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Windows 11: innover sans perturber

Le règne de l’entreprise fondée par Bill Gates sur le marché n’est pas près de s’arrêter.

Microsoft a sorti la dernière version de son système d'exploitation avec comme défi majeur: satisfaire ses utilisateurs ainsi que les fabricants de PC.

Six ans après la sortie de Windows 10, Microsoft sort enfin une nouvelle version de Windows. Les mauvaises langues diront que celle-ci s'inspire fortement de macOS, le système d’exploitation d'Apple. Il faut reconnaitre qu’avec Windows 11, le dernier-né de son système d’exploitation pour PC, devenu un standard mondial, Microsoft a fait un bond de géant niveau esthétique. Au détriment de l'innovation ? Pas forcément.

"La nouvelle version de Windows intègre directement sur votre bureau des fonctionnalités qui sont devenues essentielles comme la gestion du micro ou le partage d'écran."
Patrick Viaene
Directeur du Business Group Office 365 de Microsoft pour le Benelux

Windows 11 peut être qualifié de "bébé Covid", il a été finalisé pendant que le monde était confiné et que les habitudes des utilisateurs évoluaient. Sa naissance en est donc très grandement influencée. "La nouvelle version de Windows intègre directement sur votre bureau des fonctionnalités qui sont devenues essentielles comme la gestion du micro ou le partage d'écran", détaille Patrick Viaene qui est à la tête du Business Group Office 365 de Microsoft pour le Benelux. Plus besoin de rentrer dans Zoom ou Teams pour couper ou réactiver son micro, deux exemples parmi les centaines de nouveautés qui démontrent que Microsoft a attentivement observé les nouvelles habitudes de ses utilisateurs. Windows 11 propose au premier abord beaucoup de changements qualifiés de cosmétiques, mais surtout une nouvelle expérience pour l'utilisateur.

Innovation perpétuelle

Le prédécesseur de Windows 11, Windows 10, avait subi nombre d’évolutions depuis son lancement en 2015 et la dernière version proposée ne ressemblait plus en rien avec celle commercialisée en 2015. Ce processus ne devrait pas forcément se reproduire pour cette version-ci, qui est gratuite pour les utilisateurs de Windows 10. Une simple mise à jour suffit et vous êtes repartis pour quelques années dans l’univers de Microsoft. Une gratuité apparente qui peut étonner.

"En 2020, 60% des revenus liés à Windows étaient issus des ventes de licences aux fabricants de PC, 30% de facturation directe aux entreprises (...) et le reste est de la vente individuelle."
Patrick Viaene
Directeur du Business Group Office 365 de Microsoft pour le Benelux

L'entreprise basée à Redmond aux États-Unis a un modèle de vente qui fait en sorte que la grande majorité des revenus tirés de Windows ne proviennent pas directement des utilisateurs, mais bien des fabricants d’ordinateurs. "En 2020, 60% des revenus liés à Windows étaient issus des ventes de licences aux fabricants de PC, 30% de facturation directe aux entreprises (mise à jour, support, etc) et le reste est de la vente individuelle", détaille Patrick Viaene.

Microsoft et les entreprises, une relation de long-terme

Windows n’est, de l’avis même de Microsoft, pas une révolution et pour cause, le plus gros défi de Microsoft est désormais de garantir un certain niveau d’innovation sans perturber ses utilisateurs. Ces derniers sont pour beaucoup des employés d’entreprises qui choisissent dans leur grande majorité d’opter pour Windows. Parmi eux, les administrations publiques belges qui sont sous contrat avec Microsoft. Sans stratégie marketing spécifique sur cette cible, Microsoft peut tabler sur des habitudes solidement ancrées et un standard très rarement remis en question au sein des organisations.

"Windows 11 ne sera pas la dernière version de Windows, mais on estime qu’il est difficile d'encore innover significativement dans le système d’exploitation."
Patrick Viaene
Directeur du Business Group Office 365 de Microsoft pour le Benelux

De manière plus générale, la mainmise du géant américain sur le marché belge est impressionnante. Microsoft détient actuellement 76,1% du marché belge, devant Apple et son macOS avec 20,1%, loin derrière on retrouve Chrome et son ChromeOS et Linux qui ferment la marche avec respectivement 1,3 et 0,8%, selon le site Statcounter. Pour garder ce leadership, une mise à jour gratuite de sa nouvelle mouture pour ses fidèles clients est commercialement logique. Surtout quand après des années d’itération, il devient difficile de faire évoluer en profondeur l’outil. "Windows 11 ne sera pas la dernière version de Windows, mais on estime qu’il est difficile d'encore innover significativement dans le système d’exploitation. On peut juste améliorer certaines fonctionnalités", explique-t-on chez Microsoft.

Il ne faut pas s’attendre à voir tous les utilisateurs de Windows se ruer sur la nouvelle version qui doit encore faire ses maladies de jeunesses. À très long terme, Windows 11 deviendra le standard d’utilisation sur les PC, mais Microsoft a déjà décidé de prolonger le support et les mises à jour de Windows 10 jusqu’en 2025. De quoi rassurer les entreprises qui doivent préparer la migration de leur flotte de PC.

Séduire les jeunes et les fabricants

Si Microsoft a la mainmise sur le marché et les faveurs des entreprises, une cible semble toujours résister au géant américain: les jeunes. Qu’ils soient actifs dans une start-up ou encore sur les bancs des universités, les jeunes générations se détournent volontiers du combo PC-Windows. Windows garde cette image un peu vieillotte du PC d’entreprise qui n’a jamais fait chavirer les cœurs et portefeuilles des jeunes générations attirées par le côté sexy et créatif d’Apple ou les prix cassé des Chromebook de Google. "À cet âge-là, les gens ne choisissent pas un système d’exploitation, mais une machine", selon Patrick Viaene. Avec son nouveau design léché et des fabricants prêts à proposer des prix plus attractifs, Windows 11 pourrait grappiller quelques parts de marché sur ce segment particulier.

Ce qui compte surtout pour Microsoft, c'est de continuer de satisfaire les fabricants de PC qui sont ravis de voir arriver une nouvelle version de Windows. Pour eux, cela représente systématiquement un boom des ventes de leurs appareils et permet des campagnes promotionnelles très efficaces sans oublier la popularisation de certains outils technologique. Windows 10 a ainsi permis à ses fabricants de justifier l’apparition des écrans tactiles sur les PC, car le système d’exploitation de Microsoft permettait et encourageait leur usage. Dans le cas de Windows 11, les exigences de son utilisation font en sorte que certains PC, même récents ne seront pas capables de supporter toutes les innovations, de quoi favoriser les nouveaux achats.

Avec ce lifting mélangeant innovation et design, Microsoft s’assure quelques années de leadership en plus en satisfaisant les utilisateurs avides de nouveauté et les fabricants cherchant à augmenter leur volume de ventes. Le règne de l’entreprise fondée par Bill Gates sur le marché n’est pas près de s’arrêter. Et pourtant, l’histoire aurait pu être complètement différente si, en 1997, le fabricant d'ordinateurs Dell avait accepté l’idée de Steve Jobs de proposer macOS sur ses ordinateurs... Malgré des mois de négociation, l’idée n’a jamais vu le jour et a défini pour plusieurs décennies les contours d’un marché qui a vu plus de 300 millions d’ordinateurs se vendre dans le monde en 2020.

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