est une réalité inévitable si l’on veut former nos jeunes d’aujourd’hui aux métiers de demain. Or, ces matières sont encore insuffisamment enseignées dans les écoles et pour les personnes déjà actives, le développement de ces capacités nécessite souvent un effort financier et un investissement personnel en temps et énergie difficilement compatibles avec une vie professionnelle et privée déjà bien remplie.

Au mois de mai dernier, le ministre de l’Agenda numérique, Alexander De Croo, inaugurait le Digital Belgium Skills Fund. Doté de 18 millions d’euros, ce fonds public est destiné à soutenir les projets misant sur le développement et l'acquisition de compétences numériques chez les enfants, les jeunes et les jeunes adultes socialement vulnérables. Une première tranche de 5.554.687 euros a été allouée. Sur 112 projets présentés, 42 ont été sélectionnés par la Fondation Roi Baudouin. La majorité d’entre eux (24) se trouvent en Flandre, 11 sont à Bruxelles et 7 en Wallonie.

Ces chiffres ne sont pas le reflet d’un manque d’initiatives en Wallonie ou à Bruxelles, ni une quelconque volonté politique cachée de favoriser le nord du Royaume. "Les projets ont été sélectionnés par la Fondation Roi Baudoin et un jury indépendant, fait remarquer Alexander De Croo. 24 projets sur 42, ça signifie 57% de projets soutenus en Flandre, c’est donc assez représentatif de la répartition de la population belge. C’est un des critères qui était important pour nous", explique-t-il.

Trois ASBL se partagent à elles seules près d’un quart de cette première tranche de près de 6 millions d’euros. Il s’agit de l’école de code BeCode, qui a pris ses quartiers à BeCentral. Elle s’est vu attribuer une enveloppe de 496.500 euros. Il y a également le Digital Leadership Institute qui va recevoir 355.000 euros de subsides. Son projet Digital Brusselles a pour objectif d'accroître la participation des filles et des femmes en Belgique à la transformation numérique - en tant que leaders, employées et entrepreneuses - en améliorant leurs aptitudes numériques, en créant une communauté de femmes en technologie et en leur donnant accès à des mentors, des experts et les ressources nécessaires pour soutenir leur voyage numérique.

Zoom sur l’asbl Entr’Aide

Le troisième projet est porté par l’asbl Entr’Aide, située à Quaregnon. Son fondateur, Emmanuël Houdart, a créé la Maison des Maths, la 3e du genre au monde, après le MoMath de New York et le Mathematikum de Giessen en Allemagne. "Ce que l’on veut, c’est donner du plaisir avec les maths, nous explique-t-il. Des élèves de tout âge mais également des professeurs en formation y viennent en excursion scolaires. "Au fur et à mesure on se rend compte que ce qui se cache derrière les maths, ce ne sont pas des équations. Les maths, c’est une pensée. Et la pensée mathématique est très proche de la pensée algorithmique."

Avec les 480.700 alloués, Emmanuël Houdart veut notamment renforcer les animations autour du code. "On va pouvoir bientôt parler de la maison des Maths et du Code", s’amuse-t-il. Et de citer comme exemple, Osmo Coding, un outil sur tablette qui permet aux enfants de 6 à 10 ans d’apprendre la logique de la programmation. "Le personnage évolue à travers différents niveaux, il acquiert et perd des capacités au fur et à mesure qu’il progresse dans le jeu. La fonctionnalité pour tourner à droite peut, par exemple, disparaître. Les enfants doivent contourner le problème de façon créative. Dans ce cas-ci, tourner trois fois à gauche pour arriver à droite ! ", explique Emmanuël Houdart.

La prochaine tranche de 6 millions d’euros sera allouée en 2018, la suivante un an plus tard. Pour le moment, le ministre de l’Agenda numérique ne peut garantir qu’une fois le fonds épuisé, un financement structurel soit envisagé. "Il faut d’abord évaluer les impacts réels des projets soutenus, répond Alexander De Croo. Notez également que trois ans, c’est déjà pas mal et qu’il s’agit toujours de co-financements avec d’autres partenaires. D’ici trois ans, on verra bien qui est aux commandes. Rien n’est jamais garanti dans la politique belge."

Mais encore... 

Parmi les autres projets, on peut notamment épingler le Digitaal Educatie Netwerk voor Senioren à destination des personnes plus âgées ou les CoderDojo qui sont des clubs de coding gratuits pour les enfants entre 6 et 18 ans. Il y a également le Fabbus de BeMaker qui est un bus qui va d’école en école pour former les jeunes aux technologies numériques, les inspirer à la création technologie et favoriser le travail avec les initiatives locales. 

Et comme il n’y a pas que le code dans la vie, certains comme Sharify lancent également des formations en entrepreneuriat général. L’ASBL est connue pour ses hackathon "Impact Challenge". "C’est en les organisant qu’on s’est rendu compte que les participants manquaient parfois de compétences et de connaissances tant au niveau de la programmation que du business", conclut Bastien Van Wylick de Sharify. 


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