Proximus connectera 70% de la Belgique à la fibre d’ici 2028

Avec les investissements annoncés, Proximus souhaite passer d'un réseau en retard à l'un des plus avancés. ©Photo News

L’opérateur a profité de la présentation de ses résultats pour dévoiler de nouveaux partenariats pour le déploiement de la fibre optique. Il veut connecter plus loin et plus vite.

Guillaume Boutin, le CEO de Proximus, l’avait annoncé fin mars lors de la présentation de sa stratégie: il souhaite plus de fibre. Il sera servi et pas qu’un peu. À l’occasion de la présentation de ses semestriels, l’opérateur a annoncé un sérieux coup de boost dans le déploiement du réseau ultrarapide.

"Pour Bruxelles, nous espérons également connecter rapidement tout le territoire."
Geert Standaert
Responsable réseau chez Proximus

Cela se fera via la mise en place d’un partenariat avec deux sociétés spécialisées dans ce type de déploiement. Le Hollandais Delta Fiber se chargera du réseau flamand, le Belge EuroFiber s’occupera du sud. "Pour Bruxelles, nous espérons également connecter rapidement tout le territoire. L’installation s’y fera directement par nos équipes", explique Geert Standaert, le monsieur réseau chez Proximus.

Partenaires industriels plutôt que financiers

Delta Fiber et Eurofiber ont été choisis sur base de leurs spécificités. "Nous n’avions pas besoin de partenaires financiers, mais industriels, avec un plus à apporter. Nous avons une bonne expérience dans le déploiement dans les réseaux denses. À l’inverse, ces deux partenaires sont habitués aux régions moins peuplées. Il s’agissait donc de trouver un bon équilibre entre les qualités de chacun", assure-t-on chez Proximus.

L’objectif est fixé pour 2028 avec l’ambition de connecter 4,2 millions de foyers. Un pas de géant. "Cela correspondra à environ 70% du marché. C’est d’ailleurs à peu près le maximum qu’on peut atteindre en travaillant purement en privé", explique fièrement le patron. Pour arriver à ses fins, Proximus prévoit d’être 30% au-dessus de son ambition initiale qui était de raccorder 2,4 millions de ménages pour 2025. "La progression est donc sur deux tableaux. Nous allons plus loin en allant plus vite", lance le patron de Proximus.

"Nous allons chaque année connecter environ 10% du marché belge."
Geert Standaert

L’entreprise aura du travail. Malgré une accélération ces dernières années, la fibre optique est encore très loin d’être généralisée chez nous. À l’heure actuelle, seulement 350.000 foyers ont accès à la technologie. "Concrètement, nous allons chaque année connecter environ 10% du marché belge", assure Geert Standaert. Combien cela coûtera exactement à la société? L’opérateur reste discret sur la question mais avance qu’aucun coût n’ayant pas déjà été budgétisé n’est à attendre. "Nous avions annoncé lors de notre stratégie une augmentation de l’investissement de 1,4 milliard d’euros sur six ans. Grâce à ce projet de joint-venture, nous n’aurons pas besoin de plus", assure Guillaume Boutin.

"À une époque, les plans de relance se faisaient en construisant des autoroutes, des ponts et des ports. Aujourd’hui, cela se fait aussi en construisant un tel réseau."
Guillaume Boutin
CEO de Proximus

Ouvert aux autres

S’appuyant sur son réseau à base de cuivre, la Belgique a tardé à s’attaquer cette technologie, notamment en raison justement de la bonne qualité du réseau actuel. Avec l’investissement, annoncé, le retard pris par le pays devrait être rapidement résorbé. "Nous passerons même d’un pays en retard à l’un des plus avancés", assure Guillaume Boutin.

Comme il en a pris désormais l’habitude, il souhaite ouvrir ses nouvelles installations aux autres acteurs du marché. "Nous sommes prêts à accueillir n’importe qui. Des Telenet et Voo sont les bienvenus sur le réseau s’ils le souhaitent", ajoute le patron français. Le CEO est également fier du rôle d’un tel chantier à l’heure de la crise. "Cela va créer de l’emploi sur du long terme pour 3.000 à 4.000 personnes chez nos sous-traitants. C’est très important. À une époque, les plans de relance se faisaient en construisant des autoroutes, des ponts et des ports. Aujourd’hui, cela se fait aussi en construisant un tel réseau".

Impact limité du Covid-19 sur les résultats

Du côté financier, comme pour ses deux concurrents, Proximus affiche un bilan semestriel impacté assez relativement par la crise. Le  chiffre d’affaires du deuxième trimestre est en baisse de 5,9% à 1.330 millions d’euros. La diminution des revenus se traduit dans une moindre mesure dans l’Ebitda, en baisse de 1,5%. Il s’établit pour le deuxième trimestre à 477 millions d’euros. L’impact limité s’explique notamment par une baisse des investissements de 8,3% par rapport à l’année dernière. Le groupe maintient ses prévisions.

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