Telenet dit "niet" à Lucerne qui menace d'aller en justice

John Porter, le CEO de Telenet. ©Tim Dirven

Le câblo-opérateur n’adapte pas l’agenda de son assemblée spéciale comme l’actionnaire activiste Lucerne l’exigeait. Ce dernier menace d'aller en justice si rien ne change.

Un plan pour une gestion prévisible et stable du dividende à long terme et une enquête indépendante sur des conflits d’intérêt possibles parmi les administrateurs de Telenet . Le fonds spéculatif activiste Lucerne Capital Management voulait inscrire ces deux exigences à l’agenda de l’assemblée générale spéciale de Telenet qui se tient le 26 septembre. Le principal point à l’ordre du jour porte sur la distribution d’un super-dividende de 600 millions d’euros.

Tout actionnaire que détient une participation de plus de 3% a le droit de proposer des points supplémentaires à l’agenda d’une assemblée. C’est ce qu’a fait Lucerne, un fonds américain dirigé par deux Néerlandais.

Telenet a répondu il y a peu, via un texte sur son site,  qu’il n’allait pas répondre à ces demandes. Le groupe a avancé deux arguments. D’abord, elles ne satisfont pas aux exigences formelles et d’autre part, il existe une objection au niveau du fond.

"Lucerne ne nous a pas fourni de documents attestés selon lesquels il apparaît bien qu’il détient 3% du capital. Il y a quelques captures d’écran mais cela n’est pas satisfaisant d’un point de vue juridique. Au niveau du fond, l’objection vient du fait que l’assemblée générale n’est pas compétente pour se prononcer sur les points proposés. Seul le conseil d’administration peut soumettre de telles propositions."

Rachat de VOO

La porte n’est toutefois pas définitivement fermée. La question d’une gestion d’un dividende récurrent est une préoccupation que nous avons entendue chez d’autres actionnaires, signale Telenet. L’entreprise répondra à ces inquiétudes à la fin de l’année, lors de la journée des investisseurs qui se tiendra à Londres, en présentant un cadre à long terme qui offrira plus de clarté sur la gestion de la dette et sur la rémunération des actionnaires. Cette guidance sera valable pour les trois prochaines années.

Comme un rachat du câblo-opérateur wallon VOO et de Brutélé n'est plus attendu à court terme, cela permet de penser plus facilement aux actionnaires. "En même temps, nous devons tenir compte de l’insécurité qui touche notre marché, notamment concernant la régulation. De telle sorte que cela ne serait pas très intelligent de notre part de nous enfermer dans une politique de dividende rigide" entend-on.

Action en justice

La question est de savoir si Lucerne va se satisfaire de ces explications. Car l’autre point de critique, à savoir que la majorité des administrateurs seraient acquis à Liberty Global l’actionnaire majoritaire, a été balayé par Telenet. "Un audit à ce sujet n’est pas utile car nous respectons toutes les obligations légales et que les contrôles nécessaires sont réalisés par le réviseur. Lors de chaque conseil d’administration nous posons la question d’éventuels conflits d’intérêt et tout cela est mentionné dans le rapport annuel. "

La réponse à cette question est non. Lucerne a indiqué que si tout restait en l'état, il intenterait une action en justice.

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