Dominique Leroy restera bien chez Proximus jusqu'au 1er décembre

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Les syndicats souhaitaient le départ immédiat de Dominique Leroy. Ils n’ont pas été entendus par Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration. En réaction, ils ont demandé la suspension des négociations actuellement en cours sur le plan de restructuration.

Stefaan De Clerck, le président du conseil d’administration de Proximus, et les syndicats sont quittés vers midi ce lundi après un peu plus de deux heures de discussions. Dans la matinée, les syndicats avaient fait part de leur souhait de voir la patronne quitter son poste immédiatement et non à la fin de l’année, comme le prévoit son mandat. Cette demande n’a finalement pas été entendue. "Stefaan De Clerck nous a confirmé qu’il gardait sa confiance en Dominique Leroy et qu’elle restera donc à son poste jusqu’au 1er décembre", confirme Jean-Claude Philippon de la SLFP, le syndicat libéral.

Nous considérons que le cadre de négociations a changé.
Jean-Claude Philippon
délégué syndical SLFP

Suite à cette annonce, les syndicats ont demandé une suspension des négociations actuellement cours, concernant la mise en place du plan "shift to digital". "Avec le départ de Dominique Leroy, nous considérons que le cadre de négociations a changé. Nous souhaitons donc informer notre base de la situation actuelle. Nous espérons aussi certains changements. Nous considérons qu’il s’agit d’une demande justifiée car il s’agit de son plan à elle. Si elle quitte la direction, certains points devraient être revus", glisse encore le syndicaliste.

La rencontre hebdomadaire prévue mardi entre les syndicats et la direction n’aura donc pas a priori pas lieu. "La direction Proximus a attendu notre demande de suspension et reviendra avec nous afin de revoir le calendrier", explique encore Jean-Claude Philippon.

Craintes syndicales 

Le message de la lettre des syndicats était assez clair. "L'annonce par le CEO démissionnaire de poursuivre le plan de transformation de FFP avant son départ, nous fait craindre que ce plan n'ait été proposé que dans le but de laisser Proximus dans la difficulté afin de lancer ensuite une 'attaque télécom' sur la Belgique via KPN", ont lancé les trois syndicats.

La lettre des syndicats

Pour eux, il était donc normal que le conseil coupe "immédiatement" tout contact avec Dominique Leroy, comme cela se ferait avec n'importe quel autre salarié. "Nous nous attendons à ce que le nouveau CEO refasse 'ses devoirs' comme l'ont demandé le Premier ministre Michel et le ministre Peeters depuis le tout début." 

N’importe quel travailleur qui annoncerait son départ chez un autre télécom serait prié de récupérer ses affaires et quitter son bureau dans la foulée.
Laurent Malengreau
délégué syndical CGSP

"Nous éprouvons des difficultés à comprendre que Mme Leroy veuille conclure ce plan alors qu'elle part vers une concurrence potentielle. On parle tout de même de 1.900 emplois supprimés sans qu'elle ne soit là, après, pour l'implémenter. Niveau confiance, c'est limite", a déploré Stéphane Daussaint de la CSC Transcom.

"N’importe quel travailleur qui annoncerait son départ chez un autre télécom serait prié de récupérer ses affaires et quitter son bureau dans la foulée", a expliqué, de son côté, Laurent Malengreau, délégué syndical CGSP. "D’autant plus qu’elle dispose entre ses mains de tous les plans stratégiques du groupe", a-t-il encore lancé.

La lettre des syndicat ne fait, par contre, à aucun moment référence aux soupçons de délit d’initié, suite à la vente, en août dernier, d’actions de Dominique Leroy pour un montant de plus de 285.000 euros. "Pour le moment, il s’agit simplement de soupçons, nous préférons donc laisser les enquêteurs faire leur travail. On se pose néanmoins quelques questions, notamment sur la déontologie. Visiblement, Madame Leroy envisageait déjà à ce moment un possible départ", explique Stéphane Daussaint.   

Notre dossier sur la démission de Dominique Leroy

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