Waze suit sa route malgré le coup dur du confinement

Waze a retravaillé en juin dernier le design de son app. ©BELGAIMAGE

Le confinement a fait mal à l’application de navigation. Au plus fort de l’épidémie, Waze a enregistré une baisse de l’utilisation de 80%. Rien de grave pour autant, explique la direction.

Plus pour longtemps mais le retour à la normale s’était bien installé. Les embouteillages aussi. Une bonne nouvelle pour Waze, la célèbre application de navigation d’origine israélienne qui fait frémir depuis des années les TomTom, Garmin et autres spécialistes du GPS. Avant le confinement, l’application faisait partie du quotidien d’un paquet de Belges. En une décennie, Waze est devenue une référence dans beaucoup de téléphones. Débutée d’une carte blanche, Waze fonctionne uniquement avec ses utilisateurs qui sont doublement indispensables. Ils se chargent du tracé mais ils sont surtout utiles pour donner en temps réel la situation du trafic. En cas d’embouteillage, les algorithmes de la société se chargent alors de proposer des solutions alternatives, la véritable plus-value de l’app.

80% de baisse

Quand le monde tourne bien, tout roule donc. Mais lorsqu’un virus enferme une bonne partie de la population mondiale, la situation se corse un peu. Sans surprise, la chute de l’activité sur l’appli a été considérable lors du confinement. L’utilisation a fondu durant mars et avril avant de reprendre progressivement en mai. Au pire moment en Belgique, la baisse était de plus de 80%. Aujourd’hui, le retour n’est pas encore tout à fait à la normale, mais les chiffres indiquent désormais une utilisation qui n’est plus que de quelques pourcents sous la moyenne.

"Effectivement, il y a une baisse. Mais nous ne sommes pas inquiets."
Dario Mancini
Responsable Europe pour Waze

Pour se rémunérer, l’entreprise ne compte que sur les annonceurs. La perte fut donc forcément colossale durant les trois mois de confinement. Mais lorsqu’il s’agit de faire le point, la société reste des plus mystérieuses. "Effectivement il y a une baisse. Mais nous ne sommes pas inquiets", se contente Dario Mancini, le responsable Europe pour Waze. Comme à son habitude, Waze garde sa ligne mystérieuse, sans sortir le moindre chiffre. Seule donnée accessible : son nombre d’utilisateurs, qui dépasse les 130 millions à travers le monde.

Douloureux moment à passer

Le coup reçu aurait pu remettre en question la stratégie du groupe. Mais du côté de Waze, on préfère voir la crise simplement comme un douloureux moment passé. "Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de revoir notre modèle. On voit que l’activité reprend et que les annonceurs reviennent aussi", explique le patron. La stratégie ne devrait donc pas changer. Les perspectives sont en revanche plus floues. "Faire des estimations pour l’avenir est devenu très compliqué. Probablement encore plus qu’avant. Personne n’aurait misé sur ce confinement mondial. Je ne vais donc pas dire qu’on ne s’attend plus à de grands bouleversements".

"Nous ne pensons pas qu’il soit nécessaire de revoir notre modèle. "
Dario Mancini

En cas de coup vraiment dur, la société a les reins solides. Depuis 2013, Waze est entre les mains de Google après un rachat pour un peu plus d’un milliard de dollars. Le géant disposait pourtant déjà de son propre outil de navigation, toujours actif d’ailleurs et dont les performances n’ont pas grand-chose à envier à Waze. Une situation étrange à priori, mais qui ne pose pas de problème. "Nous ne sommes pas concurrents. Nos offres sont complémentaires. Waze se focalise uniquement sur les navetteurs et les automobilistes. L’offre de Google Maps est beaucoup plus large et ne se concentre pas, comme nous le faisons, que sur les conducteurs", explique Dario Mancini.

À défaut de se positionner sur l’avenir, la société continue son petit bonhomme de chemin. Durant le confinement, elle a notamment annoncé un partenariat avec Infrabel afin de mieux signaler les passages à niveau dans l’app.  L’entreprise a également retravaillé fin juin l’esthétique de son application.

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