Orange prêt à se séparer d'une partie de ses pylônes

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L'opérateur français présent en Belgique va créer des entités séparées, dont il gardera le contrôle, qui gèreront ses tours de réseau mobile. L'opération concernera la plupart des pays européens où il est présent.

Orange a annoncé mercredi la création de sociétés d'infrastructures spécialement dédiées à la gestion de ses tours et antennes de réseau mobile. L'opérateur français, qui imite des concurrents comme Bouygues ­Telecom, Altice, l'espagnol Telefónica ou le géant britannique Vodafone, pose ainsi les bases d'une cession partielle partout où il est présent en Europe afin de consolider sa valeur.

Orange, qui détient en propre quelque 40.000 tours de son réseau mobile en Europe, va créer dans la plupart de ces pays européens des "TowerCos", c'est-à-dire des entités dédiées à la gestion de ces pylônes. Les premiers travaux commenceront dès 2020 en France et en Espagne. 

L'opérateur français gardera le contrôle de ces entités dans tous les pays européens où elles seront créées. À terme sera envisagé le regroupement de tout ou partie de ces "TowerCos" locales dans une "TowerCo" européenne, dont Orange garderait le contrôle majoritaire.

"Aujourd'hui nous estimons que la valeur de l'ensemble de nos réseaux n'est pas reflétée dans nos cours de Bourse", a expliqué Stéphane Richard, le PDG d'Orange, lors d'une conférence téléphonique.

Selon des analystes, les "tours" de téléphonie mobile d'Orange pourraient valoir autour de 10 milliards d'euros. Citi estime même que leur valeur pourrait atteindre 13 milliards d'euros, soit vingt fois le résultat opérationnel qu'elles assurent aujourd'hui.

Engranger des liquidités

Cette vague de cessions de réseaux mobiles a pour toile de fond une flambée des valorisations des infrastructures télécoms. Celles-ci suscitent l'appétit de groupes comme l'américain KKR et l'espagnol Cellnex, prêts à payer des sommes plus élevées que les coûts de construction. Orange a du reste déjà décidé de céder 1.500 sites non stratégiques en Espagne à Cellnex pour 260 millions d'euros.

Les opérateurs voient avant tout dans la vente ou la co-exploitation de leurs tours un moyen commode d'engranger des liquidités dans une période de gros investissements dans la fibre optique et la 5G. En Belgique, on se rappellera d'ailleurs qu'Orange Belgium et Proximus ont signé fin novembre un accord de partage de leur réseau d'accès mobile. Cette opération devrait notamment permettre un déploiement plus rapide de la 5G dans le pays.

L'annonce d'Orange s'inscrit dans le cadre d'un nouveau plan stratégique à cinq ans, "Engage2025", qui affiche notamment parmi ses objectifs financiers une croissance annuelle de son excédent brut d'exploitation hors contrats de location (Ebitdaal) comprise entre 2% et 3% par an en moyenne sur la période 2021-2023 et un cash-flow organique de ses activités télécoms en croissance entre 2020 et 2023 avec une cible comprise entre 3,5 et 4 milliards d'euros en 2023 contre plus de 2 milliards d'euros en 2019.

Orange ajoute qu'il versera un dividende annuel de 70 centimes a minima par action sur la période. Un chiffre qui a déçu les investisseurs, qui ont sanctionné Orange en Bourse. Peu après l'ouverture, le titre perdait 3,5% à Paris .

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