Les négociations exclusives entamées pour revendre VOO pourraient capoter

©BELGA

Une due diligence existe entre Nethys et le fonds américain Providence pour 50% plus une action du pôle télécom-média. À Liège on craint que le deal, lié au rachat de Brutélé, capote.

Liège est une nouvelle fois en ébullition. Selon des informations divulguées par Le Soir vendredi en fin de journée, Nethys aurait déjà acté la vente de VOO au bénéfice du fonds d’investissement américain Providence Equity Partners LCC, notamment propriétaire de ArcadeMedia, Kabel Deutschland ou Warner Music Group. Cet accord prévoirait la cession de 50% plus une action des activités télécoms et télédistribution (Be TV) détenues par le groupe liégeois et logées dans VOO SA.

100 millions
Une vente séparée de Brutélé et des activités câbles de Nethys pourrait coûter 100 millions aux communes actionnaires.

D’après les informations que nous avons pu recouper, des discussions exclusives – sous la forme d’une diligence officiellement en cours depuis le 24 mai dernier – ont bien lieu entre Nethys et les Américains. La vente de la majorité de VOO SA est, cependant, actuellement conditionnée au rachat, par Nethys, de son partenaire dans l’aventure de l’internet haut débit et de la télévision numérique, Brutélé. Fin août, Nethys a informellement reçu le feu vert des 27 communes actionnaires de Brutélé en vue de reprendre le réseau de son partenaire et le morceau qui lui manque aujourd’hui de l’activité commerciale de VOO.

On parle d’un montant dépassant 250 millions d’euros. Pour que ce premier "deal" soit finalisé et que le capital de VOO SA détenu par Nethys soit ouvert à un groupe privé, cet accord doit cependant encore être avalisé lors des conseils communaux qui se tiendront dans les 27 communes actionnaires de Brutélé.

Bouchées doubles

Le conseil d’administration de Nethys, piloté par Pierre Meyers, met actuellement les bouchées doubles pour boucler l’opération longue et complexe entamée il y a quatre mois. Les fuites orchestrées font désormais craindre le pire aux Liégeois.

L’offre liante, négociée entre Nethys et Providence, permettrait potentiellement aux Américains – au terme de la période de due diligence en cours (le 24 octobre, soit 5 mois après l’ouverture de la data room) – de racheter les actifs liégeois sans la pièce rapportée Brutélé. Le hic, de taille: sans Brutélé, la dévalorisation de l’ensemble des activités (Nethys+Brutélé) pourrait atteindre quelque 100 millions d’euros puisqu’un acheteur potentiel prendrait le risque de n’en obtenir qu’une partie et de ne pas pouvoir tirer usage des synergies.

100 millions, un pactole pour les communes actionnaires de Nethys comme de Brutélé. Dans nos pages ce vendredi, Muriel Targnion, la présidente de l’intercommunale Enodia, qui chapeaute toujours actuellement VOO via Nethys, insistait pour qu’on laisse travailler sereinement les industriels et administrateurs de Nethys afin de "rencontrer la meilleure offre pour l’emploi et l’ancrage liégeois; pour les finances des communes concernées aussi, qui resteront actionnaires à 49%".

À Liège, on rappelle qu’encore tout récemment plusieurs actifs d’Ogeo Fund liés à Land Invest Group, promis en due diligence à un acheteur privilégié, ont finalement été vendus à un autre acquéreur final. On y craignait, hier soir, un vendredi 13 de funeste mémoire.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect