Proximus monte à bord des Volvo et des BMW

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Via le rachat du français Mediamobile, l’opérateur va fournir de l’info trafic en temps réel aux systèmes de navigation de divers constructeurs automobiles.

Coup d’accélérateur pour Be-Mobile. La filiale de Proximus spécialisée dans la mobilité intelligente vient en effet d’annoncer vendredi l’acquisition de la totalité des actions de son partenaire français Mediamobile, lui-même filiale de l’opérateur d’infrastructure TDF (pour "TéléDiffusion de France", organe né dans le milieu des années 70, dans le cadre de la création de l’ORTF).

Si le montant de l’opération n’a pas filtré, il en va là d’un développement important pour la société gantoise, lui permettant d’accroître sa présence géographique en France, en Allemagne, en Pologne et dans les pays nordiques – autant de régions où elle n’était pas active jusque-là –, mais aussi et surtout de mettre la main sur la fourniture de services d’info trafic en temps réel pour les systèmes de navigation des constructeurs auto que sont Renault, BMW, Volvo, Toyota ou encore Volkswagen.

L’ambition? Devenir leader européen de la smart mobility

L’objectif poursuivi, à terme, via cette opération? De devenir le leader du marché européen pour tout ce qui touche aux solutions de mobilité intelligente, ce que l’acquisition du français devrait aider à concrétiser, gonflant dans la foulée les équipes de quelque 40 personnes.

Pour ce faire, Be-Mobile entend "jouer le rôle d’intermédiaire entre les gestionnaires des routes (villes, gestionnaires de réseaux autoroutiers… NDLR) d’une part, et les constructeurs automobiles et autres fournisseurs de services de mobilité (Waze, Google Maps… NDLR) de l’autre", explique Jan Cools, CEO et fondateur de ce qui est aujourd’hui une filiale de Proximus, actionnaire majoritaire (61,02% des parts) de l’entreprise depuis mars 2016. En clair, "nous voulons combiner et centraliser les données aujourd’hui en possession des gestionnaires d’infrastructure, afin de les transmettre en direct aux véhicules".

Ce qui pourrait passer, par exemple, par une communication en direct entre des panneaux variables, permettant de limiter la vitesse maximale de la circulation en fonction des besoins, et les recommandations de votre application ou système de navigation, avancée permettant de freiner quelque peu le trafic en amont d’un bouchon, et donc, de le minimiser, voire même, qui sait, de l’éviter si tout le monde venait à suivre à la lettre la vitesse qui lui est conseillée sur son parcours.

Mais cela va plus loin encore. "Si pour l’heure, Google Maps conduit les automobilistes un peu partout, y compris dans de petites rues autour d’écoles, où, en tant que ville, vous ne voulez peut-être pas avoir de véhicules, dans le futur, l’on pourrait imaginer qu’un lien soit fait entre gestionnaires de routes et véhicules connectés, afin d’enjoindre d’éviter ces zones. À partir de là, si un véhicule souhaite quand même y passer, l’on pourrait alors lui demander de payer une certaine somme via un péage dynamique."

En bref, Be-Mobile entend se positionner comme un créateur de ponts dans un créneau en pleine croissance. Pourquoi? "Parce que les villes et les entreprises sont aujourd’hui de plus en plus dépendantes de la mobilité, du fait de l’augmentation énorme du nombre de bouchons ces dernières années." Un problème de taille, mais temporaire, car "nous arriverons un jour à un monde sans bouchon. Grâce à la technologie. J’en suis sûr. Par contre, cela ne se fera pas du jour au lendemain. Cela devra passer par la connectivité de tous les véhicules, les véhicules autonomes, la mobilité partagée, et la multimodalité".

Quelque peu méconnue, en ce compris en Belgique, Be-Mobile n’a rien d’un poids plume dans le créneau qu’elle occupe. Fondée en 2006, l’entreprise de Melle, en Flandre-Orientale, a généré l’an passé un chiffre d’affaires d’"entre 26 et 27 millions d’euros" – quand le français Mediamobile tourne, pour sa part, au-dessus des 14 millions d’euros sur la même période, d’après nos estimations.

Auto, trafic, parkings intelligents...

Forte d’une équipe de 145 personnes à ce jour, elle tire ses revenus, à parts égales, de trois activités que sont: l’automobile, tout d’abord, via les systèmes (de constructeurs auto) et les applications de navigation (Touring Mobilis notamment, ou Flitsmeister aux Pays-Bas), puis, la gestion de trafic et de parkings intelligents, et, enfin, la gestion de péages dynamiques (pour les poids lourds en Belgique et en Allemagne) et de flottes.

En quelques chiffres, elle compte par exemple des parkings intelligents (soit détectant automatiquement si un utilisateur reste plus longtemps que prévu pour déposer quelqu’un ou faire une course) dans 14 villes, grâce à 2.000 capteurs, complétés d’un peu plus de 200.000 places de stationnement, payables par SMS au 4411 ou via l’application du même nom, dans une soixantaine de villes. Une situation en perpétuelle évolution, comme dans la gestion du trafic où "nous sommes en train de connecter plus de 1.000 feux de signalisation aux Pays-Bas, afin d’intégrer les infos sur les feux verts et rouges directement dans le tableau de bord des véhicules néerlandais", se félicite Jan Cools.

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