Le nouveau CEO de Proximus adoubé par les analystes mais...

Guillaume Boutin, le nouveau CEO de Proximus. ©BELGA

Si trois analystes financiers ont accueilli positivement l'annonce du nouveau CEO de Proximus, ils n'en restent pas moins négatifs sur la valeur avec des recommandations à "réduire" ou à "vendre".

Proximus navigue depuis des mois en eaux agitées. Pression concurrentielle intense, plan de transformation finalement rejeté par deux syndicats sur trois et un capitaine qui a quitté le navire pour être ensuite torpillé avant d'atteindre le rivage.

Hier, le conseil d’administration de l’opérateur a pris ses responsabilités. Il a décidé de passer outre le refus syndical et a désigné un nouveau CEO qui devra manœuvrer habilement pour éviter les voies d’eau et retrouver une mer plus clémente.

Cette tâche est revenue au Français Guillaume Boutin qui connaît un peu la maison puisqu’il y était en charge de la division consommateurs depuis deux ans.

"Il est jeune, créatif, dynamique, avec des compétences de manager et une vraie vision technologique pour l’entreprise" a assuré, le président du CA, Stefaan De Clerck comme tout bon vendeur.

Lanterne rouge

Si ce matin, l’action Proximus était la lanterne rouge du Bel 20 avec un repli de 2% à 27,2 euros, les analystes se montrent positifs sur la nomination du remplaçant de Dominique Leroy mais ne conseillent pas un achat du titre pour autant. On est même loin du compte.

"Nous saluons la désignation du nouveau CEO au regard de son background dans les télécoms et les médias" souligne Ruben Devos de KBC Securities ("Réduire"; 22 euros). Il pointe le fait que le parcours de Guillaume Boutin est comparable à celui de Dominique Leroy qui est devenue CEO après avoir dirigé le département consommateurs du groupe.

Nous saluons la désignation du nouveau CEO au regard de son background dans les télécoms et les médias.
Ruben Devos
Analyste chez KBC Securities

Pour l’analyste, une bonne stratégie consommateurs et le positionnement sur le marché seront primordiaux dans la mesure où il voit des risques de pertes de parts de marché dues à l’intensification de la concurrence. Dans ce contexte, la mise en place du plan de transformation est importante et nécessaire, affirme-t-il.

"Le nouveau CEO devra aussi prendre des décisions importantes en ce qui concerne le déploiement de la fibre optique" estime-t-il encore. "Proximus pourrait accélérer ce dernier engendrant une hausse considérable des investissements."

Nombreux défis

Pour Stefaan Genoe de Degroof Petercam ("Réduire", 25 euros) le nouveau CEO sera confronté a de nombreux défis dont le premier sera la finalisation du plan de transformation. "Il devra également équilibrer la résilience de l’Ebitda avec des investissements dans la fibre et la 5G dans le but de maintenir une politique de dividende attrayante pour l’actionnaire majoritaire (l’Etat belge, Ndlr)."

Il note également que la croissance du chiffre d’affaires sera très ardue dans les prochaines années et que les coûts de gestion seront donc essentiels.

Un CA courageux

Chez ING, David Vagman ("Vendre" ; 20 euros) juge que le conseil d’administration a agi de façon courageuse démontrant son indépendance politique en approuvant le plan de transformation sans l’accord des syndicats, une première, et en désignant un non-Belge comme CEO.

Plus globalement, sur l'ensemble des analystes qui couvrent la valeur, un seul conseille son achat. Une douzaine d'entre eux recommandent plutôt de la conserver et onze de rester à l'écart. L'objectif de cours moyen s'élève à 23,6 euros.


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