De Croo attend 679 millions des enchères autour de la 5G

©ID/ Bas Bogaerts

Une consultation sur les arrêtés royaux régissant les licences des opérateurs mobiles vient d’être lancée. L'objectif? Fixer les jalons du développement de la 5G et définir le sort des bandes de fréquences liées à la 2G et à la 3G.

C’est parti, l’IBPT vient de lancer à la demande du ministre des télécommunications une vaste consultation sur les arrêtés royaux qui régissent les licences des opérateurs mobiles. Au programme, renouvellement des licences existantes en matière de 2G et de 3G, mais aussi l’annonce d’enchères autour des nouvelles fréquences, autant d’éléments qui serviront de jalons aux développements des télécoms en Belgique.

Interrogés sur le document publié sur le sujet par le régulateurs, les opérateurs indiquent en cœur qu’il est trop tôt pour pouvoir déclarer quoi que ce soit sur le texte. Rien d’étonnant quand on sait que ledit texte qui leur a été transmis compte... 103 pages. Cependant, certains saluent déjà le travail accompli par l’IBPT autour de ce qui représente pour eux un actif essentiel dans leur activité: les fréquences.

103
c'est le nombre de pages que contient le document de l'IBPT transmis aux opérateurs

En parallèle, le timing est aussi souligné par certains acteurs du secteur interrogés. Le document arrive à point nommé pour que les technologies de demain prennent leur envol.  Jean-Marc Galand, responsable télécoms chez Agoria, la fédération de l'industrie technologique, indique à ce titre que la consultation lancée par Alexander De Croo, ministre des télécommunications, était attendue depuis un certain temps déjà de par l’importance qu’elle revêt dans le déploiement de la 5G notamment, avant d’ajouter "surtout si la Belgique ambitionne de faire partie des pionniers en la matière". Possible? "Pourquoi pas", rétorque le responsable. En l’état, "nous sommes dans les temps. Les premiers développements commerciaux de la 5G ne sont attendus en Europe que d’ici 2020. Pour le moment, la Belgique n’est donc pas en retard", et la consultation initiée début de semaine pourrait servir d’accélérateur.

Cette consultation était attendue depuis un certain temps déjà
Jean-Marc Galand
Responsable télécoms chez Agoria

Dans le document rendu public, des précisions sont apportées quant au sort des bandes de fréquences 700 et 1.400 Mhz destinées à accueillir (au plus tôt à partir de 2020) la future 5G. Elles devraient être mises aux enchères, une méthode d’attribution qui "présente l’avantage d’encourager la concurrence et l’usage économiquement efficace du spectre, en plus d’être transparente et équitable", souligne le cabinet d’étude Analysys Mason commandité par l’IBPT. De son côté, le ministre explique que la procédure devrait "stimuler l’innovation, tout en offrant aux opérateurs une sécurité d’investissement suffisante liée à la clarification de la situation". Et aussi rapporter gros au Trésor. 679 millions d’euros au minimum, selon ses propres estimations.

 679 millions €
c'est ce que pourrait rapporter au minimum la vente des licences pour la 5G à l'Etat belge.

Quid du reste?

En sus, la consultation aborde le sort des licences liées aux bandes utilisées pour la 2G et à la 3G (900, 1.800 et 2.100 MHz). Expirant en 2021, la partie de ces fréquences détenue par les différents opérateurs traditionnels (Proximus , Orange  et Telenet ) sera renouvelée automatiquement sur simple demande. Pour le restant, une mise aux enchères sera organisée. "L’arrivée d’un nouvel acteur est donc tout à fait possible", indique Jimmy Smedts, porte-parole de l’IBPT, soulignant que la vente de licences pour cette partie du spectre pourrait rapporter quelques 439 millions d’euros à l’Etat sur base des chiffres d’Analysys Mason.

L’arrivée d’un nouvel acteur sur les bandes de fréquences liées à la 2G et à la 3G est tout à fait possible
Jimmy Smedts
Porte-parole de l'IBPT

Enfin, le document évoque aussi la question de la couverture minimale liée aux licences mobiles qui passerait de 98% à 99,5% de la population, améliorant de facto la qualité de réception dans les zones rurales.

©Mediafin

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