Ericsson poursuit sa mission séduction chez Telenet et Orange

Rémi de Montgolfier, le country manager d'Ericsson, ne serait pas contre un allègement des démarches administratives pour le déploiement de la 5G. ©Wouter Van Vooren

Après avoir remporté une partie du contrat avec Proximus, Ericsson négocie toujours avec les deux autres opérateurs belges. Selon son country manager, la perception du marché a changé.

2020 ne fut pas une année pourrie pour tout le monde. Demandez par exemple aux fournisseurs européens d'infrastructures télécoms. Ils ne le diront pas directement mais les complications rencontrées par Huawei, leader incontesté du marché, ont rendu cette année Covid bien plus facile à vivre. Parmi les gagnants, le suédois Ericsson est l'un des fournisseurs au sourire le plus large.

Au niveau global, l'année 2020 s'est ponctuée avec une augmentation des revenus de 13% à 22 milliards d'euros et une profitabilité également en hausse et qui indique un résultat net de 1,7 milliard d'euros. "Cela s'explique principalement par notre activité 5G", assure Rémi de Montgolfier, le CEO Belux d'Ericsson. "Cela évolue tous les jours mais à l’heure actuelle, on compte dans le monde 120 réseaux ouverts (déjà accessibles par le grand public, NDLR); 79 ont été déployés par Ericsson", avance le patron.

Changement de perception

"Jusqu'il y a peu, la domination des acteurs chinois donnait l’impression au marché qu’il était impossible de se passer d’eux."
Rémi de Montgolfier
General Manager Ericsson Belux

Pour rappel, Huawei et plusieurs autres acteurs chinois ne sont plus les bienvenus dans un paquet de pays, dont la Belgique. C'est donc un sérieux concurrent de moins. Difficile de nier l'évidence mais selon le patron, elle n'explique certainement pas tout. "Ce n'est d'ailleurs pas une bonne nouvelle. D'un point de vue global, cela peut avoir des avantages dans certaines parties du monde mais c'est aussi un désavantage ailleurs", souligne le responsable, qui préfère un marché le plus ouvert possible. Selon lui, si Ericsson est parvenu à revenir sur le devant de la scène, c'est surtout grâce aux efforts opérés en interne. "Depuis quelques années, nous avons beaucoup réinvesti dans la R&D. C’est le focus principal de notre nouveau CEO global." "Le groupe s’est restructuré et s’est recentré sur le déploiement de réseau", lance le patron. L’investissement a atteint les 4 milliards d'euros et 5.000 ingénieurs ont rejoint l'entreprise. "La différence s’est faite aussi avec le changement de mentalité. Jusqu'il y a peu, la domination des acteurs chinois donnait l’impression au marché qu’il était impossible de se passer d’eux."

Parmi les contrats signés, il y a celui avec Proximus. En partenariat avec Nokia, Ericsson se chargera du déploiement 5G de l'opérateur mauve. Le suédois sera en charge du cœur du réseau, la partie la moins visible mais la plus sensible. La collaboration belge pourrait ne pas être la seule. Telenet n’a pas encore communiqué sur son futur partenaire tandis qu’Orange doit encore faire connaître le nom du fournisseur qui se chargera de son cœur de réseau. "Je ne peux pas en dire plus mais les négociations sont en cours et avancent bien", assure Rémi de Montgolfier. En attendant de nouvelles possibles signatures, le travail de préparation a déjà débuté avec Proximus, indique-t-il.

Aller plus vite

"Si on garde cet agenda, nous serons l’un des derniers pays d’Europe à déployer la 5G."
Rémi de Montgolfier
General Manager Ericsson Belux

D'ici quelques mois, les choses devraient s'accélérer avec le lancement des enchères, qui pourrait avoir lieu fin 2021. Le dossier repris en main par la nouvelle ministre, Petra De Sutter, a enfin redémarré. "La ministre a posé des jalons qui vont dans le bon sens. Tout ce qui est mis en place pour accélérer le déploiement est positif", assure le responsable à l'enthousiasme nuancé. "Mais on peut sans doute faire encore mieux. Si on garde cet agenda, nous serons l’un des derniers pays d’Europe. Le message envoyé aux grandes entreprises n’est pas le meilleur. On pourrait aller plus vite en revoyant les lourdeurs administratives et une série de problématiques qui seront des freins. C'est notamment le cas pour les normes d'émission à Bruxelles", lance le responsable.

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