Dominique Leroy justifie la vente de ses actions

©Kristof Vadino

Depuis l'annonce du départ de Dominique Leroy, la vente de ses actions, au début du mois d'août, pose question et fait débat. Dans un communiqué diffusé dimanche en fin d'après-midi, elle a justifié sa décision de vendre et a dit regretter la perception créée par cette opération.

On l'a dit, depuis l'annonce du départ de Dominique Leroy en tant que CEO de Proximus, la vente d'un paquet d'actions au début du mois d'août pose question. Dimanche après-midi encore, Stefaan De Clerck, le président du conseil de Proximus a refusé de se prononcer sur ce point, déclarant attendre les résultats de l'enquête de la FSMA.

De quoi parle-t-on? Dominique Leroy s’est délestée de 10.840 actions Proximus  le 1er août dernier, soit un mois avant l’annonce de son départ de Proximus. À ce moment, le titre de l’opérateur se négociait à 26,32 euros. L’opération lui a donc rapporté 285.342,40 euros, selon la FSMA, qui va examiner, comme il est de coutume dans pareille situation, s’il n’est pas question d’un éventuel délit d’initié.

Je n’avais à ce moment-là pas décidé de quitter Proximus. J’étais en effet en discussion sur le renouvellement de mon contrat avec Proximus et en conversation avec diverses parties externes, dont KPN.
Dominique Leroy
CEO de Proximus

A l'annonce du départ de la CEO de Proximus, la FSMA – le gendarme des marchés – avait annoncé l'ouverture d'une enquête. Dans la foulée, Dominique Leroy a publié un communiqué pour justifier la vente de ses actions. "Un CEO d’une entreprise cotée en bourse n’a que peu de périodes dans l’année où il peut traiter ses actions sur le marché", rappelle la future patronne de KPN. "En ce qui me concerne, j’étais en ‘période d’interdiction’ - c’est-à-dire une période pendant laquelle aucune transaction n’est autorisée - depuis le 22 novembre 2018. Cela faisait déjà plusieurs mois que j’avais l’intention de vendre mes actions mais cela m’était interdit. Après la publication des résultats du deuxième trimestre, le 1er août 2019 était la première date à laquelle de nouvelles transactions m’étaient autorisées".

Régulateur notifié le 5 août

Dominique Leroy a donc "donné fin juillet instruction à la banque de vendre des actions Proximus à cette date, ce qui a été effectué, avec, comme il se doit, notification au régulateur le 5 août et publication sur son site le 6 août." La CEO de Proximus assure qu'elle n'avait "à ce moment-là pas décidé de quitter Proximus. J’étais en effet en discussion sur le renouvellement de mon contrat avec Proximus et en conversation avec diverses parties externes, dont KPN."

Dominique Leroy dit aussi comprendre qu'"a posteriori, ce timing puisse créer la perception" qu'elle a "procédé à cette vente juste avant et à cause" de son départ. "Ceci n’est en aucun cas la raison de ma vente d’actions mais peut effectivement être interprété comme tel par le monde extérieur", explique-t-elle. La CEO de l'opérateur historique termine en affirmant qu'elle "regrette que cette perception puisse avoir été créée." "Ceci n’est pas en ligne avec mes valeurs d’intégrité et de transparence qui sont essentielles pour moi."

Sanction administrative

La FSMA, examine donc actuellement l'opération réalisée par Dominique Leroy, comme il est de coutume dans pareille situation. C’est la première transaction communiquée par la CEO de Proximus en au moins trois ans. S’il devait s’avérer qu’il y a eu un délit d’initié, ce qui n’est absolument pas établi à ce stade, Dominique Leroy risquerait une sanction administrative. 

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

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