L'arrivée d'un 4e opérateur "aurait inévitablement un impact sur l'emploi", selon Proximus

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Après la mise en garde d'Agoria, c'est au tour de Proximus de sortir du bois à la suite des propos du ministre des Télécoms, Alexander De Croo et de son intention d'ouvrir le secteur des télécoms belges à un 4e acteur. Une opération qui d'après l'opérateur historique "entraînerait un ralentissement des investissements" et mettrait l'emploi sous pression "chez Proximus et chez ses partenaires externes".

L'idée d'un quatrième opérateur télécom en Belgique n'est pas vue par tous comme la meilleure idée du vice-Premier Alexander De Croo. "Cela va mener à une réduction de la qualité des services et un ralentissement des investissements. Personne n'y gagnera et pour les entreprises du secteur, c'est une catastrophe." Marc Lambotte, CEO d'Agoria n'y va pas par quatre chemins. Même son de cloche du côté d'Orange.

Le groupe Proximus y est aussi allé de son communiqué. L'opérateur craint que l'arrivée d'un quatrième larron se traduise par "un effet de distorsion" sur le marché belge. Proximus explique que la conséquence d'une telle manœuvre "entraînerait un ralentissement des investissements en infrastructure et en innovation"; ce qui "aurait inévitablement un impact sur l'emploi, chez Proximus et chez ses partenaires externes."   

Alexander De Croo a indiqué vouloir ouvrir le marché belge à un quatrième opérateur. "Ce n'est pas un ballon d'essai," lance-t-il. "Nous travaillons sur ce dossier depuis deux ans. Le régulateur belge, l'IBPT, me dit qu'il y a un certain intérêt."

Les arguments de De Croo? Davantage de concurrence, c'est la voie ouverte à la réduction des tarifs sur les données mobiles et donc sur une utilisation accrue de celles-ci.

"Les plans du ministre vont mener à une insécurité pour l'avenir des télécoms en Belgique", poursuit le patron de la fédération des entreprises technologiques. "Les expériences du passé nous montrent que nous avons raison de nous inquiéter. Il y a 5 ans aux Pays-Bas, Tele2 avait été maintenu tant bien que mal comme quatrième opérateur. En décembre 2017, on annonçait sa fusion avec T-Mobile. En 2011, Telenet recevait une partie des licences 3G; licence qu'il a rendue en 2014. À l'époque, Telenet était aussi le 4e opérateur à côté de Belgacom, Mobistar et Base. Les chances de voir ce scénario se répéter sont grandes. Conséquences: des fréquences resteront sous-utilisées des années durant." 

Orange considère pour sa part que le marché belge est déjà suffisamment concurrentiel avec ses trois "grosses" marques (Proximus, Orange et Telenet/Base) et ses opérateurs virtuels (MVNO), comme Mobile Vikings ou LycaMobile.

Certes De Croo affirme qu'il n'a aucune certitude de voir son souhait se réaliser. Dans une interview au "Monde", le patron de l'Arcep, pendant français de l'IBPT, semble lui vouloir avancer dans le sens inverse. Il affirmait récemment qu'une évolution vers moins d'acteurs était une suite logique. "J'accueillerai avec bienveillance un projet de consolidation", explique Sébastien Soriano, soulignant être pour un retour à trois opérateurs.

À l'annonce de la volonté d'Alexander De Croo, les actions des trois opérateurs sont parties en forte baisse.

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