Des valeurs télécoms très touchées à Bruxelles

Dominique Leroy, John Porter et Michaël Trabbia, les CEO de Proximus, Telenet et Orange Beligum, ont souffert de l'annonce d'Alexander De Croo, qui veut attirer un quatrième opérateur en Belgique. ©Photo News

Proximus, Telenet et Orange Belgium ont accusé un fort repli à la Bourse de Bruxelles suite à l’annonce de l’ouverture du marché belge à un quatrième concurrent.

Proximus  et Telenet  ont signé les deux plus forts reculs du Bel 20 ce mercredi, avec des replis respectifs de 3,96% et 2,09%. Sur le marché élargi, le titre Orange Belgium  a également bu la tasse, avec un recul de 3,42%. Les actions des sociétés de télécommunications actives en Belgique ont mal accueilli l’annonce venant du ministre des Télécommunications, Alexander De Croo, d’ouvrir le marché belge à un quatrième opérateur télécom. Il veut profiter de la mise aux enchères des fréquences mobiles de l’an prochain pour faire venir ce nouvel acteur. Une partie de ces fréquences lui serait réservée.

"Qui va vouloir payer une licence à 700 millions d’euros pour un petit marché?"
Michel Ernst
Stratégiste, CBC Banque

Le recul des trois valeurs est jugé exagéré par les analystes. "Le marché est dominé par des robots qui, dès qu’un signal de vente est déclenché, provoquent un massacre à la tronçonneuse sur les titres. De plus, le marché est dominé par des acteurs anglo-saxons avec peu d’états d’âme. Ceci explique une partie de la baisse de Proximus" et des autres titres du secteur ce mercredi, explique Michel Ernst, stratégiste actions senior chez CBC Banque.

Mais selon lui, le secteur a connu un "coup de Jarnac avec l’Open Vld voulant ouvrir le marché à un quatrième opérateur, apportant une concurrence supplémentaire dans un petit marché". "Qui va vouloir payer une licence à 700 millions d’euros pour un petit marché?" s’interroge-t-il.

Un secteur en difficulté

Les valeurs télécoms souffrent depuis le début de l’année. Au sein du Bel 20, Proximus et Telenet affichent les plus forts reculs depuis janvier. Seule bpost affiche un plus grand repli. Proximus a perdu plus de 21% et Telenet 29%. Orange Belgium s’en tire un peu mieux, avec un recul de plus de 6%. Le secteur européen des télécoms affiche un repli de 9,39%, l’un des plus importants parmi le Stoxx 600. La dégringolade de Proximus, Telenet et Orange Belgium ce mercredi vient alourdir leurs pertes en Bourse.

Le secteur souffre d’une révision à la baisse de ses revenus depuis la publication des résultats du troisième trimestre des sociétés télécoms en Europe. Telenet avait récemment annoncé une croissance stable de son chiffre d’affaires pour cette année. De plus, en Belgique, le secteur pâtit de problèmes liés au réseau 5G. "Un tas de barrières administratives empêche le réseau de se développer", constate Michel Ernst.

Le secteur belge est également miné par la régulation, avec de nouvelles règles pour assurer l’accès au nouveau FTTH (internet à très haut débit avec la fibre optique qui se termine au domicile de l’abonné) et pour améliorer l’accès de gros au câble. Récemment, un analyste de RBC Capital, Wilton Fry, avait pointé que les valeurs télécoms belges souffrent de la concurrence et de la régulation. Selon lui, le marché belge montre des signes d’usure concurrentielle, mais il estime que Proximus s’en sort le mieux. Michel Ernst souligne que le groupe présente le bilan le plus solide, avec BT , dans le secteur européen des télécoms. "Il y a quelques années, le secteur avait été pris de la folie des licences GSM et payé des primes élevées avant de subir le contrecoup. Seuls BT et Belgacom avaient refusé", rappelle-t-il. "Proximus peut encore investir et maintenir son dividende grâce à ses résultats", souligne-t-il. Ce n’est pas le cas de toutes les sociétés télécoms.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content