analyse

Zoom, un échec annoncé devenu un succès en bourse

Le chiffre d’affaires de Zoom a atteint 663,5 millions de dollars contre 146 millions de dollars sur la même période en 2019. ©AFP

Détrôner des géants comme Microsoft ou Google sur leur terrain, personne n’osait l’imaginer. La success story de l’application de vidéo Zoom se poursuit avec des résultats records.

Le mot Zoom a fait un retour en force dans le langage courant. Cantonné au vocabulaire des photographes du dimanche, il est désormais synonyme de connexion, de vidéoconférence et de réussite. Alors que la plupart d’entre nous se réjouissent de reprendre le chemin du bureau, au moins quelques jours par semaine, une start-up californienne, quasi inconnue du grand public il y a six mois, rêve de voir un maximum de monde travailler depuis la maison le plus longtemps possible.

Il ne faut pas être un brillant analyste pour comprendre les raisons de succès du service de vidéoconférence de Zoom. Mettez la moitié de la planète en confinement, demandez-lui de continuer à travailler et de garder un semblant de contacts sociaux et elle cherchera d’elle-même la solution la plus pratique et simple à utiliser. Zoom doit son succès à cette notion essentielle des succès technologiques: la simplicité. Pas besoin de télécharger un programme au préalable – il suffit d’envoyer un lien ou de cliquer dessus –, le nombre de participants limité à 100 personnes et une version gratuite qui offre suffisamment de possibilités pour le commun des mortels. Autant d’éléments qui ont fait de Zoom la star du confinement et des téléchargements avec des résultats chiffrés de l’ordre du rare et de l’exceptionnel.

Le chiffre d’affaires de Zoom a atteint 663,5 millions de dollars contre 146 millions de dollars sur la même période en 2019. Ce sont les nouveaux abonnements qui ont contribué pour 81% à l’envolée du chiffre d’affaires. Signe que l’excitation n’est pas que passagère, le taux de désabonnement est inférieur à celui attendu par la plateforme. Zoom s’est inscrit dans une tendance de fond, mise en lumière par la crise que nous avons connue: nous n’avons pas besoin d’être en permanence au bureau pour être performant. Les entreprises ont pris des comptes Zoom payants par milliers - 370.000 entreprises de plus de 10 employés - ce qui permet aujourd’hui à la plateforme de vidéoconférence de culminer certains jours à plus de 300 millions de participants à des réunions virtuelles par jour dans le monde.

9 ans pour connaître le succès

À la tête de Zoom, on trouve Eric Yuan. Il a lancé Zoom en 2011 et à l’époque personne n’y croyait. Avec un marché saturé par des géants comme Google ou Microsoft, personne n’osait se lancer pour concurrencer des outils pas forcément toujours pratiques à utiliser mais tellement popularisés qu’ils paraissaient indétrônables. À son arrivée en Californie, Eric Yuan, un ingénieur chinois, n’en démord pas, il est convaincu qu’il peut renverser ces géants que personne n’aime utiliser. En charge du système de vidéoconférence d’entreprise de Cisco, Webex, pendant plusieurs années, il rêve de pouvoir rendre ce système accessible à tous en un clic. Lassé de ne pas être entendu en interne, il claque la porte du géant informatique en 2011 pour lancer sa start-up baptisée Saasbe, embryon de ce qu’est Zoom aujourd’hui. Plusieurs levées de fonds, une entrée en Bourse et une pandémie plus tard, Eric Yuan est le nouveau roi d’un secteur qu’il a réussi à disrupter alors qu’on le disait figé pour des années. Une énième preuve que la simplicité d’une application est souvent l’élément clé de son succès même si ici, les circonstances exceptionnelles ont donné un beau coup de pouce à l’entreprise technologique.

Zoom a déjà résisté aux multiples polémiques liées à la sécurité des données de ses utilisateurs, un passage obligé quand on devient une entreprise qui pèse dans la Tech, pour aujourd’hui afficher des résultats record et des prévisions qui donnent le vertige.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés