"Restreindre Huawei aux Etats-Unis est dangereux pour la sécurité nationale"

©REUTERS

Le cri d'alarme de Google. Il y a peu, le géant américain annonçait qu'Huawei ne pourrait plus avoir accès, entre-autres, à son système d'exploitation Android. Aujourd'hui, il appelle le gouvernement américain à retirer le Chinois de la liste noire pour une question de "sécurité nationale".

Huawei reviendrait-il dans les bonnes grâces de Google ? Il y a peu le géant technologique américain fermait ses portes au Chinois, sous couvert d'un décret signé par la Maison-Blanche et limitant l'accès du groupe télécoms chinois aux États-Unis.

Selon "The Financial Times", Google aurait fait savoir à l'administration Trump qu'appliquer les restrictions drastiques énoncées à Huawei pourrait mettre en danger la sécurité nationale.

Revirement de situation ou virage stratégique?

À long terme, nous développerons notre propre système d'exploitation et notre propre écosystème.
Ren Zhengfei
CEO d'Huawei

Donald Trump a en effet donné un délai de 90 jours à Huawei pour se conformer à sa décision. Dans l'intervalle, Google tente de prolonger coûte que coûte les relations avec Huawei. Mais cette ouverture cache toutefois une crainte. Huawei, interdit d'accès à la technologie américaine comme, par exemple, le système d'exploitation Android de Google installés jusqu'ici sur ses smartphones, a d'ores et déjà indiqué plancher sur le développement de son propre système.

Cette semaine, le président de Huawei, Ren Zhengfei, indiquait d'ailleurs à un groupe de journalistes américains visitant les installations de la marque en Chine qu'à court terme la décision américaine aura un effet négatif sur le business d'Huawei. "À long terme, nous développerons notre propre système d'exploitation et notre propre écosystème." Cette alternative, il l'entrevoit toutefois "très rapidement." Pour Google, ce logiciel risque d'être plus facilement piraté.

Selon le Financial Times, qui cite des sources anonymes, le géant américain exhorterait donc Washington à retirer Huawei de sa liste noire. Mais les autorités restent convaincues que le Chinois s'est rendu coupable d'espionnage, ce qu'il nie catégoriquement. Chez Huawei, on indique ne pas discuter directement avec le gouvernement américain, mais attendre de voir comment vont évoluer les discussions avec Google.   

Fin de Facebook, Instagram et Whatsapp

Notons, par ailleurs, l'annonce de Facebook. Le réseau social indique que ses app Facebook, Instagram, et Whatsapp ne seront plus installées de façon standard sur les nouveaux téléphones Huawei. Les app déjà installées sur les appareils actuels resteront toutefois disponibles, tout comme les mises à jour.

Les fabricants de smartphones signent généralement des partenariats pour pré-installer sur leurs appareils des applications populaires comme Twitter, Booking.com et d'autres. Sollicités, Twitter a refusé de s'exprimer et personne n'était disponible chez Booking.

Interdire Huawei en Europe coûterait 55 milliards aux opérateurs

Un éventuel bannissement en Europe des équipementiers télécoms chinois engendrerait un surcoût de l'ordre de 55 milliards d'euros à la charge des opérateurs télécoms européens pour déployer la 5G. Tels sont les résultats d'une étude conduite par le groupement industriel de la GSMA, qui rassemble près de 750 opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile dans le monde.

"L'exclusion d'équipementiers chinois pour les réseaux 5G aurait de vastes conséquences pour le déploiement de la 5G en Europe et pour la réalisation des bienfaits économiques plus larges associés à cette technologie pour les citoyens et les entreprises en Europe."

Outre une facture de 55 milliards d'euros, une telle mesure se traduirait par un retard moyen d'au moins 18 mois par rapport au calendrier initial dans le déploiement de la dernière génération de téléphonie mobile, qui doit permettre de nouveaux usages dans des domaines importants tels que la santé connectée, les véhicules connectés ou encore la ville"intelligente".

Les équipementiers chinois détiennent une part de marché de plus de 40% en Europe, une part bien plus élevée qu'aux Etats-Unis où Nokia et Ericsson concentrent 70% des ventes, rappelle l'étude. Huawei, dont l'avance technologique est pointée par certains opérateurs, a investi, à lui seul, davantage en recherche et développement que Nokia et Ericsson réunis sur la période de 2012 à 2017, conclut l'étude.

 

 

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