Les conseillers fiscaux de Didier Bellens payés par Belgacom

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PWC remplit les déclarations fiscales du CEO de Belgacom et de cadres expatriés sur le compte de la société de télécom.

Alors que le nouveau président du Conseil d’administration de Belgacom, Stefaan De Clerck (CD&V), est attendu ce mercredi par les députés en commission de l’infrastructure de la Chambre pour les éclairer au sujet des péripéties immobilières entre l’entreprise publique autonome et Immobel pour le rachat d’un bâtiment bruxellois, de nouvelles questions d'éthique apparaissent pour l’opérateur télécom détenu à hauteur de 53,5% par l’État belge. 

Le CEO de Belgacom ne remplit pas sa déclaration fiscale liée à l’IPP personnellement: ce n’est pas non plus un comptable "privé" classique qui s’en charge, c’est la firme PriceWaterhouseCoopers (PWC) qui effectue ce travail. Et la facture pour ces services à caractère privé atterrit chez Belgacom. Selon des documents dont L’Echo a obtenu copie, PWC a facturé en 2009 la somme de 1.268 euros pour "des travaux visant à la préparation de la déclaration fiscale (IPP) de Didier Bellens pour les revenus de l’année 2007". En 2007 le patron de l’entreprise publique a touché quelque 2,7 millions d’euros.

Aide aux expatriés

Le montant total de la facture adressée par la firme américaine à l’entreprise publique en 2009 atteint 16.727 euros.

La facture de la firme de consultants comprend également divers services d’aide aux cadres expatriés comme "une aide pour remplir les documents relatifs à la déclaration d’intégrité afin que Ray Stewart, CFO, puisse s’établir en tant qu’indépendant, notamment divers contacts avec l’inspection sociale".

PWC facture encore 2.600 euros pour des conseils fiscaux à Scott Alcott, notamment une "aide à la division de son bonus pour l’année 2009". L’Américain Scott Alcott est resté jusqu’en 2012 patron de la division "Consumer Business Unit" de Belgacom.

C’est la règle chez Belgacom, explique-t-on chez l’opérateur. "Les cadres expatriés et les managers ayant une situation fiscale complexe et/ou particulière disposent d’une assistance de la part de Belgacom, c’est un service que nous rendons à nos managers", souligne le porte-parole de Belgacom, Haroun Fenaux. Selon lui, la pratique "n’a rien de particulier et est commune dans de nombreuses entreprises: ceux qui n’ont pas un contrat classique se voient proposer une aide de Belgacom".

 Une pratique  pas de mise ailleurs

La pratique n’est en tout cas pas de mise dans les autres entreprises publiques autonomes comme la SNCB ou Infrabel. "Nous payons évidemment chacun notre comptable", détaille une source bien informée aux chemins de fer. Elle est en revanche plus régulière parmi les CEO et les topmanagers expatriés.

Lundi, le ministre de tutelle Jean-Pascal Labille (PS) n’a pas souhaité commenter ce recours à l’assistance fiscale "gratuite" de la part du CEO de Belgacom. 

 

 

 

 

 

 

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