"Le gouvernement a laissé tomber les travailleurs de Proximus"

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Tout juste un an après l’annonce du plan de restructuration chez Proximus, les parlementaires recevaient ce mercredi matin les représentants syndicaux de l’opérateur. S’ils ont accepté l’invitation, ces derniers digèrent mal la position de l’actionnaire public dans le dossier.

C’est un premier anniversaire dont les syndicats se seraient bien passés. Il y a exactement un an, le plan de restructuration en préparation par la direction de Proximus fuitait dans la presse, deux jours avant l’annonce officielle en commission paritaire. Après une vive opposition, la direction a finalement obtenu l’accord de deux syndicats sur trois pour lancer son "shift to digital". Il est donc officiellement sur les rails.

Les contours de la restructuration sont connus, environ 1.300 emplois seront supprimés pour à peu près autant d’embauches. La volonté est de réaliser 240 millions d’euros d’économies. Le nombre de départs volontaires qui n’est pas encore connu influencera la casse sociale finale.  Les travailleurs ont jusqu’au 17 janvier pour exprimer leur position. Les lignes sont donc visiblement fixées. Les syndicats étaient néanmoins invités à venir s’exprimer sur la question. Les trois groupes ont répondu présents à la demande même si le ton était amer.

"Votre invitation arrive tard, très tard. Je m’interroge sur ce que nous faisons ici quand tout est fait et que toutes les décisions ont été prises"
Stéphane Daussaint
Délégué syndical CSC

"Je vous remercie pour l’invitation", lançait Stéphane Daussaint, du syndicat chrétien. "Mais votre invitation arrive tard, très tard. Je m’interroge sur ce que nous faisons ici quand tout est fait et que toutes les décisions ont été prises". Bien que la CSC ait finalement accepté la mise en place du plan, il passe visiblement toujours très mal. "Nous sommes convaincus de l’intérêt d’un plan de transformation. Mais avec l’annonce d’un possible passage en force du conseil d’administration, nous avons dû choisir entre la peste et le choléra. À l’annonce du plan, le gouvernement avait annoncé qu’il nous soutiendrait. Nous l’attendons toujours".

 

"Nous n'y croyons plus"

Le syndicat libéral fut le premier à voter pour la mise en place du plan de restructuration. Jean-Claude Philippon, le président du SLFP était néanmoins lui aussi critique par rapport aux parlementaires. "À l’annonce du plan, nous étions inquiets, mais nous avions gardé un espoir lorsque le gouvernement a déclaré qu’il préférait l’emploi aux dividendes. Notre espoir a tenu jusqu’à l’assemblée générale d’avril. 98% des actionnaires ont voté pour le plan. Le gouvernement a donc soutenu un plan qui prévoyait des licenciements secs. Depuis, nous n’y croyons plus. Le gouvernement a laissé tomber les travailleurs de Proximus", expliquait le syndicaliste libéral.

Également invité à s’exprimer, le syndicat socialiste CGSP est le seul à avoir toujours refusé la mise en place du plan. Si ses moyens sont désormais limités, ce dernier ne souhaite toutefois pas renoncer. "Comme nous en avons eu la possibilité, nous avons déposé un protocole d’opposition au plan, dans les cinq jours qui ont suivi l’annonce mi-décembre", expliquait Bart Neyens, le responsable de l’aile flamande du syndicat qui avance plusieurs arguments pour dénoncer le plan, dont un traitement différent accordé aux employés qu’ils soient statutaires ou non et récemment arrivés chez Proximus. Une rencontre est prévue avec la direction la semaine prochaine.

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