Proximus certainement candidat pour une licence 5G temporaire

Orange est l’opérateur le moins enthousiaste par l’idée du régulateur de proposer des licences temporaires. ©Photo News

Le régulateur a annoncé la mise en place dès l’été prochain de licences temporaires pour le déploiement de la 5G. Proximus sera certainement candidat. Orange et Telenet ne préfèrent pas encore s’exprimer sur la question.

Le dossier 5G avance enfin. Du moins temporairement. Alors que bon nombre de nos voisins européens ont entamé le processus de mise aux enchères des fameuses bandes de fréquences, ça coince toujours chez nous. La situation s'explique notamment par l’absence de gouvernement et d’un accord sur la répartition des montants que rapportera la vente de ces fréquences.

La 5G étant considérée comme une évolution stratégique pour l’économie, il fallait avancer. L’IBPT, le régulateur du marché, a donc décidé de prendre les devants vendredi, en proposant une solution provisoire. Cette dernière, qui ressemble un peu à du bricolage, consiste à proposer une bande de fréquences temporaire. La bande choisie (la 3400-3800 MHz), n’est normalement pas destinée à recevoir la 5G à long terme mais est capable d’accueillir la technologie. Cette bande libre n’étant pas soumise au processus de vente aux enchères a le sérieux avantage d’être encore l'une des rares exploitables "librement" par l’IBPT.

Rien de mieux à offrir

Le régulateur propose donc de la mettre à disposition le plus rapidement possible. "Une fois que les candidats se seront manifestés, nous ferons une analyse des demandes. On peut donc espérer une mise à disposition dès l’été", explique Michel Van Bellinghen, le président de l’IBPT. La solution est néanmoins loin d’être idéale et sert surtout à éviter de prendre trop de retard par rapport à la concurrence. "Nous faisons avec les moyens que nous avons. Nous planchons sur cette solution depuis un certain temps. Nous n’avons rien de mieux à offrir pour le moment mais il fallait agir vu que cela n’évoluait plus", explique le président.

"C’est simplement l'étape suivante. Cette solution est à classer entre les licences de test déjà disponibles et la mise aux enchères finale", ajoute le président. La solution a été imaginée en collaboration avec le ministre des Télécoms, Philippe De Backer. Ce dernier se dit "très satisfait" de cette solution temporaire, précisant également que, concernant le processus de mise aux enchères, "l'intention est toujours de le faire le plus rapidement possible".

"Nous avons certainement l'intention de nous porter candidats."
Proximus

Les opérateurs ont jusqu’au 28 février pour faire part de leur intérêt pour une licence temporaire. Pour le moment, Proximus est l’opérateur le plus enthousiaste. "Nous saluons l'initiative de l'IBPT. L'attribution de licences provisoires est un pas en avant qui nous permettrait de poursuivre notre stratégie de développement du réseau mobile. Nous avons certainement l'intention de nous porter candidats afin de servir nos clients avec la technologie 5G et ses cas d'utilisation", explique-t-on du côté de Proximus.

Orange et Telenet ne souhaitent, eux, pas préciser s’ils feront partie des candidats. "Nous devons encore examiner la proposition de l’IBPT plus en détails mais il s’agit d’une solution que nous avions proposée il y a quelque temps", explique Telenet dans un communiqué. Orange est l'acteur du marché le moins convaincu. L’opérateur qui teste déjà la technologie au sein du port d’Anvers est même sceptique quant à l’intérêt de la mise en place de telles licences provisoires.

"Un opérateur qui ne souhaite pas de licence temporaire n’est pas exclu de la vente aux enchères et inversement, prendre une licence temporaire ne signifie pas un accès à licence à long terme."
Michel Van Bellighen
Président de l'IBPT

"Orange Belgium n’est pas en faveur de l’allocation précipitée de licences nationales et temporaires, n’offrant qu’une largeur de bande limitée, ne répondant pas aux besoins de l’industrie, et pouvant mettre à mal les prochaines enchères pour la 5G", explique le groupe dans un court communiqué. "Cette solution n’a aucun impact dans le processus de mise aux enchères", répond le régulateur. "Un opérateur qui ne souhaite pas de licence temporaire n’est pas exclu de la vente aux enchères et inversement, prendre une licence temporaire ne signifie pas un accès à licence à long terme".

Si le problème technique semble temporairement réglé, reste encore à résoudre l’autre source de blocage: la question liée aux exigences environnementales. Aujourd’hui, les normes d’émission des antennes à Bruxelles, cinquante fois plus exigeantes que les recommandations de l’OMS, ne permettent tout simplement pas un déploiement large de la 5G. "L’exploitation commerciale de masse n’est pas possible avec de telles normes mais au niveau business dans certaines zones spécifiques, c’est envisageable. Sur les questions de santé, nous n’avons aucune emprise. Ce n’est pas notre domaine d'expertise. Nous avons simplement relancé un dossier qui était retombé au point mort", explique-t-on du côté du régulateur. 

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