Les millennials dans le viseur de Proximus

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L’opérateur télécoms veut séduire les 18-35 ans en proposant l’illimité sur les réseaux sociaux et le streaming musical.

"Environ 25% de la population belge ont entre 18 et 35 ans. Plus de 95% d’entre eux possèdent un smartphone. Ils sont 4 sur 5 à surfer tous les jours sur les réseaux sociaux avec leur mobile et plus de la moitié d’entre eux écoutent de la musique en streaming", explique Michel Simonart, responsable marketing du projet "Epic".

Comprenez donc qu’en termes de plan tarifaire, les besoins des millennials sont bien plus importants que la moyenne. Raison pour laquelle ils constituent un cible privilégiée, ce que les opérateurs mobiles virtuels comme Mobile Viking ou Jim Mobile ont déjà bien compris depuis un certain temps. "Les MVNO (opérateur mobile virtuel) sont très attractifs. Base s’est renouvelé récemment avec "Based on you". Il nous fallait une offre qui colle aux usages de cette tranche d’âge et qui ne se résume pas à un certain nombre de "datas", ajoute Michel Simonart.

Baptisée "Epic", l’offre élaborée pour les "millennials" se décline en deux versions, qui ont pour point commun d’offrir 60 minutes d’appel, les SMS illimités et 3GB de data supplémentaire (pour les mails et le web browsing, par exemple…) Là où les choses diffèrent – outre le prix -, c’est quant au nombre d’applications que l’utilisateur peut utiliser de manière illimitée.

Data Centric

"On vise une catégorie de personnes qui a une vraie appétence pour la disruptivité et l’expérience des réseaux sociaux. On note que moins de 30% des 18-35 ans utilisent la voix pour communiquer."
Guillaume Boutin
Responsable pour le marché résidentiel - Proximus

"Epic Stories" revient à 19,99 euros par mois. L’utilisation de Facebook, Facebook Messenger, Instagram, Pinterest, Snapchat, Twitter et What’s App est illimitée. Sa grande sœur, "Epic Beats", s’adresse aux mélomanes. Elle s’affiche à 24,99 euros par mois et comprend en plus des réseaux sociaux les plus populaires, l’utilisation illimitée d’Apple Music, Deezer, Google Play Music, SoundCloud et Spotify. La grande absente, c’est Netflix. "Actuellement, l’usage de la vidéo sur mobile n’est pas encore très développé même si on constate une vraie tendance en ce sens", justifie Michel Simonart. Selon nous, les gigantesques volumes de téléchargement que pourraient provoquer un accès illimité à Netflix ont certainement dû jouer, aussi, un rôle dans ce choix stratégique.

On aura vite saisi que l’offre est particulièrement "data centric". "On vise une catégorie de personnes qui a une vraie appétence pour la disruptivité et l’expérience des réseaux sociaux. On note que moins de 30% des 18-35 ans utilisent la voix pour communiquer", ajoute Guillaume Boutin, responsable pour le marché résidentiel chez Proximus pour expliquer la faible place accordée aux appels téléphoniques. L’opérateur estime, par ailleurs, que les 3GB supplémentaires sont amplement suffisants pour une autre consommation de datas mobiles.

Guerre des offres

Pour se démarquer sur le marché des télécoms, chaque opérateur y va désormais de sa petite recette. Orange avait ouvert le bal dès 2017 en annonçant le doublement du volume de ses données mobiles. Et Base n’avait pas tardé à répliquer en proposant une formule tarifaire qui s’adapte aux besoins de ses utilisateurs, avec ce petit plus plutôt appréciable : les montants non utilisés sont reportés au mois suivant et consommés en premier. Sans compter qu’en cas de dépassement de forfait, les minutes d’appel ou le volume des données ne sont plus facturés.

De son côté, Proximus privilégie visiblement une formule qu’il a déjà éprouvée : la pratique du zéro-rating qui consiste à "offrir" à ces clients l’utilisation illimitée de certaines applications en ne soustrayant pas leur consommation du pack de données mobile inclus. Elle n’est pas interdite en Belgique, même si dans certains cas, elle pourrait mettre à mal le principe de la neutralité du web qui interdit de privilégier un service plutôt qu’un autre. "Cela fait trois ans que Proximus propose ce type d’offres et nous travaillons de concert avec l’IBPT", rappelle Simonart.

Le gendarme des télécoms s’est déjà prononcé sur cette question l’année dernière après une enquête menée à la demande du ministre des télécommunications, Alexander De Croo. Il avait conclu que Proximus n’enfreignait pas le principe de la neutralité du web.

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