Dominique Leroy inculpée pour délit d'initié

Dominique Leroy ©BELGA

L'ex-CEO de Proximus a été inculpée dans le dossier relatif à la vente de 10.840 actions de l'opérateur, peu avant l'officialisation de son départ vers le néerlandais KPN.

Dominique Leroy, l'ancienne CEO de Proximus, a été inculpée dans le dossier relatif à un éventuel délit d'initié ouvert par le parquet de Bruxelles, indique dans un communiqué son avocat, Jean-Pierre Buyle. Il réagit ainsi suite à la fin de l'enquête de la juge d'instruction, débutée en septembre dernier. Celui-ci a finalement décidé d'inculper Dominique Leroy du chef de délit d'initié lors de la vente de ses actions Proximus à l'été 2019. 

Ce jeudi matin, le parquet a confirmé les informations. Dominique Leroy a été auditionnée ce mardi 12 mai par la juge et inculpée par la suite. Le communiqué confirme le chef d'inculpation de délit d'initié. À ce stade, l'enquête n'est pas encore clôturée. 

10.840
actions
Le 1er août, Dominique Leroy a vendu 10.840 actions Proximus à 26,32 euros, ce qui lui rapportera un peu plus de 285.000 euros.

Vente le 1er août, départ annoncé le 5 septembre

Pour rappel, le nœud du problème remonte à l’été dernier. Alors que l’avenir de la patronne à la tête de Proximus est incertain, elle vend le 1er août 10.840 actions Proximus à 26,32 euros, ce qui lui rapportera un peu plus de 285.000 euros. Le 5 septembre, elle annonce officiellement son départ de chez Proximus pour reprendre la tête de l'opérateur hollandais KPN, ce qui a pour conséquence de faire chuter le cours de Proximus de plus de 2%.

La proximité entre la vente des actions et l’annonce de ce départ suscite l’intérêt de la FSMA mais aussi du parquet qui se penchent sur le dossier. S’en suivront notamment des perquisitions à son bureau et à son domicile dans le cadre d'une enquête en voie d'être terminée.

"Madame Dominique Leroy réfute formellement tout indice quelconque de délit d'initié."
Jean-Pierre Buyle
Avocat de Dominique Leroy

"C'est une phase importante de la procédure qui s'achève après 8 mois d'enquête. Ceci permettra d'avoir accès au dossier et de lever les doutes et les questionnements de la justice. Comme elle l'a toujours affirmé, Madame Dominique Leroy réfute formellement tout indice quelconque de délit d'initié, celle-ci n'ayant, au moment de l'ordre de vente, aucune négociation en cours avec KPN et étant en discussion sur le renouvellement de son contrat chez Proximus", précise Me Jean-Pierre Buyle.

KPN n’a toutefois pas attendu la fin de cette procédure pour changer d’avis. Refroidi par cette mise un peu trop en avant de Dominique Leroy, l’opérateur néerlandais, poussé par plusieurs actionnaires, a finalement renoncé le 30 septembre à engager celle qui fut la patronne de Proximus durant cinq ans et neuf mois.

Leroy confiante

Cette nouvelle étape dans cette procédure n’inquiète visiblement pas l’ex-CEO. "Dominique Leroy précise par ailleurs que la décision de procéder à la vente de ses titres avait été prise de longue date. En outre, l'accord avec KPN est intervenu plus d'un mois après l'ordre de vente", ajoute Me Buyle. Dominique Leroy reste confiante quant à l'issue favorable de la procédure judiciaire. Elle ne fera aucun commentaire pour respecter la procédure.

Depuis son départ officiel de Proximus en décembre dernier, Dominique Leroy est restée particulièrement discrète. Depuis novembre, elle propose occasionnellement ses services comme consultante externe pour la société Bain&Company. Par ailleurs, elle est également administratrice de plusieurs grandes entreprises, dont Ahold Delhaize qui a récemment renouvelé son mandat lors de sa dernière assemblée générale, en avril dernier.

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