Altice renonce au rachat de Royal KPN

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Patrick Drahi aurait sérieusement envisagé d’acheter le premier opérateur néerlandais avant de se raviser. KPN dément.

La frénésie qui s’est emparée du marché européen des télécoms ne se calme pas, bien au contraire. Selon nos informations, Altice, le trublion du secteur qui vient d’annoncer une importante acquisition aux États-Unis, aurait, dans le même temps, décidé de ne pas faire offre sur… KPN, opérateur historique néerlandais dont on ignorait qu’il pouvait être à l’étalage.

D’après une source proche du dossier, le rachat de KPN aurait été étudiée en profondeur mais Patrick Drahi aurait finalement renoncé, trouvant le prix trop élevé. À noter que le groupe étudiait le dossier en même temps que celui de Suddenlink, le câblo américain qu’il vient de racheter pour 9,1 milliards de dollars. Le choix de renoncer à KPN n’aurait pas de rapport avec cette opération, le groupe restant clairement prêt à se jeter sur des actifs intéressants en Europe.

Du côté d’Altice, on ne souhaite pas commenter l’information même si le mot d’ordre officieux est clair: le groupe regarde tous les dossiers.

Chez KPN, le démenti est formel : "il n’y a pas eu de rencontre ou d’échanges écrits entre Altice et KPN", affirme Duco Sickinghe, président du conseil d’administration de KPN. "Altice a déjà publiquement signalé son intérêt pour KPN dans le passé mais ils n’ont jamais eu accès à nos comptes et n’en ont pas fait la requête".

Carlos Slim veut sortir

L’information tombe alors que le titan des télécoms Carlos Slim a annoncé la mise en vente massive d’obligations convertibles en actions KPN. Pour rappel, le géant mexicain ne digère toujours pas l’échec de sa tentative de rachat de l’opérateur néerlandais, bloquée en dernière minute par une fondation interne.

Monté jusqu’à 28% du capital, Slim a depuis réduit sa participation, pour atteindre un peu plus de 20%. Un seuil critique "puisque s’il passe sous cette barre, il ne pourra plus prétendre à un siège au conseil d’administration", explique un analyste.

D’autres aimeraient rentrer

Altice ne serait pas le seul groupe à avoir envisagé un rachat de KPN: au début de l’année, Reuters annonçait ainsi que Deutsche Telekom avait, lui aussi, étudé l’option. "Au vu des sensibilités politiques qui ont joué en la défaveur de Carlos Slim, le scénario d’un acheteur européen est le plus crédible", ajoute cet analyste, qui a souhaité rester anonyme.

De l’avis de tous, Deutsche Telekom est le candidat naturel, avec cet avantage que le management de KPN craindrait moins pour son poste (la réputation d’Altice en effraie plus d’un).

Reste qu’une opération de cette envergure pourrait piquer Stéphane Richard (Orange, aussi présent aux Pays-Bas) au vif et l’inciter à surenchérir, voire à acheter des actifs sur d’autres marchés.

À noter aussi que le n°1 mondial du mobile, Vodafone, dispose lui aussi d’une présence aux Pays-Bas et pourrait être intéressé par l’actif. Une opération qui ferait suite au rachat du câblo espagnol Ono, et qui pourrait être aisément financée grâce au matelas de cash obtenu lors de la vente de ses parts dans Verizon Wireless. À moins que le groupe ne décide de conserver ses deniers pour directement s’offrir Liberty Global, ce que son CEO, John Malone, semble d’ailleurs appeler de ses vœux.

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