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No happy ending

La vente de VOO aux Américains est suspendue.

Si un détective de Netflix avait fait un détour par Liège, il y a fort à parier que Reed Hastings tiendrait déjà son prochain blockbuster: Nethys. Casting de choc, gros fric et rebondissements à gogo. De quoi vous tenir en haleine 5 saisons sans un problème.

Le dernier coup de théâtre de la saga est intervenu avec la suspension de la vente de VOO aux Américains de Providence. Personne, une nouvelle fois, ne l’avait encore vu venir.

On peut se dire "youpie": les méchants (Moreau & Cie) sont partis sans leur argent. On peut crier au génie: les Yankees n’emporteront pas le bijou de la couronne liégeoise au paradis (VOO, pour ceux qui suivent). Les sauveurs de Nethys (sa nouvelle direction) vont pouvoir négocier un meilleur prix pour leur filiale avec Orange ou Telenet, en embuscade. Les communes liégeoises, actionnaires de Nethys et VOO, vivront riches et heureuses grâce au jackpot qu’elles pourront toucher.

N’écrivons pas trop vite la fin d’histoire. Ce que de trop nombreux observateurs oublient, c’est que le scénario est pourri pour les 3.000 salariés de VOO depuis le départ. Et il le reste.

Ce que de trop nombreux observateurs oublient, c’est que le scénario est pourri pour les 3.000 salariés de Voo depuis le départ. Et il le reste.

On compare souvent les séries. Hé bien, l’avenir d’un opérateur télécom en 2020, c’est comme dans le sitcom de la politique belge en temps de relance: chaque jour qui passe, c’est un siècle qui se perd.

VOO a été vendu à Providence le 24 mai 2019. Certes, cette vente est entachée de sérieux doutes sur sa légalité. Mais ses nouveaux dirigeants, nommés pour solder l’ère Moreau s’y sont – eux aussi – accrochés. Voilà donc VOO en "affaires courantes" depuis un an.

Sans vision. Sans un plan stratégique à long terme. Sans un euro investi dans son futur (ses réseaux) depuis lors. Sans savoir comment et avec qui – des Américains, des Français ou des Flamands? – ses équipes vont partir à la guerre contre Proximus sur la 5G et l’internet à très haut débit. Proximus, dont le nouveau patron Guillaume Boutin vient d’annoncer, à titre d’exemple, vouloir investir 1,3 milliard par an sur 5 ans pour prendre de l’avance.

Nethys, saison finale? Il n’y sera plus uniquement question de savoir si Stéphane Moreau est parti avec la caisse ou non. Il y sera surtout question de découvrir quel avenir industriel a-t-on finalement écrit pour ce qui devait être le plus beau fleuron "wallon" du XXIe siècle. S’il est encore tenable. Si ce n’est pas le cas, qui paiera sur ce coup-là?  

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