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AGC veut mettre des antennes télécom dans les fenêtres

AGC Glass Europe à Gosselies est devenu un centre de référence lorsqu'il s'agit d'intégrer de la technologie dans du verre. ©AGC

Le spécialiste du verre développe depuis deux ans des antennes directement intégrées dans le verre des fenêtres des buildings. La solution permet de diminuer le nombre de mâts à déployer. Un opérateur japonais est déjà convaincu.

La critique revient souvent. Le développement de la 5G nécessitera de nouvelles antennes. Beaucoup d’antennes. Trois fois plus, selon certains experts. La faute à la nouvelle technologie, mais aussi aux normes maximales actuelles d’émission, obligeant la multiplication des relais pour assurer la connectivité. Entre inquiétudes sur l’émission d’ondes et une esthétique contestée, les fameuses antennes sont rarement les bienvenues. Afin de diminuer leur présence, l’entreprise AGC Glass Europe, spécialisée dans la production de verre pourrait bien avoir trouvé une partie de la solution.

"Nos antennes sont très discrètes et ne nécessitent pas un permis d’urbanisme pour être installées."
Bernard Monville
En charge de la recherche et du développement chez AGC

Depuis 2018, la société développe dans son centre de recherche à Gosselies une antenne directement intégrée dans un verre et donc plaçable sur n’importe quel bâtiment. Selon l’entreprise, il s’agit d’une réelle alternative pour réduire la présence des fameux mâts dans le paysage. "Les antennes que l’on développe ont des capacités d’émission moins importantes. Nous en avons donc besoin de plus. Mais elles sont très discrètes et ne nécessitent pas un permis d’urbanisme pour être installées, simplement d’un permis environnemental", avance Bernard Monville, en charge du développement business WAVE chez AGC.

Double point positif pour la technologie qui permet de couvrir des surfaces s’étalant sur environ 100 mètres de large pour 300 mètres de long. Adaptée pour la 4G, la technologie l’est aussi pour la 5G. "Notre technologie a été développée sur la bande de fréquence de 3,5 GHz. En Belgique et dans la plupart des pays européens, c’est celle qui sera exploitée pour la 5G", assure encore le spécialiste de l’innovation.

Un opérateur japonais convaincu

Sans entrer dans le détail des chiffres, "chaque situation étant d’ailleurs différente", le responsable assure que la technologie belge est compétitive par rapport aux bonnes vieilles antennes classiques. "Nous n’avons, de plus, pas de véritable concurrent direct", assure Bernard Monville.

"Nous sommes en discussion pour faire des premiers tests en Belgique. Nous avons aussi des contacts avancés avec d’autres acteurs européens et un aux États-Unis."
Bernard Monville

Au fil du temps, AGC s’est fait une place sur le marché de l’innovation. "Nous travaillons notamment beaucoup pour le secteur automobile en développant des parebrises munis d’antennes. C’est une expertise qui est utile pour notre travail sur cette technologie", explique encore le spécialiste.

Bien qu’AGC soit relativement discret sur cette innovation brevetée, cette dernière n’est pas toute neuve. Les premiers tests effectués sur le réseau 4G ont d’ailleurs déjà convaincu l’opérateur japonais DoCoMo, l’un des plus importants du pays nippon. Le déploiement des antennes belges y a déjà débuté, visiblement avec un certain succès. "Ils souhaitent continuer la collaboration. Nous allons équiper toutes les villes du pays", assure Bernard Monville.

Cette première collaboration pourrait rapidement en amener d’autres. Plusieurs opérateurs européens ont également fait part de leur intérêt. C’est également le cas d’un acteur belge. "Nous ne pouvons pas encore dire qui, mais nous sommes en discussion pour faire de premiers tests. Nous avons aussi des contacts avancés avec d’autres acteurs européens et un aux États-Unis. On devrait finaliser au moins trois phases de tests cette année", ajoute encore le responsable.

Pour l’heure, la production des antennes se fait au Japon afin d’être au plus près du premier client. "Suivant l’évolution des discussions avec les acteurs européens, nous étudions la possibilité de mettre en place une production en Belgique", assure encore Bernard Monville, qui compte actuellement sur une vingtaine de personnes à Gosselies pour assurer le développement.

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