La Finlande inaugure la première offre de 5G commerciale en Europe. Et maintenant?

©© Dan Jurak

L’opérateur télécoms Elisa a ouvert le bal mondial avec un appel vidéo en 5G entre la ministre finlandaise des communications et son homologue estonienne. Dans la foulée, il lance deux abonnements pour les clients résidentiels et business, même si les appareils compatibles se font eux attendre, de même qu’un cadre légal.

Après les tests grandeur nature en extérieur menés aux quatre coins du globe ces derniers mois par les opérateurs et équipementiers, place à la commercialisation désormais pour l’internet mobile ultra-rapide. Et le premier acteur en Europe à se lancer dans cet effort n’est autre qu’Elisa.

L’opérateur finlandais a dévoilé en milieu de semaine ce qu’il dit être la première véritable utilisation commerciale d’un réseau 5G ainsi que l’arrivée d’abonnements spécifiques à cette technologie.

Pour cette primeur, l’entreprise a voulu adresser un signal fort. Elle a donc réfléchi au symbole et a finalement opté pour un appel vidéo entre Anne Berner, ministre finlandaise des Transports et des Communications, et son homologue Kadri Simson, ministre estonienne des Affaires économiques et des Infrastructures. Un beau pied de nez quand on sait que Skype, le service d’appels téléphoniques et en vidéo par internet, est né… en Estonie.

Accessible à tous, mais…

Or, cette fois, c’est la Finlande qui tient la première place du podium, elle qui a d’ailleurs vu naître Nokia sur ses terres, l’ancien numéro un mondial de la téléphonie mobile désormais recentré sur ses activités réseaux, mais aussi une équipe de chercheurs à qui l’on doit l’invention du SMS dans le courant des années 1980, ainsi que l’opérateur Radiolinja qui a vu le premier appel GSM être effectué sur son réseau au début des années 1990. Voici donc ici une nouvelle innovation de taille pour le pays. Teintée de XXIe siècle cette fois.

Concrètement, les offres 5G en question sont "accessibles à tous", nous indique Eetu Prieur, directeur des technologies mobiles chez Elisa. Entreprises ou clients résidentiels. Avec des vitesses de surf de 600 Mbps (contre un peu plus de 40 Mbps en 4G en Belgique) en l’état, pouvant monter facilement jusqu’à 2 Gbps, d’après les tests.

Pour en profiter, il suffit de se tourner vers les deux abonnements offerts par l’entreprise: la voix et la data en illimité pour 49,90 euros par mois, ou alors juste la data en illimité pour 44,90 euros mensuels.

Où en est-on en Belgique?

Pour l’heure, seuls des tests ont été effectués dans le pays. Dernier exemple marquant en date, un essai conjoint entre Proximus et Huawei près de Louvain qui a permis d’atteindre des vitesses de transfert de 2,94 Gbps en extérieur (contre 70 Gbps en laboratoire lors d’un test au siège de Proximus en novembre 2016). Dès lors, qu’attend-on pour une commercialisation si les résultats sont concluants?

Divers éléments bloquent un déploiement grand public. D’un côté, le calendrier. Il faudra attendre 2019 pour que le régulateur des télécoms rebatte les cartes en attribuant les nouvelles fréquences destinées à la 5G dans le pays.

De l’autre, se pose la question des normes d’émission, jugées trop strictes (chiffres à l’appui) par l’industrie à Bruxelles notamment, ce qui a forcé Proximus à se tourner vers la Flandre par exemple pour ses tests. Sur ce point, Beltug est sortie du bois en milieu de semaine. Pour l’association des décideurs de l’ICT, "l’incertitude sur les normes d’émission bruxelloises est source de pertes économiques" pour le pays.

Un Huawei grand public fin 2019

Enfin, pas tout à fait… Et c’est là qu’est le vrai hic. Pour accéder à la 5G, encore faut-il disposer d’un appareil compatible. Pour rendre possible ce premier appel, mis à part l’aspect réseau, l’opérateur finlandais a dû se tourner vers un tiers, en l’occurrence Huawei, afin de bénéficier du premier appareil commercial capable d’effectuer un tel appel. Une nécessité en l’attente de l’arrivée sur le marché de plus de solutions prêtes pour l’ère de l’internet mobile ultra-rapide. À titre d’exemple, le géant chinois ne prévoit un appareil grand public que pour la fin 2019 seulement.

Dans cette optique du "oui, mais pas encore tout à fait", force est de constater qu’Elisa bénéficie pour ce développement d’un prêt de licences de la part des autorités du pays, dans l’attente des résultats d’enchères similaires à celles qui prévues l’an prochain en Belgique et dont l’objectif sera de définir qui pourra utiliser quelles parties du spectre mis à disposition des acteurs du marché pour proposer la 5G. Une question qui se pose dans la quasi-totalité des pays européens, en l’attente du feu vert des responsables locaux.

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