Telenet enclenche l'après-SFR, en commençant par la Botte du Hainaut

©Bloomberg

Les services de l’ex-filiale d’Altice seront arrêtés à partir d’avril dans le sud, quand les communes flamandes ne seront touchées qu’en mai. Pour Bruxelles, l’interruption ne devrait arriver que plus tard dans l’année.

L’heure du changement a sonné, Telenet vient de démarrer une vaste campagne de séduction auprès des clients de l’opérateur télécoms SFR Belux sur lequel il a officiellement mis la main en juin de l’année passée.

Dans une série d’e-mails, couplée à de l’affichage en rue, la maison-mère de Base a décidé de passer à la vitesse supérieure pour préparer l’avenir de cette structure aux 90.000 clients… qui pourraient venir gonfler sa propre base. "Comme vous le savez peut-être déjà, SFR Belgique mettra bientôt fin à ses services. Cependant, Telenet est à vos côtés afin de faciliter votre changement d’opérateur", pouvait-on lire dans un courrier électronique adressé aux concernés.

Contrairement à ce qu’a communiqué Test-Achats mardi, la fin de l’ère "SFR" n’interviendra pas à la mi-mai pour tous les clients.
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Plus bas, une offre de "bienvenue" est détaillée avec, au programme, une réduction tarifaire d’un mois pour les populaires packs triple-play (internet, TV, téléphone fixe) Whop et Whoppa de l’opérateur, mais aussi l’installation et l’activation gratuite des nouveaux services proposés. "Souscrivez au plus vite", conclut la filiale du géant américain Liberty Global.

Au plus vite? La fin des services proposés par l’ex-filiale du français Altice dans le pays serait-elle donc finalement imminente, plus de deux ans après l’annonce de son rachat par Telenet? Contrairement à ce qu’a communiqué Test-Achats mardi, la fin de l’ère "SFR" n’interviendra pas à la mi-mai pour tous les clients, mais bien graduellement dans le temps et au niveau géographique. C’est d’ailleurs ce qui explique que certaines personnes ont été récemment contactées et pas d’autres.

Un abonné de Woluwe-Saint-Lambert témoigne par exemple n’avoir été "informé en aucune manière" pour sa part d’une fin de service à la date mentionnée par l’association de consommateurs belge. Au contraire, "il y a un mois environ, je m’étais renseigné chez Telenet, confie-t-il, et on m’avait répondu que le basculement n’interviendrait pas avant la fin de l’année".

Avril, début de la fin

Interrogé, Telenet recadre la situation. "Nous avons effectivement commencé à communiquer vers l’extérieur sur la transition, mais uniquement vis-à-vis des clients de Wemmel et Drogenbos, ainsi que de ceux de la Botte du Hainaut (Chimay, Couvin, Sivry-Rance, Momignies, Erquelinnes, Beaumont et Froidchapelle, NDLR.)", indique Coralie Miserque, porte-parole. Ce sont donc eux, et seulement eux, qui sont les premiers concernés par la fin de service prochaine.

Pour les premiers, l’opération devrait bel et bien se dérouler dans le timing qui circule, soit courant du mois de mai, quand, pour les autres, l’ultimatum frappe déjà à la porte. Les clients du sud du pays sont amenés à souscrire à un abonnement auprès de Telenet ou d’un concurrent courant "mars-avril", glisse l’opérateur.

12 millions €
Suite à l’acquisition d’SFR Belux, Telenet a annoncé des investissements de 12 millions d’euros sur 2017-2018 en vue de moderniser le réseau repris.

Du reste, pour ce qui est des résidents des six communes de la Région de Bruxelles-Capitale (Saint-Josse-ten-Noode, Bruxelles, Watermael-Boitsfort, Woluwe-Saint-Lambert, Anderlecht et Molenbeek-Saint-Jean) précédemment sous drapeau SFR, l’opération ne devrait commencer que "dans les prochains mois", sans qu’un timing plus précis ne nous ait toutefois été communiqué. Une décision de taille en ce qui concerne la capitale, la majeure partie de la clientèle d’SFR Belux s’y trouvant contre "quelques milliers" seulement en Hainaut.

Bref, en lieu et place d’une migration massive au mois de mai, il en va en fait plutôt d’"un processus qui sera mené phase par phase, nœud par nœud", nuance Telenet en réaction aux bruits qui courent.

Voilà donc qui lève un coin du voile, certes, mais qui n’empêche que certains clients pourraient tout de même être surpris: en cause, le prix plus élevé de 4,23 euros/mois du pack triple-play de Telenet, Whop, en comparaison avec l’actuel Silver d’SFR Belux. "La qualité offerte n’est pas la même, nuance-t-on du côté de Telenet. Notre réseau est meilleur et l’offre différente."

Aventure de quinze ans

ligne du temps
  • 22 décembre 2016

Annonce du rachat d’SFR Belux par Telenet

Après un rebranding de Coditel en "Numericable" en 2006, puis en "SFR Belux" en 2016, le Français Altice conclut un accord définitif avec Telenet en vue de la vente de sa filiale belge acquise en 2003.

  • 19 juin 2017

Feu vert de l’autorité de la concurrence

Une semaine après l’aval de l’Autorité belge de la concurrence, la reprise est officialisée, pour un montant de 400 millions d’euros.

  •  19 mars 2018

Fin des services dans la Botte du Hainaut, suivie par la Flandre

Telenet vient d’entamer une opération de séduction auprès des clients d’SFR Belux dont le service va être arrêté graduellement, vers mars-avril en Hainaut et courant du mois de mai en Flandre.

  •  31 décembre 2018

Bruxelles, d’ici la fin d’année

Du reste, le gros morceau que représentent les communes de Bruxelles sera concerné "dans les prochains mois", sans qu’un timing précis n’ait filtré.

En parallèle de l’opération de conquête des cœurs en cours, ces développements marquent résolument la fin de l’aventure SFR sur le marché belge. Arrivé dans le pays en 2003 avec le rachat de Coditel, première société belge de télédistribution fondée en 1961, la filiale du géant français des médias et des télécoms Altice entendait bien faire valoir ses services.

Symbole de cette ambition, l’opérateur va jusqu’à en changer la marque en "SFR Belux" (après dix ans de "Numericable") début 2016… avant de baisser les bras au profit de Telenet. Une aubaine pour la maison mère de Base, le réseau concerné lui permettant d’élargir son empreinte géographique… pour un coût de 400 millions d’euros tout de même, plus un investissement de 12 millions dans le réseau sur 2017-2018.

Dès lors, pourquoi ne pas avoir repris les clients par la même occasion? "Notre offre, nos services et notre technologie étant différents, il était délicat d’un point de vue juridique et complexe d’un point de vue pratique de faire ce choix à leur place, nous dit-on. Nous avons donc privilégié une solution d’opt-in (soit de libre choix pour le client d’opter ou non pour Telenet, NDLR.)", qui ouvre in fine la porte à cette manne pour la concurrence.

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