Citymesh, le quatrième opérateur télécom qu'on n'attendait pas

Parmi les références de Citymesh figure le port de Zeebruges. ©BELGA

La société brugeoise va réaliser un réseau 5G privé pour Brussels Airport. Elle est derrière la plupart des projets 5G initiés par des entreprises privées au cours des derniers mois. C’est l’une des deux seules entreprises qui possèdent une fréquence 5G à l’heure actuelle en Belgique.

Qu’ont en commun Cosco container, le port de Zeebrugge, Brussels Airport et les champs éoliens en mer du Nord? Ils se sont tous lancés dans des projets 5G et tous avec la même entreprise: Citymesh. Le but? Bénéficier d’un réseau privé à haut débit, sans les problèmes de latence ou d’interférence que le WiFi ou la 4G présentent pour le moment. Toutes les entreprises n’en ont pas besoin.

"Avoir son propre réseau 5G garantit une réelle sécurité des données."
Mitch De Geest
CEO de Citymesh

Ce sont surtout les grands industriels et les sites très étendus comme les aéroports qui y voient un intérêt. La 5G est en effet très utile pour permettre le pilotage de grues à distance, de voitures autonomes depuis un poste centralisé, par exemple, mais ce qui intéresse particulièrement les entreprises c’est que les données restent au sein de l’entreprise physiquement. "C’est ce qui motive principalement les entreprises, avoir son propre réseau garantit une réelle sécurité des données et permet de ne dépendre d’aucun tiers", explique Mitch De Geest, CEO de Citymesh.

Pourtant, les réseaux qu’installe l’entreprise flamande sont pour la plupart encore utilisés en 4G par les entreprises dont le matériel (Smartphones, tablettes, etc.) n’est pas encore compatible avec la technologie 5G. Ces réseaux sont donc baptisés "5G ready" et pourront être utilisés en 5G dès que l’entreprise sera équipée des supports compatibles, ce qui devrait être le cas courant de l’année prochaine.

Une fréquence obtenue avant les enchères

Pour pouvoir déployer ces réseaux 5G privés, Citymesh a besoin de pouvoir utiliser une fréquence 5G qui est attribuée par l’IBPT, le régulateur des télécoms. Avant que les fréquences ne soient mises aux enchères et attribuées l’année prochaine, Citymesh a eu le nez fin et a obtenu l’une de ses fréquences il y a quatre ans un peu par hasard. "À l’époque nous déployons des réseaux WiFi urbains en Flandre. Nous cherchions à obtenir notre propre fréquence pour ne plus devoir passer par les opérateurs comme Proximus et Telenet pour nos clients". La fréquence de 3,5GHZ est alors mise aux enchères par l’IBPT et Citymesh est la seule entreprise à enchérir.

"Toutes les sociétés qui s’occupent des champs éoliens offshore de la mer du Nord sont sous contrat avec nous."

Elle obtient sa fréquence et a la bonne surprise de voir le régulateur européen décider deux ans plus tard que la fréquence 3,5GHZ qu’elle détient sera la norme et le standard d’application pour la 5G en Europe. Jackpot pour Citymesh qui conclut alors un partenariat stratégique avec Nokia pour la partie infrastructure et va proposer ses services à toutes les grandes entreprises basées au Nord du pays. Elle a ainsi le droit de déployer ses réseaux à Anvers, Gand, Bruges, Bruxelles et le long de la mer du Nord et d’exploiter la fréquence jusqu’en 2026.

La mer du Nord peut paraître absurde et pourtant ce n’est pas pour connecter les entreprises de cuistax de la digue mais bien les champs éoliens et les entreprises qui les exploitent. Un marché très important que Citymesh a déjà conquis. "Toutes les sociétés qui s’occupent des champs éoliens offshore de la mer du Nord sont sous contrat avec nous."

Côté wallon, une société a aussi obtenu une licence du même type, Gridmax, basée à Vresse-sur-Semois mais qui n’opère que dans 4 communes de la région wallonne selon nos informations. Pour l’instant, c’est Citymesh qui a empoché la quasi-totalité des contrats en matière de réseaux privés 5G en Belgique. La société brugeoise ne veut pas en dire trop sur ses clients mais prédit une année 2020 record avec de nombreux nouveaux contrats. Elle s’est d’ailleurs portée candidate pour l’attribution des nouvelles fréquences aux côtés des opérateurs classiques, ce qui fait dire à Mitch De Geest, "Nous sommes le quatrième opérateur télécom belge".

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