Un second broker envoie Telenet dans les cordes

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Après la publication des chiffres trimestriels de Telenet la semaine dernière, Raymond James avait sabré dans son objectif de cours. Aujourd’hui, Bank of America a dégradé la valeur de deux crans d’un coup.

La semaine dernière lors de la publication de ses résultats trimestriels Telenet annonçait une légère hausse de ses prévisions pour l’ensemble de l’exercice en cours. La croissance de l’Ebitda ajusté devrait se situer entre 8% et 8,5% contre une fourchette comprise entre 7% et 8% auparavant. Cette bonne nouvelle aurait dû donner un coup de pouce à l’action. Mais il n’en fut rien. Que du contraire. Le titre du câblo-opérateur avait décroché de plus de 10% en cours de séance.

Trois facteurs, au moins, pointés par les analystes expliquent la claque boursière assenée à Telenet ce jour-là: des chiffres opérationnels faibles, un manque de clarté sur la politique en matière de dividende et, surtout, la perte d’abonnés dans tous les segments de marché, une baisse supérieure à ce que les analystes attendaient.

"Il nous semble également que la concurrence, en particulier Orange Belgium, est désormais mieux à même d'affronter Telenet avec des offres convergentes plus solides, ce qui affecte sa clientèle fixe", ajoutait David Vagman analyste chez ING.

Les 35 euros de Raymond James

Et ce n’était là que la première charge contre l’opérateur. Le lendemain, le broker Raymond James renvoyait Telenet dans les cordes en sabrant dans son objectif de cours. Il est passé de 50 euros à 35 euros, soit le niveau le plus bas parmi tous les analystes qui suivent la valeur. La recommandation est restée à "sous-performer" (vendre).

Les spécialistes de Raymond James estiment que le taux de pénétration de 60% de Telenet dans les familles n’est pas tenable et pointent également une série de défis qui menacent la prime de valorisation du groupe, à savoir: la pression sur les ventes, la régulation du réseau et les investissements en capitaux.

Jusqu’où l’action peut-elle baisser, se sont-ils également demandé. Ils suggèrent que Telenet ne sera pas en mesure de contrer la faiblesse commerciale et celle du chiffre d’affaires et qu’il n’y a donc pas de raison d’accorder des multiples plus élevés que ceux de KPN  ou de Proximus . Ce qui donnerait une valorisation d’à peine 30 euros par action.

Parmi les autres critiques formulées par Raymond James, l’une concerne le dividende. Ses analystes trouvent que la stratégie de distribuer en une seule fois 600 millions d’euros aux actionnaires en lieu et la place d’un coupon régulier n’est pas efficiente.

"Vendez" conseille Bank of America

Et aujourd’hui, c’est au tour de la Bank of America de remuer le couteau dans le plaie. D’un seul coup, la banque a réduit de deux crans sa recommandation passant d’acheter à "sous-performer" (vendre) - sans passer par la case "neutre" donc- avec un objectif de cours de 39,4 euros ce qui a fait chuter l’action de plus de 5% en début de séance.

Dans sa note, David Wright juge que Telenet va connaître une année 2019 difficile. La croissance des bénéfices (Ebitda) sera réduite à zéro et pourrait même être impactée davantage par des mesures visant à rendre l’offre mobile plus compétitive, signale-t-il. Il ajoute que toute information négative concernant un nouvel entrant potentiel sur le marché pourrait peser sur l’action.

Enfin, même si Telenet annonce une nouvelle politique en matière de dividende - lors de la journée investisseurs qui se tiendra à Londres le 5 décembre, par exemple -, il existe, selon l’analyste, de meilleurs choix à réaliser dans le monde des télécoms notamment auprès des opérateurs où les résultats sont moins mis sous pression.

Pour David Wright, la journée investisseurs constitue, en outre, une opportunité pour présenter la nouvelle stratégie mobile et envisager des options afin de doper la croissance et les marges.

Avant la publication de la note de Bank of America, huit brokers recommandaient un achat de Telenet, dix conseillaient de conserver la valeur en portefeuille et deux de la vendre. L’objectif de cours moyen s’élevait à 51,8 euros soit un potentiel de hausse de 20% environ par rapport au cours actuel.

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