"Sandrine Dufour serait une excellente candidate au poste de CEO de Proximus" (Dirk Lybaert)

©Proximus

Proximus dévoilait ses résultats pour le troisième trimestre ce vendredi. L’occasion pour la CEO ad intérim du groupe Sandrine Dufour et le CCO Dirk Lybaert de s’exprimer sur les récentes actualités du groupe. Pour ce dernier, Sandrine Dufour aurait ses chances de poursuivre son travail à la tête du groupe.

L’annonce de résultats du troisième trimestre n’est pas vraiment l’actualité la plus excitante pour une entreprise. Mais lorsque l’entreprise en question a perdu son CEO durant ces trois mois, le rendez-vous devient autrement plus intéressant. La présentation du bilan trimestriel de Proximus était donc le baptême du feu pour Sandrine Dufour, nouvelle CEO ad intérim, qui était accompagnée pour l’occasion de Dirk Lybaert, Chief Corporate Affairs (CCO) du groupe.

"Nous cherchons quelqu’un avec une expérience dans le secteur, qui est ouvert à l’innovation et qui a des connaissances de l’environnement belge, aussi bien politique qu’industriel."
Dirk Lybaert
CCO de Proximus

Ancienne CFO de l’entreprise, l’exercice est évidemment dans ses cordes. Mais le rendez-vous chiffré était aussi sa première sortie médiatique. Les sujets à aborder sont du coup forcément nombreux. A commencer par celui de la succession de Dominique Leroy."Je me doutais bien que la question allait tomber", sourit d’emblée l’ex-CFO. "Mais vous comprendrez qu’il s’agit vraiment d’une conversation que je réserve au conseil d’administration, que je sois candidate ou pas", lance la patronne.

On en saura pas plus sur ses ambitions personnelles. Dirk Lybaert est en revanche un peu plus bavard sur le profil idéal à viser. "Nous cherchons quelqu’un avec une expérience dans le secteur, qui est ouvert à l’innovation et qui a des connaissances de l’environnement belge, aussi bien politique qu’industriel. La recherche est très ouverte, sans restriction linguistique et nous sommes aussi ouverts à l’international".

Sandrine Dufour semble remplir toutes les conditions. La CEO par intérim ne réagit pas mais Dirk Lybaert se lance, "elle est, ou serait, une excellente candidate", sourit-il.

Plus que cinq candidats

Le travail du recrutement avance bien. Au point que Proximus espère bien trouver son candidat rapidement. "Russell Reynolds, le cabinet avec lequel on travaille, a identifié une septantaine de candidatures. Ils en ont analysé 45 en détail, pour en reprendre une vingtaine qu’ils ont présentées au comité de nomination la semaine dernière", retrace Dirk Lybaert. Une liste de cinq candidats a été retenue et le processus d’interviews a débuté.

"KPN n’est pas un concurrent. Dominique Leroy a donc respecté toutes les règles."
Sandrine Dufour
CEO ad interim de Proximus

L’objectif est fixé, Proximus souhaite un candidat pour la fin de l’année au plus tard. De quoi complètement tourner la page Leroy. Aujourd’hui, sa remplaçante temporaire a encore des contacts "personnels" avec elle. En collaboration étroite depuis presque cinq ans à la tête de l’entreprise, les deux femmes avaient noué des liens importants. Forcément, la déconvenue KPN ne fait donc pas vraiment plaisir à Sandrine Dufour. Surtout lorsqu’elle se penche sur "ce qu’elle a amené à cette entreprise durant ces cinq dernières années."

Sandrine Dufour fait partie des soutiens. Et pour ce qui est du choix d’un départ chez l’opérateur hollandais, elle tranche. "KPN n’est pas un concurrent", répète-t-elle. Elle est une nouvelle fois appuyée par Dirk Lybaert. "Nous avions rappelé les règles en commission parlementaire. La clause de non-concurrence n’est valable que pour les opérateurs actifs dans des pays où Proximus réalise au moins 5% de son chiffre d’affaires. Ce n’est pas le cas aux Pays-Bas. Elle a donc respecté toutes les règles. Le mandat à la tête de Proximus ne dure que six ans, on ne va pas fermer tous les marchés à ces profils".

"Nous souhaitons conclure les négociations avec les syndicats sur le plan shift to digital. L’ambition est ensuite de commencer à l’implanter au début de l’année prochaine."
Sandrine Dufour
CEO ad interim de Proximus

Le mois de décembre chez l’opérateur sera riche en annonces. Outre le remplacement de Leroy, Proximus s’est fixé d’autres objectifs sérieux à remplir avant le passage à l’an neuf. "Nous souhaitons conclure les négociations avec les syndicats sur le plan shift to digital. L’ambition est ensuite de commencer à l’implanter au début de l’année prochaine", glisse Sandrine Dufour.

Pas un mot de plus sur les discussions actuelles et leur avancement. L’autre ambition est la signature du contrat avec Orange sur le projet de déploiement commun de l’infrastructure. Une collaboration qui se fera donc plus que probablement à deux. Les discussions avec Telenet sont visiblement au point mort. "Nous n’avons pas vraiment compris", lance Sandrine Dufour. "Ils ont d’abord demandé à discuter. Nous étions ouverts à voir ce qu’il était possible de faire avec eux et ils nous ont signalé plus récemment ne pas être intéressés et leur souhait de ne pas poursuivre les discussions".

La 5G prend du retard

Pour ce qui est de la 5G, il faudra encore être par contre beaucoup plus patient. Le projet traîne, mais chacun se renvoie la responsabilité. Jeudi, le ministre De Backer s’est exprimé sur la question et a critiqué la position des opérateurs télécoms qui n’en ferait pas assez pour faire bouger les choses.

"On est on ne peut plus motivé par l’arrivée de la 5G. La technologie n’est pas encore standardisée, mais on effectue déjà des tests. La technologie est très importante pour l’accroissement des capacités de réseau, le coût du giga qui sera moindre et évidemment toutes les innovations que cela va apporter", explique la patronne qui réplique. "Je suis heureuse de voir qu’il s’agit d’une priorité du gouvernement flamand mais le dernier message n’est pas rassurant. On parle désormais d’une mise en vente du spectre début 2021 plutôt que l’année prochaine. Cela serait dommage que la Belgique soit l’un des derniers pays à se lancer".

Avant d’en arriver là, d’autres dossiers feront encore parler d’eux sur le marché belge. Dont le rachat d’un certain concurrent liégeois. "VOO étant un important concurrent en Wallonie, on est évidemment attentif à l’évolution de leur capital et ce que cela pourra signifier pour un éventuel changement de stratégie", glisse la patronne.

Il y a une semaine dans nos colonnes, John Porter, le CEO de Telenet, expliquait que son groupe n’avait pas eu une véritable chance dans le rachat. L’acquisition aurait permis à son groupe de devenir un véritable concurrent national de Proximus, regrettait-il. Le rachat manqué, Proximus a donc de quoi se réjouir? "L’histoire ne semble pas encore complètement terminée. Disons qu’on préfère certains actionnaires à d’autres", sourit la CEO ad interim.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect