Proximus démarre l'implémentation de son plan "shift to digital"

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Le conseil d’administration de Proximus a décidé ce mercredi à l'unanimité de démarrer la mise en œuvre de son plan de transformation "shift to digital".

Ce mercredi, le plan de transformation de Proximus "shift to digital", pour lequel les négociations avec les organisations syndicales étaient en cours depuis quelques mois, a été soumis pour validation à la Commission Paritaire. Avant même le vote, le résultat était déjà connu. Comme annoncé, la CGSP et la CSC ont voté ‘contre’ le texte. Malgré le soutien des libéraux de la SLFP, la direction n’a donc obtenu que 11 voix sur 18, insuffisant pour obtenir le quorum des 2/3 et faire passer le texte.

Restait donc à savoir ce que comptait faire la direction. Dans un communiqué publié après Bourse, celle-ci a dit rester convaincue que ce plan de transformation était essentiel pour Proximus, "qui doit accélérer sa transformation digitale pour sécuriser l’avenir de l’entreprise, continuer à investir dans les réseaux du futur et répondre aux besoins de ses clients".

Elle a donc pris la décision "à l’unanimité" de démarrer le plan de transformation "sans toucher au cadre de la loi de 1991 et en respectant les procédures prévues dans la législation sociale applicable". De cette façon, tous les employés peuvent être informés de manière individuelle. "Cela mettra fin à l’incertitude qui règne aujourd’hui au sein de la société", indique la direction dans le communiqué.

"C'est une déclaration de guerre."
Laurent Malengreau
Vice-président de la CGSP

Elle s'appuie ainsi sur l'article 35 de la loi de 1991 sur les entreprises publiques. Ce dernier prévoit la possibilité de casser une décision prise en commission paritaire. "Nous avons négocié durant des mois. Je ne vois pas comment nous pourrions trouver une nouvelle solution en négociant quelques jours complémentaires", expliquait ce midi Jean-Claude Philippon, le délégué syndical de la SLFP. Avec ce passage en force, Laurent Malengreau, le vice-président de la CGSP, annonçait dans la journée qu'il s'agirait d’une "déclaration de guerre".

Le conseil d’administration encourage toutefois également l’initiative de la direction de continuer la concertation avec les organisations syndicales, "dans un esprit d’ouverture", et ce à partir de ce jeudi, "afin d’examiner si des éléments de la mise en œuvre du plan peuvent encore être adaptés". Le CA du télécom a ainsi demandé qu’une réunion supplémentaire de la Commission Paritaire soit organisée le 9 décembre.

Dès ce jeudi 9h, une nouvelle rencontre est donc prévue avec les syndicats pour poursuivre les négociations. Stéphane Daussaint, le délégué syndical de la CSC a annoncé qu’il sera bien présent. "Cela reste un passage en force. La direction laisse une porte ouverte mais ils ont attaqué le dialogue social. La balle est désormais dans leur camp". La CSC n’invite donc pas ses membres à entamer des actions demain. "Mais nous couvrirons toutes les actions spontanées et je sais que les syndicats sont déterminés", lançait encore ce mercredi soir le syndicaliste.

Mercredi matin, la CSC et la CGSP avaient invité leurs membres à bloquer les administrations du groupe et rejoindre le siège bruxellois. Ils étaient environ 250 à bloquer le siège principal. Ils ont réservé un accueil assez chahuté à Stefaan De Clerck, le président du Conseil d’Administration.

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