Identifier les cartes prépayées, un défi hors-norme pour les opérateurs

©Bloomberg

Les opérateurs ont jusqu'au 7 juin pour identifier les cartes prépayées en circulation en Belgique. Après un démarrage en fanfare, le processus d'identification connaît un sérieux ralentissement, qui augmente nettement la pression sur Proximus, Orange et Base.

Il reste moins de 100 jours aux opérateurs belges pour réussir un tour de force: identifier toutes les cartes prépayées actuellement en circulation. Un chantier d’envergure, imposé par un arrêté royal pris dans la foulée des attentats de Paris à la fin 2015 mais entrée en vigueur à la fin de l’année dernière. Depuis, plus aucune nouvelle carte prépayée ne peut être activée sans que son propriétaire ne soit formellement identifié, que ce soit via un document d’identité ou par le biais d’une transaction bancaire. À noter que certains ratés, notamment chez Lycamobile, ont déjà été dénoncés mais, dans l’ensemble, ce volet-là fonctionne pas mal.

La pression monte

Ce qui est nettement plus compliqué pour les opérateurs, par contre, c’est de parvenir à identifier les cartes déjà en circulation. Sur les 3,4 millions de cartes concernées, un peu plus d’un million ne posent plus problème. Mais la bonne dynamique démarrée en décembre s’essouffle très nettement depuis quelques semaines, et les opérateurs mettent le paquet pour joindre les clients restants.

"A l’heure actuelle, nous avons identifié deux clients sur trois."
Coralie Miserque
Porte-parole de Base

Du côté de Base (groupe Telenet), on est ainsi passé de l’envoi d’un SMS de rappel par mois, à un SMS par semaine. "Et nous prévoyons de l’intensifier encore lorsque nous nous rapprocherons de l’échéance du 7 juin, à un SMS par jour", explique Coralie Miserque, porte-parole du groupe. A l’heure actuelle, "nous avons identifié deux clients sur trois, il nous en reste 235.000 sur les 680.000 de départ".

Aller directement au contact des clients

Outre les SMS, le groupe est allé à la rencontre des clients en installant des points d’enregistrement un peu partout en Belgique. "Cette initiative qui devait se terminer fin mars sera, vu son succès, prolongée jusqu’en juin à certains endroits comme le marché du midi à Saint-Gilles tous les dimanches."

Du côté de Proximus et Orange, la logique est la même, l’effort toujours plus soutenu, même si les deux opérateurs refusent de donner des chiffres précis sur le nombre de cartes restant à identifier.

"Une partie des clients a déjà reçu un ou plusieurs rappels, nous procédons en vagues pour contacter les clients et leur envoyer des rappels. Ceci continuera jusque fin mai dans le but de maximaliser le taux de cartes identifiées", explique Haroun Fenaux, porte-parole de Proximus.

Une démarche qui passe en outre par tous les canaux de contact envisageables: réseaux sociaux, email, plateforme web de services,... Et le groupe entend lui aussi aller sur le terrain lors d’une journée client au mois d’avril. À noter que, si les enregistrements se font majoritairement dans les boutiques pour Base, Proximus semble obtenir plus de succès avec ses méthodes d’identification en ligne.

Reste que les opérateurs partagent tous le même sentiment: au rythme actuel, il sera probablement difficile d’identifier toutes les cartes en circulation d’ici la deadline du 7 juin. Or, une fois cette date dépassée, les cartes non-encore identifiées devront nécessairement être désactivées.

Le problème oublié des objets connectés

"De nombreux clients ne sont pas conscients du fait que certains de leurs objets connectés fonctionnent en utilisant des cartes prépayées."
Jean-Pascal Bouillon
porte-parole d’Orange Belgique

"Et pour les clients concernés, le problème ne se posera pas qu’au niveau de leur téléphone", explique Jean-Pascal Bouillon, porte-parole d’Orange Belgique, "de nombreux clients ne sont pas conscients du fait que certains de leurs objets connectés fonctionnent en utilisant des cartes prépayées". Un problème mis en avant par tous les opérateurs, qui citent notamment le cas de tondeuses, de systèmes de domotique, mais également de systèmes de sécurité dont le fonctionnement pourrait être mis à mal.

Pas question, par contre, d’envisager un report de la deadline, entend-on en coulisses. Les opérateurs envisageraient par contre de plus en plus sérieusement d’unir leurs forces pour une grande campagne de sensibilisation. Une campagne à laquelle pourrait en outre être associé le cabinet d’Alexander De Croo, en charge des télécoms et qui suit de près l’évolution de ce dossier.

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