Pas d'accord sur la 5G en Belgique

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Des divergences de vues entre les différents niveaux de pouvoir auront eu raison du dossier qui devait aboutir ce mercredi. L'arrivée d'un quatrième opérateur télécoms dans notre pays est, elle aussi, bloquée.

Le dossier des enchères sur les bandes de fréquence n'a pas mis tout le monde d'accord ce mercredi matin en comité de concertation. La mise aux enchères des bandes de fréquence doit permettre, entre autres, de déterminer qui, sur 20 ans, pourra utiliser quelle partie du spectre existant pour fournir 2G, 3G, 4G et 5G. Ces enchères devaient démarrer début 2020.


La mésentente entre les différents niveaux de pouvoir repousse donc cette échéance à bien plus tard. Les Régions exigent toujours au préalable qu'on s'entende sur la répartition des recettes, selon le ministre en charge des Télécoms, Philippe De Backer (Open Vld). Il se dit aussi très déçu par ce coup de frein qui "bloque l'avenir économique de notre pays". La clé de répartition 80/20 utilisée lors de la dernière procédure d'octroi ne convient en effet plus aux entités fédérées qui demandent une part plus importante du gâteau.

"Une solution pour le déploiement de la 5G est sur la table"

Le déploiement de la 5G ne sera pas nécessairement reporté à long terme car une solution est sur la table, soutient Agoria. La fédération de l'industrie technologique propose de dissocier la vente aux enchères des fréquences 5G du multibande et de laisser les opérateurs travailler avec des licences de test.

"Le dossier est devenu un chaos insoluble", souligne Marc Lambotte, à la tête d'Agoria. Celui-ci plaide pour que les enchères des fréquences existantes pour la 3G et la 4G soient dissociées de celle pour les bandes de 3,6 gigahertz pour la 5G.

Le déploiement de la 5G ne serait ainsi pas retardé et le dossier pourrait encore être débloqué pour les élections, ajoute Marc Lambotte. Cette proposition a également été approuvée par Telenet, Orange et Proximus. "Nous proposons une solution, c'est aux politiques de prendre leur responsabilité."

Le prochain rendez-vous avec la 5G est fixé après les élections du mois de mai et la formation du prochain gouvernement.  

Pour Michaël Van Bellinghen, président du régulateur des télécoms (IBPT), "tant qu’un accord n’est pas trouvé, nous sommes dans l’impossibilité d’organiser la mise aux enchères des fréquences". Le patron de l'IBPT espère toutefois "que le retard sera le plus réduit possible pour permettre le déploiement de la 5G dans les meilleurs délais, compte tenu de la situation". 

Pour rappel, une fois que le comité de concertation a donné son feu vert, l'attribution des bandes de fréquence doit encore être avalisée par le Conseil d'Etat avant un vote au Parlement. Ce n’est qu’une fois ce long processus terminé, et toutes les étapes validées, que les enchères pourraient commencer. L'arrivée d'un hypothétique concurrent à Proximus, Orange et Telenet aura donc du retard. "J'avais proposé de donner notre feu vert à la mise aux enchères et de mener les discussions sur la répartition par la suite. Mais ce n'était pas possible. Maintenant, nous risquons de perdre 2 ans", a pointé Philippe De Backer. "C'est vraiment dommage et ça témoigne d'une vision à courte vue." 

Grâce à son débit plus rapide, la technologie 5G permet de réduire le délai de connexion entre les appareils. Et si le temps presse dans l'agenda politique, c'est aussi parce que la Commission européenne veut que chaque Etat membre propose une couverture 5G dans au moins une ville d'ici 2020. Et en 2025, l'ensemble des zones urbaines devront en être équipées.   

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