interview

Walter Ji, CEO de Huawei Europe: "Nos infrastructures 5G seront opérationnelles pour 2021 en Belgique"

©REUTERS

De passage à Berlin pour la grand-messe technologique de l’IFA, Walter Ji, CEO européen de Huawei, nous a accordé une entrevue. Contrats 5G, sanctions américaines et implantation belge, il n’élude aucun sujet. Malgré l’épée de Damoclès que constituent les possibles sanctions américaines sur le groupe chinois, son ambassadeur européen affiche une confiance quasi dogmatique.

La Belgique est un endroit à part pour Huawei. Mais est-ce pour son marché intérieur, les contrats 5G ou sa position stratégique liée aux institutions européennes?

La Belgique est un marché stratégique pour nous à plusieurs niveaux. À la fois au niveau des infrastructures 5G, de nos ventes de smartphones et tablettes, de sa position centrale et proche des institutions européennes, mais également pour la recherche et le développement. Pour preuve, nous avons ouvert cette année un laboratoire en matière de cybersécurité à Bruxelles. Cela montre à quel point nous sommes impliqués sur le sol belge et pas simplement pour la 5G, mais pour l’ensemble des technologies que nous proposons. Notre philosophie est de continuer à proposer les technologies les plus avancées et d’effectuer des recherches prometteuses sur le territoire belge. Lorsque nous avons décidé d’ouvrir ces différents centres de recherche en Belgique, ce n’est pas une décision que nous avons prise à la légère, il s’agit d’un engagement à long terme à nos yeux.

Comptez-vous investir autant dans le marché belge de consommation que dans les possibilités de développement d’infrastructure?

 Du point de vue de notre implantation sur le marché consommateur, nous avons investi dans le marché belge depuis 10 ans maintenant et nous ne le regrettons pas puisque nos parts de marché évoluent positivement depuis lors. Cela veut dire pour nous que les consommateurs belges aiment nos produits et cela de plus en plus, même dans une année difficile pour nous.

Pourtant en juin dernier, l’opérateur Telenet a annoncé une chute de 30% des ventes de smartphones Huawei en Belgique…

Vous avez raison, mais les chiffres ne sont pas aussi impressionnants. Effectivement, nous avons observé en Europe et en Belgique une chute des ventes aux alentours de 20% suite aux premières annonces de possibles sanctions américaines, mais nous ne sommes plus du tout dans cette phase-là. Depuis, nous avons repris une courbe classique de croissance et nos ventes sont revenues au niveau qu’elles avaient l’année dernière à la même période. Et surtout, nous poursuivons notre croissance annuelle avec une augmentation globale de 5 à 6% de nos ventes de smartphones et tablettes.

Vous avez annoncé très récemment que votre futur smartphone pliable ne serait pas commercialisé en Belgique. Pourquoi?

C’est très simple. Il s’agit d’un smartphone 5G et la Belgique n’est pas prête à ce niveau-là. Quand la Belgique sera prête à accueillir des smartphones compatibles avec la 5G, nous pourrons y proposer nos produits qui sont développés sur ces standards.

Concernant la 5G, vous connaissez le contexte politique belge complexe en la matière. De votre côté où en êtes-vous dans le déploiement de l’infrastructure avec vos partenaires locaux que sont Proximus et Orange?

Nous sommes actuellement en train de tester nos infrastructures 5G avec Proximus et Orange en Belgique. Je pense que le réseau sera prêt pour 2021. À ce moment-là, nous serons prêts de notre côté. Cela ne veut pas dire que la Belgique aura la 5G, puisque cela ne dépend pas de nous. Cela dépend principalement des discussions gouvernementales et surtout au niveau régional. De notre côté, l’année qui arrive sera cruciale car nous sommes prêts à tester nos infrastructures technologiques et nous sommes déjà occupés à la faire avec Proximus et Orange.

À quel point le contexte des possibles sanctions américaines vous affecte dans la conclusion de contrats commerciaux en Europe?

Depuis la création d’Huawei il y a 30 ans, il n’y a pas eu une seule année facile et celle-ci n’est pas différente des autres. Bien sûr, le contexte est compliqué, mais nous sommes bel et bien là et nous ne comptons pas partir. Nous avons renforcé nos relations commerciales avec les opérateurs Telecom pour le déploiement de la 5G en Europe. Jusqu’ici, nous avons remporté plus de 50 contrats de déploiement 5G dans le monde, dont 28 en Europe. Ce qui est bien plus que les numéros 2 et 3 du marché. Et le nombre de contrats augmente chaque jour. Quoi qu’il arrive, nous ne changerons pas notre niveau d’implication, ni notre niveau d’investissement en Europe.

Avez-vous fait un choix concernant le système d’exploitation qui équipera tous vos prochains appareils? Compte tenu du risque de ne plus pouvoir utiliser l’écosystème Android, vous propre système d’exploitation est-il prêt?

Pour l’instant, nous sommes engagés avec l’écosystème Android et nous espérons pouvoir continuer comme cela le plus longtemps possible. Mais évidemment, nous avons un plan B avec notre propre écosystème baptisé Harmony.

À ce propos, que répondez-vous aux rumeurs disant que le prochain smartphone que vous allez dévoiler dans deux semaines à Berlin serait déjà sans Android?

Je ne peux faire aucun commentaire à ce sujet. La seule chose que je peux dire, c’est: nous sommes liés à Android, mais nous avons aussi confiance dans nos propres développements et nous avons un plan B.

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